‹ Les habitants de SurinameChapitre 30 sur 117 · Voir planche H · texte numérisé non relu

Voir planche H

. Voir planches A à G.

. Voir planche I:

trou, destiné à recevoir une arête de poisson ou une épingle; cette coutume trouve sa raison d'être dans la nécessité où les Indiens sont souvent d'enlever les épineshourtles insectes qui sont entrés! dans leur, peau lemPutex peneirans LMparrerkemple: l'épinele leur sertdemmêème;, au-besoin, à manger les coquillages qu'ils peuvent rencontrer. Les femmes portent aussi dans les oreilles de petits morceaux de bois d'une espèce analogue au liège.

Elles ont les cheveux longs qu'elles laissent généralement flottants, tandis

que quelques hommeslest tiennent courts:

Leshhommesmontde temps doutrenans Chasseret à lampéche, etHabri quent leurs armes (arcs et flèches) et tous les instruments qui leur sont nécessires. Depuisrquelques années, 1lstse servent d'armes à" feu; il em est même qui possèdent des fusils Lefaucheux, dons de quelques Européens. Ils semparent de certain gros gibier avec une sorte de lacets formés de plantes grimpantes et disposés d'une manière fort ingénieuse : ces lacets sont attachés à des perches courbées avec effort; au moindre contact de l'animal celles-ci sébredrésenr'èn démievant. Les Mndièens Ont dalleurs une vadmesse"troute partuculére pour s approcher du gibier.

Four la peche, 1stsensérventnde arc ét de te flèches MsMonteusSi luSase dunmilet en jonc tresse:

Les hommes creusent les canots', construisent les huttes, abattent les arbres eur le térraimouwtls veulent faire léurs champs, et rbrulemt es bran chesmetmlesiemilles pour tertiliser- le sol:

Ïls tressent aussi des paniers.

En général, ils laissent tous les autres gros travaux aux femmes. Cellesci font aussi de la poterie * qu'elles cuisent devant le feu toujours allumé dans la hutte; le dernier poli est donné aux vases qu elles fabriquent en Îles frottant longuement avec certains cailloux qu'on fait venir de l’Orénoque.

Toute leur industrie "sé réduit" 4 ces divers Travaux, "et, "à cé port de vue, ils sont au-dessous de certains nègres de l'Afrique.

Du reste, ils trouvent aisément tout ce dont ils ont besoin dans la nature primitive qui les entoure, et en particulier parmi les espèces innombrables de plantes et d'arbres qui poussent autour de leurs habitations d'une manière

si luxuriante. Avec la calebasse, ils peuvent fabriquer, en même temps que

1. Un de ces canots indiens est représenté sur la planche XXIX. 2. Voir planche K.

leurs plats, leurs gourdes, leurs cornes à poudre, etc. Avec une espèce de jonc, ils font des nattes très fines, de petits paniers, des étuis à cigares et une quantité d’autres menus objets. Les plantes grimpantes {lianes) et les fibres de certains arbres leur fournissent les cordes et les ficelles nécessaires pour confectionner et pour suspendre leurs hamacs ; enfin, le coton sauvage leur donne”"matéerempropre à a Correction de leurs vêtements, il eur sert aussi, avec le #b:$tr:, hibre extraite des jeunes feuilles d’une espèce de palmier (Mauritia flexuosa), à fabriquer en quantité des hamacs, genre de travail auquel ils sont très habiles et qui mérite ici une mention détaillée :.

