‹ Les gueux de Beranger drame en cinq actes, mele de chantChapitre 85 sur 108 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LUCIEN, puis VALENTINE. '

LUCIEN, qui s’est contenu avec peine, pleurant.

Ohl mon père ! sommes-nous quilles maintenanr?

VALENTINE , se retournant.

Vous ! vous encore ici !

LUCIEN

11 faut que j’aie avec vous un dernier entrelien.

VALENTINE

Je ne veux rien entendre , sortez !

LUCIEN

Je ne partirai paÿ 'avec votre haine , avec votre mépris... Valentine, ne m’accablez pas, voyez mes larmes, mon désespoir... Je vous jure que je ne suis pas coupable, je vous le jure devant Dieu I

VALENTINE, assise A gauche.

Que dites-vous?

LUCIEN

Olivier m’a appelé lâche, mon père m'a fermé son cœur, il m’a presque maudit; j’ai courbé le front, j’ai gardé le silence!... si vous saviez ce que j’ai souffert de ne pouvoir répondre, de ne pouvoir dire un secret terrible !

VALENTINE

Un secret?

LUCIEN

Mais, à vous, qui êtes la moitié de mon âme, la moitié de ma vie, je le dirai ce secret.

VALENTINE, étonnée.

Cet accent de douleur... de sincérité !

Avez-vous pu croire, Valentine, que je deviendrais, en un jour, le plus misérable des hommes, que je manquerais à tous mes serments, si un devoir cruel, inexorable ne m’avait imposé le sacrificederamour le plus pur,de la plussainle amitié?

VALENTINE

Un devoir? en est-il de plus sacrés que ceux que vous avez oubliés?

LUCIEN, avec douleur.

Oui, pour un fils, il y a l’honneur de son père!

VALENTINE

le ne vous comprends pas.

Page 1