‹ Les habitants de SurinameChapitre 62 sur 117 · SE · texte numérisé non relu

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faire ce qu'ils me demanderaient; par contre, ils m'aflirmérent que Si javais refusé d’être le premier, personne d’entre eux n'aurait voulu conclure une convention avec moi. »

Lorsqu'un homme meurt subitement d’une maladie inconnue, qui peut faire croire à un empoisonnement, on le met, immédiatement après son décès, sans même le laver, dans une espèce de cercueil fait avec le tronc d’un arbre creux ressemblant au bambou; les nègres l'appellent « Boesipapaja ». Pour s’en servir, on le fend dans le sens de la longueur, ce qui donne deux demicylindres, on met le cadavre dans l'un et l’on replace l'autre par-dessus, en l'assujettissant fortement au premier à l’aide de liens. Toutes les personnes présentes étant rangées sur deux lignes orientées de l’est à l'ouest, deux hommes complètement étrangers au défunt, et qu'on a souvent fait venir de loin, prennent le cercueil sur leur tête et le promèënent devant les assistants. Lorsque le poids du cadavre les force à s'arrêter un instant, on commence l'enquête. On demande d'abord au corps si l'endroit est propice pour des éclaircissements.

Si l'on observe un mouvement évident du tronc d'arbre, la réponse est 1rirmatie On répète troislois lamaqmestions si le-.cercuelenerbouge plus, c'était iéponserethinmsuinsantencts lonresthobligé «de: récomimencer la promenade devant tous les assistants. [| est évident que tout le monde tient a se trouver à une pareille cérémonie pour ne pas être blâmé, et surtout pour ne pas se laisser soupconner.

Mais si le cadavre a répondu aux trois questions, on lui demande alors sMfaNperonnecoupablescstiprésente étusinte est un dessestparents Sitlà réponse est affirmative, on passe en revue tous ceux-ci jusqu'à ce qu'on ait tronveue criminel.

Comme les assistants qui ont vu les mouvements du tronc d'arbre sont nombreux, on na pas le moindre doute sur la justesse de la déclaration.

Cette manière de procéder semble invraisemblable et même impossible ; cependant cela se passait toujours ainsi chez les Nègres des bois : M. Coster a été plusieurs fois témoin de scènes pareilles.

Si la personne désignée n'était pas présente à l'enquête que nous venons de décrire, elle est invitée à comparaître quelques jours après devant le « grand-chef », qui l’interroge en présence du capitaine et des conseillers. S1 elle nie, on lui offre quelque chose à boire; refuser, c’est se reconnaître coupable; aussi accepte-t-elle généralement; mais elle n’est pas sauvée pour

cela, car on l'observe : si elle pâlit, si elle a des battements de Cœur tcersont

là autant d'indices que c’est elle qu'il faut punir. Si, malgré cela, l'accusé nie encore, il subit la peine du fouet jusqu'à ce qu'il ait confessé son crime. Si ce n'est pas suffisant, on le torture plus cruellement encore.

On rassemble alors tous les proches parents de la personne empoisonnée pour qu'ils assistent à la punition. Chacun est obligé de venir tirer de toute sa force les oreilles du patient, avec une tenaille spéciale. Ensuite on lui présente un plat rempli de feuilles d'un certain arbre dans lequel on a fait cuire une sorte de tortue et un « tom-tom » fait avec des bananes müres. Après avoir reçu encore de nombreux coups de fouet, il est obligé de manger complètement le contenu du plat; finalement il est attaché à un bûcher et brûlé.

Jamais un condamné n'est mis à mort immédiatement après l'enquête. On lui donne un délai de trois mois pour prouver son innocence, si c’est possible.

S1 l'accusé confesse son crime, ou si la victime avait fourni des motifs sérieux de haine, le coupable en est quitte pour un léger châtiment. Parfois on lui accorde son pardon, à condition qu'il prenne l'engagement de se mettre, lui et sa famille, jusqu’à la troisième génération, au service des héritiers du défunt; les individus ainsi condamnés doivent leur fournir de l’argent et des vivres lorsqu'ils le demandent. Ils peuvent même être contraints a exécuter de gros travaux, souvent très pénibles. Ils vivent continuellement dans la crainte d’être requis, à chaque instant, pour une corvée quelconque.

Il est cependant admis qu’on ne doit pas abuser de ce droit.

Cette peine peut s'appliquer à beaucoup d'autres méfaits; elle est même assez commune.

Les tribus ou villages se font rarement la guerre. Cependant, lorsque cela arrive, c'est avec une sauvagerie sans pareille qu'ils s exterminent mutuellement. En signant le traité de paix, le vaincu s'engage à obéir à toutes les réquisitions que le vainqueur lui adressera. Pendant les cérémonies qui ont lieu pour la conclusion de la paix, on absorbe, comme toujours, de grandes quantités de liqueurs fortes.

Leurs armes se composent de fusils, de coutelas, d'arcs et de flèches, de lances, etc.; dans quelques cas, ils se servent aussi d’une espèce de massue d'origine indienne appelée « Apoetoe ». Mais, ce qu'ils possèdent de plus dangereux, c'est une série de poisons végétaux avec lesquels ils tuent mystérieusement leurs ennemis. Ces poisons sont très lents, mais toujours mortels. Ils les mélangent, soit avec les aliments, soit avec le tabac.

