‹ Les guerres sous Louis XV (volume 4)Chapitre 298 sur 299 · T. VU · texte numérisé non relu

T. VU

562 LtS GUERRES SOUS LOUIS XV.

Pontchartrain, ministre de la marine, proposa au roi l'institution d'une médaille d'argent avec cette légende : Virtuti nauticœ prœmia data; et l'exergue : A)ino 1693, médaille que le matelot devait porter sur sa poitrine, suspendue à un ruban bleu foncé.

21" L'ordre du Mérite militaire, fondé par Louis XV le 10 mars 17b9, en faveur des officiers protestants qui, à cause de leur religion, ne pouvaient recevoir la croix de Saint-Louis. Cette décoration était suspendue par un ruban bleu foncé; elle portait l'effigie de Louis XV, avec la légende : Vro virtute bellica, autour d'une épée en pal.

Le noble refus des maréchaux Fabert et Catinat de prendre rang parmi les chevaliers du Saint-Esprit, pour n'être pas contraints de répudier leurs aïeux, fit sentir la nécessité de créer un ordre purement militaire, pour l'obtention duquel les preuves de valeur remplaceraient les preuves de naissance. L'idée d'une institution de ce genre, attribuée au maréchal de Luxembourg, fut soumise à Louis XV, qui, la trouvant juste et utile, institua le nouvel ordre de chevalerie.

Page$« «lu roi. — Les pages remontent aux treizième et quatorzième siècles; mais c'est Louis XIII et Louis XIV qui groupèrent autour du trône, pour les instruire et les discipliner, un certain nombre déjeunes gens choisis dans les meilleures familles de la noblesse de France. Outre les pages du roi, il y avait les pages de la reine, du dauphin, des princes du sang, car la magnificence royale avait établi pour chacun de ces hauts personnages un service de maison séparée. Ils étaient divisés en deux écoles, les pages des grandes écuries du roi et ceux des petites écuries; leur nombre a beaucoup varié; il y en eut jusqu'à soixante-douze. En 172i), une réforme ramena à quarante-cinq le nombre des pages de la grande écurie et à trente ceux de la petite. Louis XVI réunit les deux écuries en une seule et fixa le nombre des pages à cinquante. M. Chevrier de la Chenaye fut le premier gouverneur des pages. M. Perrin les dirigea de 1744 à 1759.

En dehors de la filiation exigée, il fallait, pour entrer dans les pages, être âgé d'environ quinze ans, avoir la taille voulue et estre bien face et bien droit sur ses jambes. Le droit d'entrée, d'abord de i,*200 francs, fut successivement abaissé; il était de 400 francs en 17;)3. Le page admis restait pendant trois ans soumis à l'éducation d'un maître d'armes, de voltige, de danse, de mathématiques, de dessin, de langue allemande. Tout ce qui concernait le cheval et la guerre était un honneur, et chacun met-

tait son amour-propre à obtenir d'accompagner le roi. En 1746, douze pages désignés accompagnèrent le roi dans la campagne de Flandre « en joie et en santé ». Les exercices du corps prenaient la meilleure part de leur temps, le reste était consacré à l'instruction proprement dite. Malgré la discipline à laquelle on les pliait, dès qu'ils ne sentaient plus la main de l'autorité, l'ardeur bouillante de leur âge emportait souvent ces jeunes gens au delà des bornes :

Pour toi, lu viens avec un Iront do |)as('. (I.a i'ontaixe.)

Plus effronté (ju'un i>ai;o, en \ain on le relient. (Thomas CoisxEri.i.E.)

C'est au bout <les années de celte école qu'ils sortaient sous-lieutenants dans les régiments. « J'en ay veu sortir de braves et vaillans gens de guerre, » dit Brantôme en parlant des pages.

Leur costume a beaucoup varié selon les époques. A la date de 1721, ils avaient quatre surtouts de drap fin bleu naturel, doublés de serge écarlate, le parement de velours rouge cramoisi avec galon bordé et boutonnières d'or de Paris, boutons de cuivre doré avec nœuds et rubans flottants. Le costume était le même pour la petite écurie, les poches, en travers ou en long, permettant de distinguer l'une de l'autre.

