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CHAPITRE XI

CAMPAGx^E D ALSACE

(janvier à août 1744

Mai 1«»". Cantonnements sur le Rhin depuis Strasbourg jusqu'à Germersheim. — 7. Le maréchal de Seckeadorf sous Philippsburg. — 8. Rassemblement sous Landau. — 17. Spire occupé par M. de Balincourt. — 18. Le général Bernklau passe le Neckar. — 19. Le maréchal de Coigny arrive à Germersheim. — 21. Pont jeté à Neckarsulm par le général Nadasti. — 22. Worms occupé par le régiment de hussards Linden. — 24. M. de Balincourt se porte à Friesenheim. — 25. Arrivée du maréchal de Coigny au camp de Spire. — 26. Le général Bernklau à Wiesloch. — 29. L'armée autriciiienne passe le Neckar.

Juin 2. Les troupes légères autrichiennes s'avancent jusqu'à Philippsburg. — 4. M. de Clermont-Tonnerre, du camp sous Landau, va à Durkheim. — 5. M. de Montai occupe Worms. — 6 et 7. Mouvement des troupes. — 9. Arrivée de 3,000 Hessois au camp sous Philippsburg. — 12. Mouvement de l'infanterie pour se rapprocher des Impériaux. — 13. La gendarmerie part du camp sous Landau pour se rendre à Spire. — 16. B. et E. répandus le long du Rhin. — 16 au 17. Toute la cavalerie impériale passe le Rhin à Lingenfeld. — 18. Les ennemis s'emparent de l'île de Kùhkopf. — 22. Troupes de la haute Alsace arrivant au camp sous Spire. — 25. Le prince Charles se porte de sa personne à Ladenburg. — 26. Arrivée à Weinheim. — 27. M. de Montai depuis Worms jusqu'à Oppenheim.

— 29 au 30. Le maréchal de Coigny décampe de Spire pour Oggersheim. — 30. M. de Seckendorf fait entrer 4 B. dans Philippsburg et passe le Rhin. — 30. La plus grande partie des troupes autrichiennes, passées à la rive droite du Neckar, se rassemble à Trébur.

Juillet l^^. Les troupes légères des ennemis passent le Rhin à Schreck, pendant la nuit du 30 juin au l^"^ juillet. — 2. M. de Coigny arrive à Germersheim. — 3. Toute l'armée impériale se réunit à Germersheim et se met en marche pour suivre l'armée française. — 4. Le maréchal de Coigny et M. de Seckendorf campent à Rohrbach. — Troupes sous Landau. — Réunion de l'armée française et de l'armée impériale. — 5. Le maréchal de Coigny et M. de Seckendorf se mettent en marche à 2 heures du matin. — Attaque de Weissembourg et des lignes.

— 6. Les deux armées font un mouvement par leur droite sur le ciiemin d'Haguenau. — 7. Vont camper derrière la Moder. — 10. M. de Coigny établit son quartier général à Bischwiller; celui de M. de Seckendorf à Schweighausen. — 11. M. de Tillières détaché. — 13. M. de Balincourt marche pour favoriser la retraite de M. de Tillières bloqué. — M. de Putanges se porte en haute Alsace.

— 19. Les menus équipages envoyés à Strasbourg. — Mouvements des troupes sur la frontière de la Sarre et de la Lorraine, sous les ordres du maréchal de Belle-Isle et sous la conduite de M. le duc d'Harcourl. — 24. M. d'Harcourt, détaché de l'armée de Flandre, arrive à Metz. — 20. Se rend à Bouquenon. — 28. Le maréchal de Belle-Isle fait marcher ses troupes à Bitclie pour s'opposer à un corps qui s'avance sur celte place. — 28 au 29. Les deux armées se mettent en marche pendant la nuit, se retirant derrière la Zorn. — 29. Dragons, hussards et des compagnies franches prennent poste à la Petite-Pierre. — 30. M. d'Harcourt campe avec toutes ses troupes sous Phalsbourg. — 31. M. de Nadasty se porte sur Saverne, en chasse les Français ; l'armée autrichienne campe à Hochfelden. Août 2. Les deux armées passent la Briiche. — 4. Les divisions venant de Flandre arrivent le 4 à Metz. — 5. Le maréchal de Coigny renforce la garnison de Strasbourg. — 6. Les troupes venues de Flandre partent de Metz jjour l'Alsace.

