FAMILLE KA=-JA-ROE DEVANT SA HUTTE
os Indiens, comme la plupart des peuples restés pri-
mitifs jusqu à nos jours, n'ont pas d'histoire, et leurs
habitudes, leurs ustensiles de ménage, leurs armes sont
#5. encore en partie les mêmes qu'au temps où Walter Raleigh prit possession de la Guyane en 1505.
Ils habitent les hautes terres de Summameé ‘On croit
qu'ils formaient la population autochtone de la colonie et même celle de toute la Guyane. On n’en compte aujourd’hui que de sept à
IMIECS Sourtes dtce Chapitre Sont :
1° Les renseignements fournis par M. Macxirosx et le Caraïbe Jean-Baptiste K4-r4-R0E ;
2° Les articles du capitaine Zrmmer“aANN publiés dans Æet Nieuws van den Dag, et dans Eigen Haard';
3° G. W. C. VoorpuIn : Gezigten uit Neerland’s West-[Indien. Amsterdam, chez Franz Bufñla en ZOnÈNE:
48 LE SAMANBIMRAINNERS CD ES D'RRNEANRE
huit cents, divisés en trois tribus principales : les Caraïbes (leur nom véritable est Kalina), les Arrowaks et les Warrons où Guaranos.
Leur nombre va continuellement en s’amoindrissant,; les principales causes de cette diminution sont : le manque de soins donnés aux enfants, le traitement défectueux des maladies, et surtout l'ivrognerie aussi bien chez les hommes que chez les femmes.
À cet égard on ne peut s'abstenir d'une réflexion pénible. S'il est triste de voir toute une population condamnée à une destruction complète, il l'est encore plus de penser qu’elle ne laissera aucune trace de son passage après elle ; tandis que le souvenir de tant de peuples anciens survit encore dans l'esprit de nos contemporains par l'histoire de leurs actions et les monuments utles où masmiiques quulé ont élevés, de ces pauvre Indiens une restera Ni dnicHaut dt Une tiidition qui rappellera leur existence: imème les rares métis qu'ils auront pu produire disparaîtront rapidement au milieu de la
masse des populations environnantes.
Sauruelques mélanges avec les nègres, ces Indiens sont trés purs. dé race. Ils sont généralement bien faits ; on rencontre parmi eux peu de malformabtions. can ils ont l'habitude de mover les émlants nes ditormes "Leur physionomie, dans son ensemble, n’est pas désagréable, surtout celle des lemme qui exprime une grande wdlouceut-et une Srnde bonté. aspect général rappelle beaucoup le type blanc, mais ils sont d'ordinaire d’une coulétmbnun rouge tendant vers le bronze clair
Hs portent de très longs cheveux d'unmnoir brillant, qui ne denetenrs e que fort tard; par exemple, le nommé Jean-Baptiste Ka-ja-roe, âgé de cinquante ans, n'avait encore aucun cheveu blanc. La chevelure est un de leurs grands ornements. Îls ne gardent aucune barbe : tous les poils qui naissent autour de la bouche et du menton sont soigneusement enlevés, chez les hommes et chez les femmes: beaucoup arrachent même leurs sourcils.
Un des caractères physiques qui ont le plus frappé l’auteur de ces notes éstlecerand'écartmentdedortelucesendantihine hita pas été donné de constater si ce doigt pouvait s'opposer aux autres pour saisir des objets, ainsi que quelques auteurs l'ont avancé.
Les Caraïbes furent autrefois très guerriers ; ils étaient en lutte conti-
4 À. Karpcer : Hollandisch-Guiana. Stuttgart, 1881; 5° Van MEETEREN : Conférence. Amsterdam, 1883; 6° Beknopt verslag met voorwoord over de surinaamsche Inboorlingen. Amsterdam, 1883.
nuelle avec leurs voisins et avaient acquis [a célébrité d’être d’une grande cruauté à l'égard de leurs prisonniers. Les Warrons, qui restaient sur [la Nickerie, se montraient plus laborieux et plus civilisés; mais c’étaient Îles Arrowaks qui passaient pour les plus pacifiques et les plus doux. Actuellement, on peut faire cet éloge de toutes les tribus.
Ils estiment les Européens tout en se tenant loin du contact de leur civilisation, ce que justifiait l’un d’eux par ces paroles: « Ainsi nous sommes bien vplusMhenremmetuplus-librestqueniestEnropéens. =) Par-suitende «cet éloignement, leurs facultés mentales se sont peu développées, et, quoiqu'ils possédent "des “qualités naturelles excellentes, il y a peu à espérer pour
l'avenir intellectuel de leur race.
