‹ Les habitants primitifs de la Scandinavie essai d'ethnographie compareeChapitre 9 sur 156 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

le silex, de matiif're à le pouvoir travailler comme du bois ou des matières encore plus tendres, et qu’on lui pouvait donner de la sorte toutes les formes que l'on désirait. On trouve même des divagations de ce genre dans d'anciens ouvrages d’archéologie. Lorsque, l’on eut entin compris que cela était impossible, on supposa que les ouvriers qui avaient travaillé le silex de ces armes nu de ces instruments d’une facture si parfaite et parfois munis de remarquables détails d’ornementation s’étaient du moins servis d’outils en acier; mais celte erreur, qui, dit-on, n’a pas encore entièrement disparu, empêchant non-seulement une classification correcte des antiquités, mais encore une idée vraie du degré de culture du peuple auquel on les doit, je crois devoir m’inscrire positivement en fau.x à sou égard. Nous pouvons montrer en Suède des couteaux de silex d’un travail exquis et d’autres instruments découverts dans les tombeaux mégalithiques ou à galerie {f/anfjf/nfler) de la Vestrogothie, qui appartiennent à une époque remontant bien au-delà de celle où commenta l’usage d’un métal quelconque et surtout de l’acier. Cela peut servir de preuve irréfutable que CCS objets en silex, quelle que soit leur élégance, n’ont pas été faits avec un outil d’une autre matière que la pierre. 11 faut donc chercher cet outil parmi les antiquités en pierre.

Depuis l’époque, quaranteans àpeu près nous en séparent, où j’ai commencé à rassembh'r des antiquités, j’ai rencontré plus d’une pierre qui paraissait évidemment façonnée pour un usagé spécial par la main de

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l'homme, et qui portait des traces sensibles de chocs contre une pierre d’égale dureté, mais plus cassante. Si j’ai pu reconnaître dans ces objets les outils au moyen desquels se fabriquaient les armes en pierre de l’antiquité, c’est que je m’étais habitué, dés ma première jeunesse, h travailler le silex et à lui donner la forme que je voulais.

Le lecteur me permettra de mentionner ici les résultats d’une expérience personnelle de plusieurs années, d’autant plus qu’accidentellernent j’ai été, autant que je le sache, le premier qui ait montré l’outil de pierre servant à la confection des objets en silex, et l’on attachera sans doute une certaine importance à connaître cet instrument pour se faire une juste idée du degré de culture du peuple auquel ils doivent leur origine. Je prends donc la liberté de raconter la manière dont je suis parvenu à cette connaissance.

J’ai eu, dès les premières années de ma jeunesse, un goût irrésistible pour la chasse, et je me suis servi pendant plus de vingt ans d’un fusil à batterie à silex. Je n’achetais jamais mes pierres à feù, d’autant plus que j’avais, comme enfant, un petit fusil de chassé auquel ne s’adaptait aucun silex du commerce. La vis qui retenait la pierre, était en particulier coustruitc de telle sorte qu’il me fallait pratiquer préalablement à l’arrière du silex une concavité hémisphérique destinée à recevoir la pointe de la vis. Pour cette rais<jn je fabriquais toujours moi-méme mon silex pour l’occasion , le plus souvent loi-sque j’étais dans une de mes excursions de chasseur, lesquelles, dans ma jeunesse.

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