— 9. Le maréchal de Noailles au camp de Dorlisheim. — 10. Rétablissement des ponts du canal de Mutzig et'de la Briiche. — 11. M. de Noailles se rend à Strasbourg. — 13. Pont jeté sur le Rhin entre Kehl et le village de Goldscheuer. — 15. Arrivée de la maison du roi à Fegersheim près Strasbourg. — 16. Les deux armées passent la Briiche et le canal de Mutzig. — Les troupes venues de Flandre campent à Bischen. — 18. M. de Maubourg repasse le Rhin. — 19. Mouvement général. — 20. L'armée se met en marche à 3 heures après midi, arrive le soir sur la Zorn. — 21. A la pointe du jour, l'armée française est entièrement rassemblée sur les hauteurs de Hochfelden. — Séparation des armées française et impériale. — 22. L'armée impériale, après avoir passé la Zorn le 21, reste près Hochfelden. — 23. L'armée française se met en marche à 4 heures du matin, arrive à midi à Bischwiller. — 24. L'armée autrichienne passe le Rhin, la nuit du 23 au 24, sur les pouls de Beinheim, arrive le 24 à Rastadt. — 25. M. de Seckendorf, avec son avant-garde, se porte à Germersheim. — 26. Ponts jetés au Fort-Louis. La brigade des gardes et deux autres d'infanterie passent dans l'île du Marquisat.

— 26. L'armée impériale va camper àRheinzabern. — 27. M. de Belle-Isle détaché pour suivre les ennemis de l'autre côté du Rhin. — L'armée française commence à passer le Rhin le 28. — Position que prennent les troupes à la droite de ce fleuve. — 28. M. de Belle-Isle arrive à Mulhburg. — 29. Est joint à Stafforth par M de Piosasque. — 30. Les deux détachements campent à Bretten.

Septembre l". Le maréchal de Noailles quitte l'armée, qui reste sous les ordres du maréchal de Coigny; se rend auprès du roi à Metz. — 2. M. de Coigny à Korch.

Au commencement de l'année 1744, le roi prit la résolution de se venger des injures que les deux cours de Londres et de Vienne lui avaient faites les deux années précédentes, et surtout du traité de partage conclu entre elles, par lequel la cour de Londres prétendait s'approprier les côtes et les places maritimes de Flandre et de Picardie jusqu'à la Somme, et celle de Vienne réclamait le duché et le comté de Bourgogne, l'Alsace et la Lorraine. La Hollande môme devait les seconder, et prendre sa part des places

intérieures des pays de Flandre et d'Artois depuis la barrière jusqu'à Péronne.

Pour réprimer ces invasions, Louis XV dut mettre toutes ses forces actives sur le pied de guerre. Outre îJOO,000 hommes de troupes réglées et 00,000 de milice, il donna des ordres pour cette augmentation, d'autant plus fondée que la cour de Vienne, seule, en avait 162,000 sans compter les troupes des puissances maritimes et du roi de Sardaigne, ses alliés. Il organise donc quatre armées. La première devait agir contre les troupes du roi de Sardaigne et des Autrichiens, auxquels ce prince s'était uni parle traité de Worms, 13 septembre 1743 ; la seconde, attaquer les possessions de la reine de Hongrie aux Pays-Bas; la troisième, défendre la frontière du Rhin et s'opposer aux nouvelles entreprises de l'armée autrichienne du côté de l'Allemagne; la quatrième enfin, couvrir la frontière de Champagne elles Évêchés.

Le roi, en se préparant d'aussi grands moyens pour tirer vengeance des puissances liguées contre lui, et pour soutenir en même temps les droits de sa maison et ceux de l'empereur son allié, voulut paraître lui-même à la tête d'une de ses armées. S. M. donna la préférence à celle de Flandre, et choisit iM. le maréchal de Noailles et le comte de Saxe sous ses ordres. Le prince de Conti eut le commandement des troupes s'unissant aux Espagnols en Dauphiné et en Provence; le maréchal de Goigny, celui de l'armée du Rhin, à laquelle devaient se joindre, sous le maréchal de Seckendorf, lesHessois et les troupes de l'empereur. Ces dernières, après avoir langui pendant la campagne précédente à l'ombre de la neutralité, mais réellement sous le joug des Autrichiens, dans l'état de dépérissement auquel les avaient réduites les malheurs et les fatigues de plusieurs campagnes, avaient quitté, à la fin du mois de novembre, leur camp de Wembding sur les confins de la Franconie ei de la Ravière; elles s'étaient réfugiées, comme troupes neutres de l'Empire, dans différents États voisins du Rhin pour être à portée de recevoir des secours de la France. Le roi consentit à leur donner ceux qui leur étaient nécessaires pour se compléter au nombre de 20,000 hommes. On travailla (1) en même

(1) Los (■anipaf'nos (1(> l/i3 et 1744 on Bavière donnent tous les détails concernant les troupes iniiiériales, depuis le inoiueut où, chassées de leur pays, elles su-

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temps h former en faveur de l'empereur une ligue entre le roi de Prusse, le langdrave de Hesse, le roi de Suède, l'électeur palatin, et quelques autres princes, pour forcer la cour de Vienne à le reconnaître empereur et à lui restituer ses États.