CiesPeur un cadre debois placé verticalement ettorme dérquatre pièces que se fait un hamac. Deux montants verticaux sont enfoncés en terre; deux barres horizontales sont disposées de telle sorte qu'elles peuvent se déplacer parallèlement à elles-mêmes; on peut augmenter ou diminuer ainsi l’espace compris entre ces deux barres selon que l’on désire un hamac d’une plus ou moins vrancde largeur. Une mcelle trés longue esthenronlemuronndessdeux piquets verticaux en passant successivement par devant et par derrière, de some que lorsque cet'enroulement est termine, onradeux Sémeside"hieelles parallèles séparées par un intervalle égal à l'épaisseur des montants; la longueur de ces ficelles est justement celle du futur hamac. Il s'agit maintenant de rélièr cesmcclesténtre ellesmpar des cordons trversiersPourmdetienope ration omrse ter déntromsespécesadeubobines, sur lesquelles trouvenpre paré du fil de coton ou de « tibisiri » ; chaque cordon transversal est formé de trois brins fournis par les trois bobines. Chaque ficelle longitudinale du hamac est successivement prise dans les fils verticaux qui sont simplement tressés autour delle;"et dont la timension tormeradatlareur-durhamac OuandmtinetravenettMinie onromprleMlsetalionenmaecommenceme nouvelle parallèlement ta tlimpremiere narqmelquestcentimerrestdetdieramee Aussitôt qu'elles sont toutes placées on enlève le hamac du métier. Jusquelà la besogne a été faite par les femmes; maintenant, c’est le tour des hommes. Le hamac, étendu à plat, a actuellement laforme d'unvrectangle un lien passé dans les boucles qui sont aux deux extrémités les attache toutes ensembles chaquevextrémite est alors ormec panne nbouclentplius épaisse dans laquelle il ne reste plus qu à passer une forte corde pour pouvoir suspendre le hamac au moment où l’on veut s’en servir.

Les Indiens paraissent incapables d'aucun effort pour cultiver leur esprit,

nr. Voir planche J,

54 LES HABDMPANTMSMDENMSURINANLE.

et ils éprouvent la plus grande répulsion pour tout ce qui tendrait à les faire sortirudes habitudes-tecues:

Nous avons signalé leur douceur : on va jusqu'à affirmer qu'elle est si srande qu'ils fuiraient devant un voleur plutôt que de se battre avec lui.

Leurs croyances sont très vagues ; en général, ils craignent beaucoup les forces de la nature et les esprits des morts, pour lesquels cependant ils ont un grand respect, mais qu'ils redoutent comme revenants; ce qui ne Îles empêche pas de chercher à les protéger contre d’autres esprits qu'ils considèrent comme mauvais.

Ouandrune (personne ientainmourir, ellenest «entérrée. dans, la hutte qu’elle avait habitée pendant sa vie, mais les autres quittent aussitôt cette hutte dans laquelle ils craignent que l'esprit du mort ne vienne se promener ou qu'un autre, mauvais esprit, ne leur en rende le séjour impossible.

Ils croient donc, semble-t-il, à un principe qui survit à la mort; mais, à

coherard sleursuidéesmanquentdeprécision:

Les hommes passent la plus grande partie de la journée dans leurs hamacs, soit à causer, soit à jouer d’un grossier instrument de musique, Île tambouraparexemples Pour-rompre.la-monotome:,. déhcetserece mils imitent de temps en temps les cris de quelques animaux sauvages.

De leurmatüreruls sont très hospitaliers llsstecoiventwaréquemmentela visite de gens d'autres tribus; la conversation roule toujours pendant ces misitesusumlenursisuietstprétienés, :c esta-dire davchasse-etilaspèche.

Les femmes enlaidissent beaucoup en vieillissant. Elles n’ont aucun de ces attributs naturels qui font l’ornement des dames européennes. Craintives, d'ailleurs -vet-tumides elles tiennent continuellement les eux baissés; «maïs ilest facile de s apercevoir que ce sont les fatigues qu'elles subissent, et les iravaux pémbhlestaquélliesl exécutent, quiexercentunetniluenterdemorable sur leur physique. Fr

Hllessontcharsecstdeults culture et de l'entretien des champs, de la pré:paration de la cassave, ainsi que de la transformation qu'on lui fait subir en vue d’en obtenir du pain. Elles doivent aller chercher le bois nécessaire à l'entretien du feu qui brûle toute la nuit au-dessous des hamacs suspendus dans la hutte. Elles vont puiser l’eau, font cuire les aliments, conservent l'habitation

en état de propreté et élèvent les enfants. Quelques-unes d’entre elles, seule-

r. Moir planche”[..

ment encore n'est-ce que les plus jeunes, ont d'abord les traits assez réguliers, le corps svelte et bien formé; ces caractères les font ressembler au groupe blanc.

