‹ Les habitants de SurinameChapitre 74 sur 117 · NÈGRES DES PLANTATIONS · texte numérisé non relu

NÈGRES DES PLANTATIONS

Ces nègres sont très noirs, mais on distingue facilement parmi eux plusieurs nuances; du temps de l'esclavage on remarquait que les plus foncés pouvaient être choisis comme les plus forts. Ils ont des cheveux noirs très crépus, les yeux brun clair, un nez aplati, des lèvres épaisses et les dents très blanches. Les malformations sont fort peu nombreuses : les estropiés noirs quon péut réncontrer ne doivent leur infirmité, dans la plupart des Cas} qu'a unraccident Mis Sont. donctbien its fémecneralisoureux, et

endurcis contre les fatigues corporelles et les intempéries du climat.

AU pointride vuerdu caractérence Sont demTsMenrantEendeSMtropiquesr insouciants, jouissant de la vie sans préoccupation, légers, bruyants, toujours en mouvement, tapageurs, mais sans cesser d'être bienveillants et d'ours.

La diminution si rapide de la population nègre a été attribuée au manque de soins médicaux, à la mauvaise nourriture des enfants et à l’alimentation tinmsutisantetdes Madultes eumponcpale Alimenetientes-Mnnenrer empruntée à la banane [Musa paradisiaca L.) et l’on sait qu'elle possède bien peu d'éléments nutritifs. Ils v ajoutent une espèce de morue qu on prend dans le golfe du Mexique, et qui, séchée, salée, puis mise en tonneau, peut être envoyée dans l'Amérique du Nord: de là ce poisson est réexpédié vers Suriname. D'ailleurs, ils pêchent eux-mêmes le poisson des rivières et des kréeks : dans les bois situés à côté des plantations, ils chassent le guibier sauvage ; enfin, ils élèvent certains animaux, pour en manger la chair, tels que cochons, canards, poulets, etc.

Ils cultivent aussi et utilisent différentes especes de micines Métiers,

les, nappis les vames 1e tbpormmetdemtenme denses ere

La partie des plantations où se trouvent les habitations des nègres a l'aspect, d'un village, dont les rues aumombre de den quateSescou pent à angles droits. Des deux côtés de chaque rue s'élèvent les maisons constrintes“enMbois. Chacunetesthabitéelparaunmeuseunte"mile s Mmamiespace

assez grand sépare les habitations entre elles.

170 L'ESMAADMANINS 2DÉEMSURINEANLE.

Depuis l'émancipation rien n’a été changé à l'aspect extémeurdences maisons ; le désir du luxe, qui est souvent la conséquence d'un état social meilleur, ne se fait pas encore sentir chez ces esclaves devenus libres depuis si peu de temps. Ce n’est point par pauvreté, loin de là, mais bien parce que leurs besoins sont très minimes: on peut dire, en effet, qu'au point de vue du bien-être matériel les nègres de Suriname sont, toute proportion gardée, bien plus favorisés que ne le sont, dans certains pays deutEurope:

beaucoup d'agriculteurs et d'ouvriers de fabriques.

Le dimanche, lorsque les habitants nègres des plantations sont habillés et parés, ils offrent un aspect pittoresque bien inattendu pour celui qui ne les a vus que dans la semaine, aux heures du travail. Les femmes surtout, avec leur costume national, paraissent charmantes. Elles portent toujours autour de la tête un mouchoir qu’elles appellent « anjisa » ; elles mettent aussi un châle aux couleurs multiples et voyantes, tantôt croisé sur la poitrine, tantôt néglisemment rejeté sur une épaule; quand ïl fait froid, il enveloppe le haut du corps et recouvre les bras.

Dans certaines occasions, ce châle sert aussi de berceau: attaché légèrement autour des hanches, il porte dans ses plis le nourrisson, qui, ainsi suspenduecut le dos desSatmeérminmitparsendormr doucement bercé,

D'une facon générale, nous dirons que Île costume des femmes de Surinamelest. tout ceuqu'il y a de mieux approprié au climat et à-feur facon dire A umpointdevuetparienhter ces mme sont bièntensavance sur les Européennes, car, autant que cela est possible, elles ne songent pas, en s habillant, à tourmenter la nature en rendant méconnaissables les formes dé, leurcorps:

Les nègres des plantations travaillent ou dans les champs, ou dans les fabriques.

Dans les plantations de cannes à sucre, leur travail consiste à abattre les arbres sur le sol que l’on a l'intention de cultiver, à faire des desséchements (à poldériser), à creuser des canaux, à labourer et à planter les terrains consacrés à cet usage, à enlever les broussailles et les mauvaises herbes en se faisant aider par les femmes, à couper et à rassembler les cannes à sucre pour les porter ensuite aux moulins.

