CHAPITRE CINOIUÈME
fractura pas, dénote que le javelot avait été lancé avec une force extraordinaire et que le coup n’avait pas été porté comme avec une arme d’hast, car dans ce dernier cas les os auraient nécessairement été fracturés. L’on peut s’étonner à juste litre qu’une pointe .d’os ait pu, comme l’on dit vulgajrement, faire balle à travci-s un autre os et y produire un trou rond sans que l’os percéen ait été fèléou fracturé., Cette circonstance semble autoriser la supposition que le sauvage primitif de la Scandinavie connaissait déjà le moyen dont les sauvages de nos jours se servent encore pour donner à leurs armes de jet la vitesse et la force nécessaires. L’Esquimau du Groenland emplpie une palette étroite munie d’une rainure longitudinale, au milieu de laquelle est fixée une cheville de bois amincie en pointe, dirigée obliquement en avant; à peu près au milieu de la hampede la lance est un trou ayant lamèine direction que la cheville et dans lequel celte dernièi'e entre. Lorsqu'il veut jeter sa lance, le Groënlandais tient la palette le long de l’avant-bras, qu'il peutplier jusqu’à lui donner une position horizontale; il détend subitement le bras, retient la palette dans sa main, et l’arme voie en sifflant à travers l’air avec une rapidité qui semble presque tenir du prodige. O fait m’a été conté par des témoins oculaires (1).
(I) Le sauva)te tlü la Nouvelle-Hollande possède une palette à peu près identique ; à l’eitréraité posit'ricure de t'enqin est un rrocliet pointu diripé en avant, eutrant dans un. trou pratiqué .A l'eitièmité rorrespoodaute de la longue lance. L’arme lancée de la sorte, vole vois le but avec'unc étonnante rapidité. ■ ’
Les indigènes de la Noiivellt-Lalédouie. de la Nouvelle Zélande, etc..
ARMES I>E GUEREE.
Le procédé d’emmanchure que je viens de décrire et dont j’ai donné le dessin planche XI, figure 21 2^ explique facilement comment la pointe du javelot a pu rester entière dans le crâne ; le choc de l’arme lancée avec force et pénétrant dans un corps dur brisa la hampe à l’endroit où elle était le plus mince’ et le plus faible, c’est-à-dire à son point d’attache avec le stylet.
Si les sauvages de la Scandinavie ont eu un instrument qui leur servait à augmenter la vitesse de leurs armes de jet, cet instrument a dû être d’une matière que le temps a détruite, de sorte que nous ne pouvons guère nous attendre à le retrouver. Mais l’effet de leurs armes de jet appartenant au type actuellement en question, nous permet de supposer avec une grande probabilité qu’ils étaient aussi en possession d’un engin de ce genre.
11 est remarquable que des javelots identiques à celui décrit ci-dessus se retrouvent chez quelques peuples demi-sauvages qui appartiennent à une autre partie du monde que la Scandinavie. Lorsque dans le septième livre de son histoire, Hérodote décrit l’armement des divers, peuples dont se composait l’armée
Demplüieut pasi!e palette; ils lancent leurs javelots au moyen iTun instrument qu’ils nomment sipp: c’est une courroie tordue et très-courte se terminant en un œillet destiné à recevoir Tindex ; l’on passe ce lien au milieu de la hampt*, que l'on met en vibration avant de la lâcher; au moment opportun , l’arme part avec rapidité et atteint toujours le but.
C'est un fait remarquable que les Humains aussi possédaient un instrument de et* Kcnre pour donner une (rrande vitesse à leurs javelines. C’était une courroie qu'ils oomwaient Atnetititm {E/teide, IX, HbS.j