Le dimanche 2o novembre 1792, la déchéance de Louis XVI fut prononcée, et deux mois après, la Convention dispersa les pages. Napoléon les rétablit. Maintenus parla Restauration, ils disparurent en 1830.

Pain. — Ordonnance du 1*"^ mai 1738.

Paix. — Les traités de paix conclus sous Louis XV furent ceux du 13 juin 1721, du 18 novembre 1738, du 18 octobre 1748; d'Aix-la-Chapelle, le 3 novembre 17G2; de Fontainebleau ou de Paris, ou d'Hubertsbourg, le 10 février 1763.

Partisanfs». — Les corps francs, ou de partisans, ont joué un rôle considérable à toutes les époques. Il ne faut pas confondre les jMrttsans, recrutés par eux-mêmes, agissant pour leur propre compte, avec les 2Mrtis, tirés de l'armée et composés soit d'hommes choisis, soit d'hommes de bonne volonté. Les partis ont toujours été les plus nombreux dans une armée agissant en pays étranger, les partisans dans un pays qui se défend. Les Pandours et les Croates, qui n'avaient d'autre solde que le produit de leurs courses, jouèrent un grand rôle dans les guerres soutenues par Marie-Thérèse.

Pas. — Il y avait le pas ordinaire, le pas accéléré, le pas de manœuvre, le pas de charge.

Les règlements sur les manœuvres se succédèrent en France à de courts intervalles pendant la deuxième moitié du dernier siècle. Ils portent les traces de l'indécision qui régnait alors et des grandes discussions de l'époque sur la tactique et Tinstruction des troupes. Chaque nouvelle ordonnance royale proscrivait ce que la précédente prescrivait. Ce n'était que procédés nouveaux et règles nouvelles sur la marche.

Pour le maréchal de Saxe comme pour Napoléon, c'est avec les jambes de l'infanterie que se gagnent les batailles. Le maréchal avait dit que k secret de la guerre est dans les jambes. Les tacticiens, prenant cette maxime à la lettre, inventèrent le pas de manœuvre. En définitive, la longueur des différents pas adoptés et prescrits successivement pour les exercices a varié depuis six pouces (0™, 16) jusqu'à trois pieds (0"',98), et la vitesse depuis trente jusqu'à cent trente pas par minute.

L'armée ne se recrutait qu'avec des hommes de bonne taille. Le minimum était de cinq pieds deux pouces (l'",68) pour l'infanterie de ligne, et de cinq pieds quatre pouces (1",73) pour les gardes françaises. Malgré cela, Guibert trouvait le pas de deux pieds trop grand et proposait de le réduire à dix-huit pouces (0>",4vjj, ou au plus à vingt pouces (0'",54).

Malgré les ordonnances de 1741, on attache une importance considérable au tact, avec le pas ordinaire de 70 à la minute, le pas de route de 90 et le pas de manœuvre de 120.

Patrie. — Malheur au soldat dont le cœur ne tressaille pas au mot de patrie. Le patriotisme, l'amour de la patrie, est la première vertu mi litaire ; elle impose silence à toutes les passions.

Paye (liante). — L'ordonnance du 16 avril 1771, pour attacher le soldat au service, établit en sa faveur des hautes payes qui venaient s'ajouter au prix du rengagement. Tout soldat, après huit ans de service, avait droit, s'il se rengageait pour une durée égale, à une somme de trente livres, de plus à un sol par jour de haute paye. Après deux engagements consécutifs, il pouvait se retirer avec demi-solde. Après trois engagements, il avait droit de porter, outre les chevrons de laine sur le bras gauche, les insignes de la vétérance, deux épées en sautoir sur le côté gauche de l'habit. Il ne pouvait plus alors se rengager que pour un an, et, dans ce cas, les fourriers, sergents-majors et maréchaux des Ingis jouissaient d'une haute paye de cinq sols par jour. Elle était de quatre sols pour les grades inférieurs. Art. 5, 0 et 13 de l'ordonnance du 16 avril 1771.)

Peine de mort. — L'ordonnance du l'"' mai 1768 règle les formes que les exécutions prendront.

l*elotou. — Depuis l'ordunnance du 17 février 17o3 et surtout depuis celle du 6 mai ITiio, leB. se divise en six pelotons. Celles du I'^'" janvier 1706, du i*^'" mai 1769 et du il juin 1774 disposent que chaque compagnie forme un peloton.

