CHAPITRE PREMIER
avaient toujours pour théâtre la Seaiiie méridionale, où les silex ne sont pas rares. Dès que j’avais besoin d’une pierre à feu, je trouvais facilement une concrétipn siliceuse de la grosseur de deux poings ou au-dessous. Je cherchais ensuite un caillou de dimensions convenables, d’un granit ou d’un grès quartzcux à grain dur et serré. Au moyen de cette pierre, je fracturais mon silex en éclats plus ou moins minces, mais toujours à arêtes aiguës ; je choisissais l’éclat le plus propre à mon but; j’allais ensuite à la recherche d’un bloc de granit, j’y appuyais l’éclat de silex que je retenais de la main gauche, tandis que je maniais de la droite la pierre avec laquelle le travail avait lieu, et al^ moyen d’une arête ou d’une pointe de cette pierre, je cassais les rebords du silex jusqu’à ce qu’il prît la forme d’une pierre à feu. .Ma dernière tâche était de pratiquer de la même manière l’évidement destiné à recevoir la pointe delà vis. Une condition nécessaire était que le point du silex où portaient les coups, reposât en plein sur l’appui, sans cela le silex se brisait. Ce procédé, pour donner au moyen d’un quartz ou d’un grés quartzcux la forme désirée à un sile.\, fut la cause que je reconnus l’espèce de marteau de pierre dont les habitants primitifs de notre pays se servaient dans le travail de leurs instruments en silex. Le premier sur lequel se fixa mon attention fut celui qui est reproduit à la planche I, fig. 6. Il est d’un grès quartzeux très-dur, et portait, à l’époque de sa découverte dans le lac de Kranka en Scanie, des marques, aussi fraîches que si elles dataient du jour même, des
OBSERVATIONS GENÉHAI.ES. 2S
chocs qu’il avait reçus de la pierre dure et compacte contre laquelle il avait été frjq)pé. Il est actuellement au Musée de Lund, et l’on y peut voir encore les traces très-sensibles de la manière dont il a été employé.
Le besoin m’enseigna l’art; il en a été de même chez les premiers habitants de la Scandinavie. Ils ont taillé, par le moyen d’une pierre plus grande, avant de les polir, toutes leurs haches en silex, et parfois d’une manière singulièrement élégante (PI. VII, fig. 157). Ce procédé de confection se peut reconnaître sur tous les instruments en pierre. Si nous prenons, par c.\emple, le hameçon, planche II, fig. 28, on voit que l’artisan l’a d’abord séparé, sous forme d’éclat, d’un rognon de silex, qu’il l’a ensuite tenu contre un appui solide, et a taillé chaque côté séparément. Son premier soin fut sans doute de pratiquer l’évidement destiné à former le crochet; c’était la partie la plus délicate du travail, car s’il ne prenait suffisanunent garde que le point sur lequel il frappait se trouvât en plein sur la pierre d’appui, l’hameçon se brisait à l’inslanl. C’est de la même manière qu’avec des lamelles de silex il fabriquait ses flèches à tranchant transversal (PI. Il, lig. 30, 37), en divisant premièrement l’éclat en deux par le travei s, puis en taillant chaque fragment séparément ; c’est encore par le même procédé qu’il façonnait la queue de ses flèches.
Par contre, les tranchants des javelines, des lances et des couteaux (PI. III et V), ont été faits à main franche, et sans appui. Quoique je ne puisse me vanter de pouvoir façonner un couteau en silex supérieur