L'empereur, pour encourager les différentes puissances à entrer dans la ligue, demanda qu'on agît avec vigueur du côté de l'Allemagne, et que dès le mois d'avril on assiégeât Fribourg, cette forteresse, la place d'armes de la reine de Hongrie, le boulevard de l'Empire sur le haut Rhin, et la porte de communication de la France avec la Bavière. Le roi, quoique déterminé à rester sur la défensive du côté du Rhin jusqu'à ce que le succès des négociations pour la ligue permît de reprendre l'offensive, se laissa entraîner dans les sentiments de ce prince, et M. d'Argenson, le 1" janvier, demandait au maréchal de Goigny ses impressions sur les moyens de commencer le siège de Fribourg. Sa réponse ne laissa rien ignorer de toute l'étendue des difficultés que cette entreprise devait présenter et du besoin qu'il avait de renforts considérables pour en assurer le succès.

Les moyens que demanda M. de Goigny ne pouvant lui être fournis qu'aux dépens de ceux employés en Flandre, l'idée du siège de Fribourg fut abandonnée. M. de Goigny proposa un autre projet qui pouvait remplir en partie l'objet principal de l'empereur, et d'appuyer la négociation par des démarches audacieuses; de faire passer le Rhin à l'armée du roi et de la porter à hauteur de Heidelberg pour être en état de combattre les Autrichiens, s'ils entreprenaient de passer le Neckar, ou de les prévenir, soit qu'ils marchassent du côté de Mayence, soit qu'ils remontassent le Rhin. Leurs dispositions sur le haut Neckar, où ils firent passer, dès le commencement du mois de mars, les bateaux de Fribourg, les magasins de vivres et de fourrages qu'ils formaient dans le Wurtemberg, les réquisitions de la reine de Hongrie pour le passage de ses troupes à travers les cercles de Souabe et de Franconie, indiquaient assez que toutes leurs vues se dirigeaient vers le Neckar. On en eut successivement confirmation ainsi que de

birentia loi des Autrichiens, jusqu'à celui où, l'ar les secours de la France, elles furent en état de paraître en campagne et d'agir pour corttribuer au rétablissement des affaires de l'empereur.

l'établissement d'un magasin à Heilbronn, oh un corps de 12,000 hommes devait arriver à la fin du mois de mars; mais Versailles persistait dans la résolution de rester sur la défensive derrière le Rhin.

En février, M. de Coigny met en sûreté la basse et la haute Alsace; il travaille au rétablissement des lignes de la Queich, pour couvrir cette frontière.

M. de Lantingshausen, major du régiment d'Alsace , se rend à Francfort, auprès de l'empereur, pour voir ses troupes et en rendre compte au roi, qui s'était chargé de leur organisation; avec leur effectif de 10,000 hommes environ, elles marchèrent immédiatement sous Philippsburg.

(( Les régiments français sur cette frontière^, écrivait, le 9 février 1744, M. de Coigny à M. d'Argenson, se reforment peu à peu, et les recrues sont régulièrement exercées autant que l'extrême rigueur de la saison le permet; mais des régiments étrangers on n'obtient pas le même succès. Les enrôlements sont devenus trop faciles, il faut réformer beaucoup d'hommes. M. de Mauconseil a vu par lui-même combien les rapports sont différents de la réalité.

« Pour prendre également connaissance des troupes sur la Saxe, je passe à Landau, Bitche, à Sarrelouis. Je ferai incessamment partir M. de Maupeou pour voir celles de la haute Alsace.

Au commencement de mars, les troupes se tenaient prêtes à la formation des armées, et la gendarmerie, en quartier à Besançon, se rendait en Alsace sur deux colonnes. Le 15, paraît l'ordonnance portant déclaration de guerre contre le roi d'Angleterre, électeur de Hanovre. Ce manifeste est adressé aux cours étrangères. En même temps, la frontière d'Allemagne, menacée par les Autrichiens, est mise à couvert.

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