Pciinon. — Petit étendard ou enseii^-^ne dont la forme variait. Il était plus ou moins f,'rand et à pointes. Ce drapeau caractérisait un officier d'un certain grade. Il fut remplacé par la cornette de général, ou guidon.

Pension. — Les officiers et les soldats mutilés par la guerre ont été l'objet constant de la sollicitude de nos rois. Henri IV en réunit un certain nombre, en 1603, dans une maison de la rue des Cordelicrs-Saint- Marcel, sous le nom de « chevaliers de la Maison royale ». Ils portaient au côté gauche du manteau une décoration brodée en soie bleue, semée de fleurs de lis d'or, avec cette devise : Pour- avoir bien servi la patrie.

Louis XIIL en 1033, dans la vingt-troisième année de son règne, établit à Saint-Germain en Laye, sur des bases analogues, ce qu'on appela la Commanderie de Saint-Louis. Vint enOn, en 1666, la création de l'hôtel des Invalides. Non content d'assurer l'existence des militaires que leurs blessures empêchaient d'y pourvoir eux-mêmes, Louis XIV s'occupa de la vieillesse des officiers; il leur accorda des pensions sur sa cassette, mais sans poser des règles qui pussent servir de base à la répartition. Aussi, la pension n'étant pas un droit, mais une grâce, il en résulta qu'elle devait être sollicitée. L'influence, la protection introduisirent de tels abus, que plus tard Louis XV, assailli de plaintes et de réclamations, excédé des prétentions de certains solliciteurs, consacra par ordonnance du 26 février 1764 les principes de l'admission à la retraite pour services militaires, fixa des conditions, exigea des pièces justificatives. C'est donc à ce souverain qu'on doit la reconnaissance et la réglementation du droit à la pension de retraite.

Vingt régiments d'infanterie et vingt régiments de cavalerie jouissaient de la pension du roi. C'était un supplément de solde annuel, savoir : 600 livres au colonel, .ïOO au lieutenant-colonel, 400 aux six plus anciens capitaines. Les dernières com|)agnies créées étaient toujours les premières supprimées; alors les capitaines réformés touchaient un traitement à la suite du corps; ils jouissaient en garnison, en marche, en campagne, du logement militaire, et n'étaient astreints à paraître au corps que pendant quatre mois. Après une campagne, on leur accordait deux mois de solde complète.

Piqnot. — Ce mot remonte à 1680, date de la création des corapa-

gnies; il désigne une agrégation d'hommes de service réunis pour agir périodiquement ou inopinément. Les grenadiers et les sapeurs n'en font pas partie. L'ordonnance de 17o3 règle le service du piqueta quarantehuit heures, pendant lesquelles les officiers, sous-officiers et soldats ne peuvent sortir du camp. Sa force a varié très souvent. Il se formait éventuellement de soldats de toutes les compagnies, avec la même proportion dans l'infanterie que dans la cavalerie. L'article 41 porte que le piquet de chaque régiment de cavalerie sera composé d'un capitaine, d'un lieutenant, d'un maréchal des logis et de quatre cavaliers par compagnie. (Instruction, D. G., v. 3028.)

Place forte. — Espace de terrain fermé par des ouvrages de fortification. Ces places servent à mettre à l'abri une partie des populations des provinces frontières, à garantir les arsenaux de la destruction, à conserver ainsi les ressources en hommes et en argent qu'il est possible de tirer de ces provinces et à en priver l'ennemi. Dans les chaînes de montagnes, elles ont pour but de fermer hermétiquement les passages qui en sont susceptibles, ou du moins d'en commander les cols principaux; d'occuper les nœuds des routes de terre et d'eau, afin d'obliger l'ennemi à passer sous le feu des garnisons, ou bien à les tourner par des travaux qu'il serait obligé d'exécuter. L'utilité des places fortes pour appuyer les opérations offensives n'est point contestée; il n'en est pas de même de celles qui, en plus grand nombre, sont indispensables pour défendre le pays contre un ennemi assez fort pour l'attaquer. Après la paix de 1748, le maréchal de Saxe écrivait à un officier général de ses amis : « .le quitte Paris et me retire à Chambord. Je vous conseille de vous en aller chez vous. Lorsque la guerre est finie, les militaires sont traités comme les manteaux quand il fait beau temps. » Depuis le maréchal de Saxe, le dédain a continué de s'étendre sur les hommes et sur les choses de la guerre ; une fois la paix signée, on a toujours répété : « Il y a trop de places fortes sur nos frontières. » Cependant, malgré les victoires de Fontenoy, de Raucoux, de Lawfeld, le maréchal de Saxe dut encore faire des sièges autour des champs de bataille où il avait vaincu, parce que l'armée ennemie n'avait point été complètement défaite et qu'au moyen des places qu'elle possédait, elle se trouvait toujours devant nous.