Les mariages se concluent fort simplement. Parfois des jeunes gens et

même des hommes faits demandent à une femme enceinte, dans le cas où

elle mettrait au monde une fille, de leur accorder cette dernière en fiançailles. Une fois la promesse faite, cette fille est considérée" comiHne engagée avec le demandeur. Lorsqu'elle a atteint l’âge nubile, elle est remise à l'homme qui lui est destiné. On ne lui demande jamais son consentement: Il est très rare qu’un engagement de ce genre soit rompu.

Quelquefois le fiancé ne voit pas sa future avant le mariage, mais il contribue à son éducation et lui envoie de temps à autre des cadeaux en argent, des bijoux ou des morceaux de corail.

Après la conclusion du mariage, le mari est obligé de faire différents cadeaux aux parents de la femme; ce sont, par exemple tdes"mouchoirs de couleur, de grosses couvertures de coton blanc, de la vaisselle, des assiettes, des pots et des marmites en fer. À cette occasion, il doit aussi se pourvoir d'une grande quantité de spiritueux.

Quelquefois le futur fait amener dans sa famille, pour y être élevée par elle, la petite fille qui lui est promise; cela a généralement lieu à partir de la quatrième année de la future.

La promesse de donner en mariage des enfants qui viennent de naître est généralement faite lorsqu'il existe des obligations entre familles, par exemple, la servitude à laquelle l'une d'elles à été condamnée en cas d'empoisonnement, comme nous l'avons vu plus haut.

1 n’y a ni fête, ni musique, n1 danse, à l’occasion d'un mariage.

Lorsqu'un mariage est rompu, chacun retourne dans sa famille. I] arrive quelquefois que le divorce n'est pas autorisé ; alors l'homme et la femme sontmorcéscdenrestersensembhletebmdetreprendre dasmercommumne: Cela se produit naturellement lorsqu'il n'y a pas de griefs sérieux.

Labpolbommiemtestupenmise nelle sestimème tres fréquente :0 beducoup d'hommes ont trois ou quatre femmes, la plupart du temps très jeunes, car, une fois vieilles, elles sont souvent abandonnées. Il y a cependant un certain nombre d'individus qui se contentent d’une seule femme.

D'après M. Coster, toutes les femmes d’un individu habiteraient avec lui dans la même cabane. Parfois la jeune fille qu'il élève pour l’épouser plus tard demeure aussi avec lui. Une des femmes couche toujours avec l'homme dans son hamac, tandis que lies autres reposent dans le leur.

Ici, nous relevons une contradiction que les circonstances ne nous ont pas permis d'éclaircir en demandant de plus amples renseignements.

Un autre voyageur, en. effet, affirme que chaque femme habite avec ses enfants une hutte séparée.

Il est possible que chaque auteur fasse allusion à une région différente et dont les habitants n’ont pas les mêmes coutumes.

L'homme est tenu de fournir à sa femme des vêtements et des bijoux ; de son côté celle-ci doit suivre son mari partout, préparer les aliments, laver le linge et faire en général tous les travaux du ménage.

Lorsqu'un nègre quitte le village, soit pour aller assister à une fête, soit pour conduire des bois à la ville, il emmène toutes ses femmes avec lui. Elles ne restent dans le village qu'en cas de maladie. Le mari doit donner de l'argent à toutes ses femmes, chacune d'elles étant obligée de lui servir un de ses repas. Si l’homme possède assez de femmes, chacun de ceux-ci lui est présenté par une femme différente.

Lorsque l'homme rentre pour manger, la femme à laquelle incombe le soin de le servir place devant lui les calebasses contenant sa nourriture, puis elle s'éloigne sans dire un mot. Après que le mari a pris ce qui lui est nécessaire, elle vient reprendre le plat et l'emporte, pour partager ce qui reste avec ses enfants.

Cette manière de vivre fait naître de grandes jalousies parmi les femmes. Des disputes sanglantes se produisent souvent.

Les femmes sont extrêmement propres. Les assiettes ainsi que tous les ustensiles de ménage sont nettoyés avec le plus grand soin. Les repas sont préparés avec une propreté remarquable.

Aux époques des menstuation, "HesMemmestvermssent lenemmernNet quittent de suite l'habitation. Elles vont loger temporairement dans une hutte spéciale où se trouvent. des femmes dans Memneémenetan elesmabs tiennent -alors de paraître devantalesehomimesnet demarre REOHEMEUAME moindre travail. Aussitôt quelles Sont rétabhestetles tretoumnent chezmleur mari. Elles s’entourent alors les bras de rubans blancs; c'est l'indice de leur retour à l’état normal. Ceux-ci sont fabriqués avec les fibres de « l'Adroe » (Cyperus rotundus L.) et blanchis à la craie.

Quelquefois elles se barbouillent la tête et le cou avec de la couleur blanche avant de revenir.

Pendant l'absence des femmes indisposées, c'est une parente ou même une amie qui prépare les repas du mari aux frais de la malade. Ce service est toujours rendu à charge de revanche.

Les enfants, qui apprennent avec plaisir la musique et les danses,

assistent toujours aux fêtes.

Dès leur jeunesse, on enseigne aux enfants le respect qu'ils doivent

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