CHAPITRE CINQUIÈME
conduite par Xercès contre les républiques grecques, il mentionne, au chapitre LXIX, les Éthiopiens, peuple si grossierque leurs armes, comme celles des sauvages de la Scandinavie, n’étaient que de pierre et d’os, lis étaient vêtus de peaux de bêtes ; ils avaient de longs ‘arcs faits avec la nervure centrale des feuilles de palmier; leurs flèches étaient des roseaux armés de pointes de silex taillées, et leurs lances se terminaient par une corne effilée de gazelle. On voit que nos sauvages étaient armés précisément de la même manière, sauf les modifications provenant de la différence du climat.
Dans la scène de meurtre où les sauvages de Tygelsjo employèrent comme Javelot la pointe d’os précitée, ils se servirent aussi, pour le même usage, de pointes de silex. On en trouva plusieurs, lês unes entières, d’autres brisées, gisant parmi les squelettes au milieu desquels on découvrit le crâne percé par le javelot .
J’ai dit plus haut que la pointe d’os était entrée dans le crâne près de l’angle formé par les sutures sagittale et coronale, par conséquent au sommet de la calotte. On en peut inférer que la victime était couchée lors de l’attaque, qui avait sans doute eu lieu pendant la nuit, et venait du fait d’une horde de sauvages. Les pointes de lances de silex tant entières que brisées, trouvées parmi les squelettes et qui, sans doute, avaient servi dans cette surprise nocturne, montrent que les sauvages étaient en nombre.
Les sauvages, après avoir perpétré cet acte de meur-
INDIENS ET ESOÜIHAIX.
tre, 8C seront retirés en laissant aux colons survivants la triste tâche d’enterrer les morts selon leurs rites. ,
Des scènes de meurtre analogues à celle esquissée ici entre les aborigènes Sauvages du pays et les premiers colons de la Scandinavie, se reproduisent de nos jours encore en Amérique ontie les sauvages et les Européens qui détruisent leurs territoires de chasse. Mais, entre sauvages de races différentes, ces scènes de destruction sont encore plus affreuses.- Les Indiens de l’Amérique du Nord en ont donné de terribles exemples à l’égard des Esquimaux. Je vais en citer ici une preuve de nature, en outre, à éclaircir plusieurs passages de nos sagas primitives. Elle montre aussi que le sauvage américain attaque .ses victimes dans leur sommeil à l’instar de ce qui parait s’être passé à Tygelsjô.
Cette preuve m’est fournie par le Voyage de Heanie dans f Amérique du Nord (1). L’on verra dans les extraits, du idoins, que J’emprunte à cet auteur la haine d’une race sauvage décrite dans toutes ses horreurs par un témoin oculaire.
Dans le but d’explorer jusqu’à son embouchure la. rivière des mines de cuivre (Co/ipermine Hiver), Hearne s’était joint à une troupe A' Indiens adirés {^Copper Indians) et descendait avec eux les rives du fleuve. Ces Indiens, appartenant à la race américaine ou cuivrée, sont souvent de haute stature et doués d’une
(1) .A Journée [l'ouï of Priiic€*s foi't to the uoriher/t Oct'un , bÿ
Stim. Hearne. London, ITOIî, m-4.
CHAI'ITHF. aNOLlKMF.