Plastron. — L'ordonnance du d"^'' juin \1',\0 impose l'usage de ce moyen de protection à la cavalerie, bien qu'elle se fût déjà plastronnée dans les guerres de 1733 et de 1741. Au retour de la guerre, elle déposait ses plastrons dans les arsenaux.

Plumet. -— Dans les gardes françaises et les grenadiers, on l'ajouta

à la coiiîure; il en fut de même dans quelques régiments de ligne, selon le caprice des colonels. Mais l'ordonnance du 25 avril 1767 en prohiba l'usage, excepte pour les hussards, dont le costume était considéré comme étranger.

l'onlK é(iuipag;e de). — L'emploi de ces équipages était presque exceptionnel. Lorsqu'on avait à eiTectuer le passage d'un grand tleuve, comme le Rhin, le Danube ou le l*ù, on rassemblait tous les bateaux qu'on pouvait trouver sur ce fleuve; au besoin on en construisait et les compagnies d'ouvriers y étaient employées. En 1734, deux ponts formés de 26D bateaux chacun et longs de 1,120 mètres sont jetés sur le Pî» près de (iuastalla. En 174<3, cinq ponis de iiOO mètres sont construits sou? Plaisance en moins de huit heures pour l'armée française, vivement poui'suivie parles Autrichiens; le passage effectué, les ponts furent brûlés. En 174.3, un pont de 480 mètres est établi sur le Rhin, à Dusseldorf. Pendant la campagne de 1757, trois ponts de bateaux sont jetés sur le Rhin, deux près de Wesel, le troisième près de Dusseldorf. Ces ponts avaient été construits à Strasbourg et amenés par eau.

L'armée de Hanovre (1757) est la première qui eut un équipage de ponts, qu'on dut abandonner à Hameln. 400 chevaux étaient employés à traîner cet équipage, ce qui suppose un minimum de GO voitures et un maximum de 100.

Pont-lcvifs. — Le tablier se soulève en tournant autour d'un axe de rotation établi à l'une de ses extrémités; à l'autre extrémité sont fixées des chaînes communiquant à un châssis qui bascule sous l'etïort opéré sur la culée et sert à produire le mouvement en agissant comme levier. Ces ponts ne peuvent avoir que i à 5 mètres de volée; leur emploi est incommode dans les endroits où il est nécessaire de livrer passage à la navigation.

Ponton. — Bateau très solidement construit. Les pontons ne servent que dans les ports et rades. Ils sont dtjpourvus de mâture.

Poudre. — Mélange de nitre, de soufre et de charbon, qui jouit de la propriété de s'enflammer instantanément, et de donner lieu par sa combustion au dégagement d'une quantité considérable de gaz. Lorsque le mélange est renfermé dans un espace étroit, la force expansive des gaz développés par la combustion exerce une pression très énergique sur les parois ([ui les compriment et les brise avec violence. Lorsque au contraire on a ménagé une issue aux gaz, ils sortent alors avec impétuosité et chassent devant eux l'obstacle mobile qu'on leur a opposé.

De I660 à 177o, cette fabrication était abandonnée à un fermier. Depuis lors elle a été confiée à une régie dépendant de la direction des poudres et salpêtres.

Prêt. — Il était mis à la disposition des soldats, sauf une retenue pour effets d'uniforme, jusqu'à l'époque où le maréchal de Saxe (1747) introduisit l'usage de l'ordinaire. De ce moment, les bas officiers et les hautes payes touchèrent seuls les deniers de poche. Quant aux soldats, ils n'eurent droit qu'à un décompte trimestriel.