Quand Îles nègres travaillent dans les fabriques, ils ont à broyer les

cannes et à leur faire subir toutes les autres préparations nécessaires: à ces

divers travaux, un homme gagne, par journée, environ un franc quatre-vingts centimes et une femme un franc quarante. Dans les plantations de cacao. le travail est moins fatigant pour les ouvriers nègres parce qu'ils se trouvent plus souvent à l'ombre des arbres.

Le samedi soir, lorsque la journée est finie, les travailleurs noirs des plantations se réunissent parfois devant l'habitation du directeur pour sy livrer à la danse. On éclaire ce bal en plein air en allumant un grand feu. des flammes brillantes illuminent tous les environs en projetant des lueurs étranges sur les corps des danseurs, dont les ombres s’agitent fantastiquementsurlensol: |

Il va de soi que la musique ne manque jamais à cette fête: l’orchestre est des plus simples : deux ou trois nègres frappent avec de petits bâtons sur une planche; ils sont accompagnés par quelques joueurs de tambours. Ces instruments sont formés de troncs d’arbres creusés sur lesquels on a tendu des peaux de bête.

Les femmes chantent toujours pendant l'exécution de cette musique et ne s'arrêtent qu'avec elle” £e chant est tréstmonotone souvent meélance, lique. Les paroles des chansons ont toujours une signification bien déterminée: ce sont des jeux de mots sur quelques événements récents, ou bien des allusions à des faits connus de tous; quelquefois d'amères ironies dites sur un ton plaintif; du reste, ces chants dépendent absolument des circonstances et de l’humeur des chanteuses. Ils sont souvent composés avec esprit, le « Nègre-anglais » étant très propre à fourmir des expressions courtes et énergiques.

Les mêmes mots et les mêmes notes sont quelquefois répétés pendant des heures entières sans un seul instant d'arrêt.

La danse appelée « Banja » est celle que préfèrent les femmes noires; elle est d’une nature tout à fait particulière; elle est si lente et si traînante que c’est à peine si on peut lui donner Îe nom de danse; le corps ne fait presque aucun mouvement, et l’on croirait parfois que l’on est en présence de statues animées plutôt que de danseuses vivantes.

De temps en temps un nègre se détache du groupe des spectateurs et se plaçant vis-à-vis d’une danseuse en la considérant attentivement, il s'applique à reproduire exactement tous ses mouvements; dès quil est fatigué, il cède

sa place à un autre; mais la danseuse est infatigable et elle épuise com-

plètement plusieurs danseurs.

Le)

Les hommes sont accoutrés d’une façon singulière : ils s'enveloppent les hanches avec des bandes d'étoffe rouge dont ils tiennent les deux bouts dans les mains, le corps penché en avant. Dans cette position ïls décrivent des cercles de plus en plus petits avec une rapidité véritablement étonnante. [ls portent une espèce de corne suspendue au cou; lorsque l'excitation a atteint son maximum, ils soufflent de temps en temps dans cet instrument pour lui faire produire un son qui tient le milieu entre le braiement de l'âne et le cm de la chouette.

Au moment où les cris et les chants deviennent le plus violents, une dizaine de tambours viennent ajouter leurs sons sourds à ce concert infernal; ces lamboure sont de grosseur inégale, et l'on frappe dessus latouride

Dras.

Les nègres sont très superstitieux; ainsi, par exemple, ils ne peuvent se tte Ce ttuune made Npoumeux, cle estime avumeempor Sonmement, 4 UN Sort jeté Où d une venpeance.

Béducouperoientumètre suprème qursouverneldle/Cieletdanterré ; les uns se le représentent sous la forme d'une étoile, les autres sous la forme d'un arbre ou d’un animal; quelques-uns voient cette divinité dans les phénomènes de Îa nature. Dans les districts des hauts plateaux et même jusque dans les environs de Paramaribo, les danses dites « des idoles » ont lieu sous un arbre appelé « Kankantri » (Bombax Ceiba, ou Eriodendron dnfracitosumn) Où tlarbrelätcoton o0yeuxs"s lesnésrestcroient que l'usage deNcetcoton prodtntladipretbons etes tophtilnnesmCetmanbré vénéré.des nègres a une forme extraordinaire ; ses branches croissent horizontalement. C'est un objet de vénération pour les nègres, et souvent, dans la forêt, on enlève les arbres qui l'entourent pour le conserver isolé : c’est sous son ombrage que les nègres célèbrent leurs fêtes religieuses. Un Hollandais, qui a résidé longtemps à Suriname, raconte qu'un jour une branche d'un de ces arbres qui se trouvaient sur une plantation vint à se casser et à barrer le chemin; pour l'en débarrasser toute la tribu noire accourut, mais ce ne fut pas sans difficulté qu'on put transporter la branche à la rivière, car chacun voulait la tenir, ne füt-ce que par une petite feuille.