Ils se nourrissent de gibier et de racines. La Cassave est celle qu'ils estiment le plus. Ils en font une espèce de pain. Avec cette racine ils fabriquent aussi une sorte de boisson qui, par son goût et par sa couleur, ressemble beaucoup au jus de groseilles. Ils se procurent les spiritueux dans
les établissements européens.
Ils wmenent urevie erränte et habitent danstdes hutresquinies "abritent contre les pluies tropicales. |
Leurs villages sont situés sur les hautes terres de la colonie. Ils sont généralement construits dans une savane (plaine de sable ou prairie), sur les rives d’un fleuve ou sur les bords d'un bois dans lequel ils peuvent chasser pour se procurer leur nourriture; c'est là qu'ils trouvent le pibier nécessaire à leur consommation et les matériaux qui servent à la construction de leurs huttes. Mais une rivière à proximité est pour la fondation d’un village une condition indispensable aux Indiens, habitués qu ils sont à prendre des bains fréquents; ils évitent, en: outre, la fatigue quimésulteraitpoureux d'un long trajet à faire pour se procurer l'eau nécessaire à leurs usages domestiques.
Ce sont là les raisons principales qui déterminent le choix d'un campement; .1ls cherchentrà seéliprocurer aussitüne positiontpetmenmantre non seulement parce qu'ils sont timides et méfiants, mais parce qu'ils sont trop nonchalamts pour serrer leurs obiets AvanemdensÉlbianen et Meme ne prennent même pas le soin d avoir un endroit où ils pourraient les cacher : ils abandonnent leurs huttes, avec tout ce qui s'y trouve, complétement ouvertes. emportant, 1] est vrai, avec eux, leurs 1nétrumentsede chasse et
dé pêche aus que leur hamac
NI
Les huttes sont d’une construction très simple : elles se composent uniquement d’un toit de feuillage, mais jamais elles ne comprennent de magasins; l'intérieur en est d’une propreté remarquable, les plantes grimpantes en sont soigneusement enlevées.
Du reste, il n’y a pas chez eux grand’chose à voler; leurs besoins étant très limités, ils ne possèdent que très peu d’objets, les réduisant à quelquesuns qui leur sont d’une nécessité absolue. Ils n’ont pas d'effets d'habillement. Les hamacs dans lesquels ils couchent et qu'ils'fabriquent eux-mêmes sont la partie principale d’un mobilier très simple, dont les autres éléments sont : hnesespece denhuche ou plutôtountironc danbrevcreusé; time pare de pois en terre, des corbeilles treèssées dans lesquelles ils transportentule poisson tes Hruits pounlamencne, Ces paniers reposent sur letdos dunporteur et sont maintenus par un lien qui s'appuie sur le front); leurs plats et leurs verresileursontuiourns da plupart dustemps. par les fruits detlarbre-à cale: basses ICrescentanCuele Livondlés coupe-en deux etloncreuse chacune denrcesidenmxumoines- is -suspendent dans leur hutte cette espécededtubeou tamis (matapie)' tressé avec une espèce de jonc appelé Warimbo (Phrynium Casupo)? et qui sert à presser les racines de cassave après qu'elles ont été Éciaisées Doumséparenilenuseénéenmencedet la fécule ténains unmepliat sen ter boumyccuire lés gâteaux. de cassavé complète ce mobilier
Les villages ou -plutôt.les- hameaux que forment les hdiensuse, composent seulement de quelques huttes placées à côté les unes des autres sans aucun ordre, quoiqu'on s'applique à déployer beaucoup d'adresse dans leur construction. Chaque hutte est habitée par un nombre d'indigènes variant lentquatre Arrrmupersonnes Commenous vénonsrdedendiremcethabitations né sc composent quendunttoitudunemdlongueur-decinmg amine mètres. sénéralement soutenu. part neuf poteaux; Ja charpente me nécessite" que des poutres de quatre à cinq centimètres d'épaisseur. On construit la toiture avec des tiges flexibles recourbées qui se coupent à angle droit en formant le faîte de la hutte; par-dessus cette construction on étend des feuilles de palmiers ou d’autres arbres *. Les deux extrémités de la hutte restent ouvertes; quelquefois cependant elles sont fermées par des nattes en bambou tressées ; du côté où la pluie et le vent viennent le plus souvent, le toit descend jusqu'à
terre. Pour assujettir les diverses pièces de cette charpente, il ne s'emploie