‹ Les habitants primitifs de la Scandinavie essai d'ethnographie compareeChapitre 108 sur 156 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

rimaffc (lu soleil, les autres de celle de la lune ; quelques-uns l’ornèrenl de la représentation de bêles féroces et d’oiseaux deprbie, et plusieurs d’images d’êtres (|ui, suivant leurs idées naïves, habitent les divers éléments : la terre, l’eau, l’air, etc. Je leur demandai la raison de tout cela , et j’àppris que chacun d'eux peignait sur son bouclier l’image de l’être en lequel il avait le plus île confiance pour le succès de l’expédition. Certains se contentaient d’une seule figure; d’autres, par contre, hésitant, je le suppose, sur la vertu ou la puissance d’un être quelconque , avaient leurs boucliers recouverts jusqu’aux bords d’hiéroglyphes inconipréliensibles pour d’auti’cs que le peintre luimême. La hâte avec laquelle cette opération devait jxvoir lien, le manque de toute espèce de iioulcur. à l’exception du rouge et du noir, le manque surtout d’habileté chez l’artiste . tout cela fit que la plupart des peintures avaient plntêt l’air de taches accidentelles que de quelque chUse qui se trouve sur la terre, dans l’eau ou sous la terre, et quoique quelques-unes de ces peintures donnassent une idée approximative de ce qu’elles étaient censt'ïes représenter, elles étaient toutefois infiniment au-dessous des peintures d’enseignes provinciales que Ton voit partout en Angleterre.

« Cet acte de superstition dûment accompli, nous commençâmes notre marche contre les tentes des Esquimaux tout on évitant soigneusement de gravir les collines ou de parler afin de n’être ni vus ni entendus des habitants de ces tentes. Non-seulement cela rendit la distance plus grande qu’elle ne l’eût été d’ailleurs,

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mais encurc atiu de nous tenir dans les dépressions de terrain, nous dûmes traverser d’afTreu.v marais d’une argile marneuse tenace, dans laquelle nous enfoncions parfois jusqu’aux genoux.

« Je dois, faire observer que ma société, quoique composée d’un ramassis de vagabonds, nullement accoutumés à la discipline militaire, agissait évidemment dans cette horrible entreprise avec la plus giaiide conformité de pensées et de vues. L’on ne pouvait remarquer parmi eux la moindre différence d’opinion. 'Tous étaient unis en vue du but commun, et tous paraissaient tout aussi disposés k suivre .Matonabbee partout où il les conduirait, que ce dernier à suivre les directions du vieil Indien cuivré que nous avions rencontré k notre arrivée au bord de la rivière où cette sanglante entreprise fut pour la pienùére fois discutée.

« Jamais l’intérêt commun ai’a été partagé ni compris plus généralement par une réunion d'individus qu’à cette occasion par le parti dont j’étais entouré. ' car personne ne mampia un instant de ce dont un membre- pouvait se passer; et si jamais uiu\amitié désintéressée a ouvert le conir d’un Indien du Nord, a> fut bien k celte occasion -ci ; tout droit de propriété privée cessa pour ce qui pouvait être d’utilité générale et chacun possédaut quelque chose de ce genre semblait fier de pouvoir le donner ou le prêter à ceux qui n’avaient ricu ou qui se trouvaient avoir le plus besoin de l’objet désiré.

<( Le nombre de mes compagnons était de beaucoup supérieurk celui des individus que pouvaient contenir

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