Le gouvernement a essayé de dissiper ces grossières superstitions; mais les missionnaires moraves, après de nombreux efforts, n'ont obtenu que peu de résultats. Du reste, là comme ailleurs, qu'a-t-on fait quand on a réussi,

sinon mettre à la place des superstitions léguées par les ancêtres, des

croyances aussi peu acceptables d’une autre religion. C’est d’ailleurs le sentiment des nègres, lorsqu'ils disent qu’ils aiment mieux garder leurs idées religieuses que prendre celles des chrétiens qui ne les satisfont pas mieux.

Ils doivent cependant beaucoup aux missionnaires moraves, car ceux-ci ont fondé douze écoles hors de Paramaribo. Elles sont fréquentées par six cent soixante élèves ; mais le nombre de ceux-ci diminue de jour en jour parce que'‘les nègres se retirent de plus en plus vers les hautes régions où, naturellement, il n'existe pas d'école. Il est évident que les nègres qui abandonnent ainsi les basses terres retournent bien vite à leur indifférence naturelletentlait dimstrucuont:

Une École RS Mrs mmonares EenreconmatmdieMloin roms tbamcon dspécroueparnies bruits qu'éensorentaCe sontilesvoixclairestdes enfants, apprenant ou récitant leurs lecons, qui retentissent au loin.

Chaque école donne l'enseignement à un nombre d'enfants variant de cinquante là cent MinstaCeux-ci Wontupasade siènes: Hists'assoient sur le plancher sans aucun ordre en cachant leurs pieds sous leurs effets déchirés qui trahissent la pauvreté de leur famille. En lisant à haute voix dans le livre qui se trouve à terre devant eux, ils placent les mains sur leurs oreilles et penchent le haut du corps en avant; souvent, par espièglerie, et l'émulation s’y ajoutant, chaque écolier cherche à lire plus haut que son voisin afin de détruire l'harmonie et la mesure du chant. Ces écoles répondent bien au but pour léquel ellés ont été créées "Avec quelétonrementmies parente isnorants ne voient-ils pas leurs enfants lire, écrire et surtout calculer! Étant habitués à compter avec de petits bâtons sur lesquels ils font des croix et des coches, ils sont émerveillés à la vue de leurs enfants faisant des calculs

de tête.

NEGRES DES VMES

Par suite de leur aversion pour tout travail régulier, les nègres s’éloignent de plus en plus des plantations pour aller se fixer dans les hautes terres, ou à Paramaribo.

Cette émigration est une grande perte pour la colonie, car on doit payer très cher les travailleurs étrangers, tels que Chinois, Hindous ‘ou autres qu'on fait venir à grands frais pour tenir lieu des nègres. Mais les

planteurs sont bien forcés de se résigner à cette nécessité sous peine d’être

obligés d'abandonner leurs plantations. Là, comme partout ailleurs, le travail des champs est délaissé pour le séjour de la ville; Suriname, qui est une colonie de culture, se trouve par suite dans une position désastreuse. Les nègres qui viennent habiter Paramaribo sont perdus pour la culture; en effet, on ne peut songer à engager aucun travailleur dans la population de la ville.

Quant aux femmes créoles de Paramaribo elles sont domestiques, maraîchères, blanchisseuses, etc. Les femmes des marchés, appelées « wowoi missiles», forment uneseëspéce de corporation n1Onrneslest prend (pas,sen général, pour domestiques, parce qu'elles ont en elles un fonds d’indépendance qui les rend peu propres à servir dans l’intérieur des familles.

Ces femmes sont très fières lorsqu elles ont un blanc parmi leurs parents et plus elles ont de sang européen, plus elles sont orgueilleuses à l'égard de celles qui sont moins privilégiées. Il en est de même des hommes.

C’est cependant suivant un usage africain, conservé parmi les nègres, que les enfants sont nommés. Le choix du nom n'est pas arbitraire : tous lÉstémanteméemlemémedourmportentule méèmennoms: ‘celui-ci est-hixépar la tradition pour chaque jour de la semaine. Voici un tableau indiquant les

noms correspondant aux sept Jours :

JOURS GARÇONS FILLES Lundi Kojo, Adjoeba.

Mardi Kwamina, Abenita.

Mercredi Kwakoe, Akoeba.

Jeudi Jade, Jaba.

Vendredi Koffe, Affba.

Samedi Kwamina, Amba.

Dimanche Kwass1, Kwass1ba.

De deux jumeaux, le second s'appelle Dosoe, si c'est un garçon, et Angoti, si c'est une fille.

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