Comme chez la plupart des peuples primitifs, la femme est traitée en esclave.

Lorsque l’homme revient de la chasse ou de la pêche en rapportant du mibien Me erte 264 emme poumauelle lapprète met vaus étendre dans son hamac sans plus y faire attention. Dès que les aliments sont prêts, la femme les offre à son mari; mais elle ne va pas s'asseoir à côté de lui pour manger; cette dmiantémenauratS accorder avec le especudialihomme:

Il est rare que la femme n'accompagne pas son mari en voyage; dans cette circonstance, elle marche en avant portant tout le bagage et les petits

enfants, tandis que l’homme suit avec son arc et ses flèches.

L'usage analogue à la couvade existe chez ces tribus, comme probablement chez beaucoup d’autres appartenant au même groupe ethnique. Voici sous quelle forme l'existence de cette coutume nous a été affirmée par l'un des Kalinas qui parle français, et la plupart des renseignements qui suivent nous ont été fournis par lui.

À la naissance de l'enfant le mari va s'étendre dans son hamac et la femme ne reprend toutes ses occupations domestiques que lorsqu'elle s’est relevée, c'est-à-dire après quatre ou cinq jours. L'homme recoit dès le premien goutmdées-risitésmde ses voisinsitel amis mOoduimennentiemiéliatenncde l'accouchement » (ce sont les propres paroles de l’indigène).

Pendant les premiers jours qui suivent la naissance de l'enfant, la couiuime recle ne permet auvpère ni d'abattre dés arbres. mi de usines bien mimdetborremueunmetboissontoite S11leMasair om eronmementenTAT deviendrait malade ou même pourrait mourir. Il ne faudrait pas croire que cest lacCoutume quileMorce anallems étendre Canson hamac volontairement, car, ne devant pas s’écarter de la hutte, il ne peut plus aller se livrer à ses exercices habituels. Tout au plus lui est-il permis de tiréravec l'arc de petits oiseaux et de pêcher de petits poissons.

Cet usage a pour but de retenir l'homme dans la hutte au moment où la femme a tant besoin de son aide; si, au contraire, il allait à la chasse ou s occupait de travaux de défrichement, il serait obligé de trop s'éloigner.

Lorsque l’accouchée possède encore sa mère, c'est celle-ci qui se charge ordinairement de la soigner; dans ce cas, le mari conserve toutes ses habitudes antérieures.

56 LES AABIPANMSDE SURINANTE:

Il y a une autre raison pour empêcher l’homme d'abandonner sa hutte pendant trop longtemps: en revenant avec du gros gibier, n'obligerait-1l pas sa femme à des travaux trop pénibles, soit pour le préparer comme nourriture immédiate, soit pour en assurer la conservation.

Pendant Tlawpériode «qui précède l'accouchement, de père se prive de quelques aliments qui pourraient avoir une certaine influence sur l'enfant.

On le voit, cet usage a dù avoir pour objet, dès l’origine, d’assurer à la femme une aide indispensable. On a obtenu ce résultat en empêchant le père de se romande srandémtrvaunriet des tloiemen de lhabitation té esteesentiment que nous retrouvons chez des peuples qui, vraisemblablement, n ont jamais eu de rapports avec nos Indiens, par exemple, chez les habitants de Matukanaputa (Nouvelle-Bretagne '.

