‹ Les gueux de Beranger drame en cinq actes, mele de chantChapitre 86 sur 108 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

LUCIEN

Mon père... (S’arreunt.) Oh ! mais vous me pronieilcz bien, n’est-ce pas, que celle falale révélation , nul que vous cl moi lie la connaîtra?

VALESTISE.

Parlez, je vous jure...

LUCIEN, hésitant.'

Mon père... dans sa jeunesse... dans un moment d’égarement a commis...

VALEHTINB.

Une faute grave, peut-être ?

LUCIEN, détournant la tète.

Presque un crime.

VALBNTIHE.

Oh ! c’est impossible I

LUCIEN

Comme vous, je refusais de le croire ; j’ai d’abord répondu à cette accusation par l’indignation , la menace , m.-xis M. de Beauval m’a montré une preuve écrite où mon père s’accuse lui-même d’avoir... ohl mon Dieu ! d’avoir soustrait une somme importante, dans la cai.sse qui lui était confiée.

VÀLBNTINB.*

Ah ! mon Dieu! mon Dieu! (avec espoir.) mais si on remboursait àM. de Beauval...

LUCIB.N.

C’est impossible I

VALENTINE, vivement.

Impossible, dites-vous?

LUCIEN

Oui, impossible, alors même que j’aurais le pouvoir de rembourser la somme , car ce n’est pas ce que veut M. de Beauval ; ce qu’il veut, c’est le bonheur de sa nièce, et il croit le voir dans mon union avec elle.

VALENTINE, même jeu que ci-dessus.

Mais l’y verrait-il encore, si vous redeveniez le pauvre artiste ?... si cette foitune...

LUCIEN

Mais y renoncer systématiquement, ne serait-ce pas irriter cet homme, exciter sa vengeance ?... il peut déshonorer mon père. Vous savez tout, Valenline; voilà jpourquoi j’ai vendu mon bonheur, voilà pourquoi j’ai souuert qu’on m’appelât lâche et infâme.

VAI.KNTINB.

Noble cœur! ô pardon, pardon.

Air de Julie.

Puisqu’il lo faut, oublions un beau rêve ;

Du moins, de lui je serai üère encor ,

* I ucien, Yalciilinc.

Mais, c’est, hélas! quand le sort me l’enlève Que je connais le prix de mon trésor;

Cruel pour lui, généreux pour les autres,

Voilà celui que nous accusions tous...

(A Lucien.)

Vous qui vouliez m’implorer à genoux.

C'est à moi de tomber aux vôtres.

(Elle fait le mouvement de se jeter à scs pieds.)

LUCIEN, la retenant par les mains.

Valentine,' ne m’enlevez pas mon courage... (n la prend dan»

ses bras.)

VALENTINE

Vous avez raison... plus’ de larmes, je réparerai ma faute, en imitant votre résignation; (avec effort.) adieu, Lucien!

LUCIEN

Un seul instant... j’ai une grâce à vous demander.

VALENTINE , près de la porte de gauche.

Une grâÆe ?

• LUCIEN

Celle de mon père.

VALENTINE

Ah!

LUCIEN

Je sais qu'il est bien coupable, mais pour son enfant... et vous avez pensé être sa fille...

VALENTINE

Parlez, que voulez- vous de moi?

LUCIEN

Mon pauvre père , qui me croit indigne de lui, ne veut plus me voir !... restera-t-il seul, abandonné à sa douleur?

Je vous comprends et j’accepte cette sainte mission ; séparés pour toujours , ce lien sacré nous unira dans l'absence.

LUCIEN

Oh! merci, merci ! je n’ai plus d'ami, plus de père, plus de fiancée !...

VALENTINE

Voici la main d’une sœur. (Eiic lui tend u main.)

LUCIEN, avec un violent effort.

Adieu, Valentine. (Lucien sort d'un pas précipité pour échapper h son émotion.)

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