Prévolé (justice). — Les colonels des trente plus anciens régiments d'infanterie et ceux de tous les régiments étrangers entretenaient, sous le nom de prévôté, 2 officiers (le prévôt et son lieutenant), 5 archers et l'exécuteur de justice. Dès que le rapport était fait, les archers amenaient le prévenu chez le commandant de place, où s'assemblait le conseil de guerre, formé de sept officiers du régiment, à l'exclusion des officiers des autres corps. Si le nombre était insuffisant, les sergents siégeaient. Quatre voix déclaraient coupable. Les soldats des régiments sans prévôté étaient justiciables du grand prévôt de l'armée. Dans les camps, c'était le prévôt de la connétablie qui rendait les jugements de discipline. Dans les régiments, les punitions étaient l'amende, la prison, la mort.

La prévôté était un privilège, puisque c'était le droit de faire juger les cnmes ou délits par un conseil de guerre pris dans le régiment même.

Prisons militaires. — Les vieux recueils administratifs de Chennevières et de Briquet ne renferment aucun renseignement au sujet de ces prisons.

Le Français en général est un mauvais soldat de garnison. L'activité de son esprit, qui s'accommode des travaux et des périls de la guerre, ne sait à quoi occuper les loisirs de la paix ; alors le désœuvrement et l'ennui portent à des manquements à l'appel, à des infractions multipliées à la discipline. Dès lors il devenait nécessaire, pour punir les coupables, de les enfermer dans des prisons, dans des cachots.

Un code très sévère régissait l'armée. Il embrassait, un peu à la volonté des chefs, la désertion, la trahison, l'embauchage et l'espionnage. Les vols envers Farmée ou l'État; les crimes de faux, les abus d'autorité, l'insubordination (voies de fait ou menaces, injures ou désobéissance), les vols, les assassinats, les viols et attentats aux mœurs, étaient punis par le gibet ou les galères.

Prix de la vie «lu soldat. — Les variations survenues dans le prix de la vie, d'une époque à une autre, sont l'objet de nombreuses études.

La question est délicate; pour lui donner une solution, il faut t'valucr les dépenses d'un individu dans une famille. On doit d'abord se rappeler que le titre des monnaies a varié nombre de fois depuis le règne de Louis XII jusqu'à 1785, sans compter encore l'influence exercée sur la valeur des métaux précieux par l'extraction des mines d'Amérique (1), à la fin du dix-septième siècle par le drainage des espèces pour le service de la trésorerie militaire à l'étranger |2), et au dix-huitième siècle, sous la régence, par le système de Law (3).

Depuis la fin du seizième siècle jusqu'au milieu du dix-septième, les plus grands écarts dans le prix des denrées s'observent de province à province. Les parlements, les intendants, les officiers de police, alors investis d'une puissance redoutable, interdisent ou entravent et restreignent la sortie des grains : Ja maxime incontestée était qu'il fallail avoir le pain au plus bas priv possible.

Vers la seconde moitié du dix-septième siècle, chaque soldat recevait par jour vingt-quatre onces de pain, une livre de viande et une pinte de vin.

Au dix-huitième siècle, on augmenta ces rations pour les cavaliers (4% En 1831 {Moniteur du 3 octobre), les vivres distribués journellement aux soldats comprenaient :

730 grammes de pain, au lieu de 734 aux x\ii'= et xvni° siècles. 230 — de viande, — 489 — —

'23 centilitres de vin, — i litre — —

3 décagranimes de riz, — 0 —

La dépense de ces rations était, au total, de 0 fr. 44 cent.

En comparant le taux des salaires, il est aisé de reconnaître que la main-d'œuvre a peu progressé du seizième à la fin du dix-septième siècle , mais qu'en revanche elle a sensiblement augmenté dans le cours du dixhuitième. Cela s'explique par le développement que prirent l'agriculture et l'industrie.

(I) Ordonnance royale do novembre l.'iii.

(•2) Mémoire de Desniarcts (de Boislile), Corrcspomlatice des contrôleurs génvraux des finances, t. I, .\ppendice.

(3) De Forhonnois, Recherches sur les /inanrrs, t. YI. • (4) Ordonnance du l.t juillet 17:27. — Portails, Esiai sur l'alimentation du soldai. — Kirn, Alimentation du soldat.

Tableau du prix moyen du froment.

ANNÉES

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