Il est fort probable que par la suite le but principal de cet usage ait cessé étiecompus et memeque letsouvenmebenmolrehce dans Peso du peuple, qui n y a plus vu que les manifestations d'un cérémonial ridicule. Ce sont ces formes extérieures que nous ont transmises les anciens voyageurs, qui ne les avaient étudiées que superficiellement. Quant aux voyageurs modernes quiontmiée existence de laecouvades chèzudes peuplecongémeres de nos Kalinas, habitant l'Amérique équinoxiale, il se peut parfaitement que leursnassertions sSoisntyustes :twmouspouvons. admettre nenmefiet, quuls se sont trouvés en présence d’une coutume complètement modifiée de nos jours énonmatatuplicencommenchezmos alinais sé unnnsaseplusmationneh et, par conséquent, attirant moins l'attention des voyageurs européens. N'est-ce pas ce qui semblerait ressortir des renseiÿnements que nous venons de consigner 1c1 ?

Terminons les détails qui se rapportent aux naissances en disant que lorsaqnetdsrmen accoucher. dé deuxyumeaux, l'ussdesdeuredoitétremmoyés leMhasard désime, celui qu serdosacenihé.s Acetretet om expose les deux emtantewsurleau: danside petits paniers, séparés: le pauvre petitéerature aumedoncelaspremeremestlanictme choisie.

Chezles Indiens, lenfantpontetouour le nomtde s:1mere. Comme beaucoup de populations primitives, les Indiens sont grands

1. « There are certain times when a man of this tribe may not go fishing, when one of his women is ‘* enciente *”, or... In the former case the man must stop at home to prevent the spirits taking away the life of the expected baby, by sucking its breath from it. » (Powecz, Wanderings in a wild country ;

ABUS NliqieureMdortes, ils entdonnent méme auxnourrssons.- Un grand nombre d’entre eux se montrent de véritables ivrognes. Quand l'un d'eux a rapporté de quelque voyage dans les établissements européens une certaine quantité de rhum et de genièvre, le possesseur et ses connaissances ne sont satisfaits que lorsqu'ils ont épuisé la provision. Arrivés à l'état d'ivresse, ils deviennent batailleurs, et souvent il se produit entre eux des rixes parfois suivies de mort d'homme.

Au contraire, étant à jeun, ils ont dans leurs relations une certaine politÉSSeCruMemmnmonse amicale tquonenersattendrautpastantrouver chez un peuple aussi peu cultivé. [ls professent un grand respect pour les vieillards. En parlant entre eux, ils conservent toujours un calme inaltérable ; très rarement sexpriment-ils dédaigneusement à l'égard les uns des autres; les mots injurieux leur sont presque inconnus.

Dans les relations ordinaires, ils observent vis-à-vis les uns des autres certaines règles de politesse. Les enfants emploient en parlant de leur père ouNdeneurenÉnedadonmerdplunemitdlIsMmetsontipaslierésprpour:#c il nesthpastlenén: cc Hstsont partis à lachasseMbpourescmlipmest patte chasse. »

Quand les Indiens s'adressent la parole, ils ont [a singulière habitude dene pastse resrder:MblLes chiens Ndisent-ils, setecardentequandals se parlent. » Le premier qui entre en conversation tourne le dos à celui auquel ilsadresse, etise placetde facon ta metpas devoir lorsque deuxthommes se rencontrent, le salut habituel est : « Buïloeai — Êtes-vous là? » La réponse est : « Ditali », ou « Dailisé — Je suis là ».

Les, rèvles de-politesse sontutrès, précises, et ilMeur'estidiincierdensien départir.

Les vieillards reçoivent dans la conversation le titre d’« Ébebe », qui est des deux genres; il en est de même pour toute personne interpellée par quelqu'un de plus jeune qu'elle. Cette règle s’observe aussi parmi les enfants.

Ouandun- indigène mention vstenmmntautre rensSluinhabitueltest « Danda, ébebe, ou Wadili »; ce qui veut dire : « Je suis près de vous. » la réponse este Wa nbandibos al = NWons venez ces æPhiens) on seulement : « Wa, wadili. — C'est bien. »

Les femmes ont beaucoup de mots qui leur sont propres, et que Îles hommes n’emploient jamais, ce qui ne veut point dire, comme on l’a affirmé, que les hommes et les femmes parlent deux langues différentes : — « Oui »,

se dit chez les hommes : « Ehé » ou « Tasi »; et, chez les femmes : « Taré »,

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