INSTINCT D’EXTERMINATION
ci-dessus, (|ùi ont eu lieu entre deux peuples sauvages de races et de tribus si différentes. 11 est évident que le fanatisme l'eligieux entrait pour beaucoup dans la rage féroce des Indiens contre les Esquimaux, qu’ils regardaient comme sorciers. Le fait qu’avant- le massacre chacun avait peint son dieu ou ses dieux sur son bouclier, prouve qu’ils attendaient d’eux la victoire. La cérémonie sur la colline est une seconde preuve de ce fait (1).
Il est parfaitement clair que des actions et des victoires comme celles décrites plus haTit, ont dû donner naissance à des récits dans lesquels le dieu des Indiens, de quelque nom qu’il se nomme, est représenté comme le tueur des sorciers, le destructeur et l’exterminateur du peuple des habitations souterraines (2), etc., et que ces récits passant en héritage de génération en génération, se chargent dans la suite des temps d’adjonctions toujours plus merveilleuses. Supposbns un instant que ni la civilisation ni la langue écrite des Européens u’aient pénétré en Amérique, et que les sauvages aient seuls le soin de perpétuer le .souvenir de ces faits par des récits oraux, les poètes populaires, car les nomades à moitié sauvages ont aussi leurs bardes, leur donneront une forme poétique. Si alors, après des siècleç, même peut-être avant, et dès (prune certaine civilisation aura pris pied chez les
^1) l.ii t rivtiionie tlo In purififatiuii npivs la balnillo rap|>ell<> la piiiilionlMin îles Juifs apvus qu'ils «riiiviit huUii li^MoaUites. x.xxi.
(2) Ou a \u prm’dtuitiiMMil qiir Ips hal>itations iI'Iumt <I(s Ksipiim.-iiii •ont (les os|Kres lie trous ou de lamiièn*s rvrouvertes de liu’iv.
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Indiens, les sagas et les chants des temps {^nciens sont mis par écrit, la description de ces événements paraîtra tout aussi extraordinaire et tout aussi merveilleuse que nos sagas et nos chants poétiques les plus fabuleux (i).
Lisons maintenant, sans opinions préconçues et en tenant compte du raisonnement ci-dessus, les plus anciennes sagas de la Suède décrivant la manière dont les Nains, les Trolls (sorciers), les Jotnur (géants) et d’autres ennemis des peuples auxquels on doit lesdites sagas, furent soit battus en masse et exterminés par le dieu de ces peuples, soit poursuivis jusque dans leurs tannières et détruits ep détail à coups de haches, au moyen de flèches chauffées à blanc, etc. Ne seronsnous pas amenés à reconnaître dans ces souvenirs des temps primitifs, entre les plus anciens sauvages et les races un peu plus civilisées de la Scandinavie, des relations hosfîles identiques à celles décrites par Hearne et d’autres auteurs entre différentes races sauvages actuelles de l’Amérique?
Mais quelque forte que soit cette haine de race entre peupiçs sauvages et par conséquent aussi entre les différentes races américaines, elle ne se trahit toutefois nulle part d'une façon si amèrement méprisante et si destructive, sans raisons visibles, qu’entre les races les plus fortes, susceptibles d’une civilisation supérieure.
(I) Et tl.’uis la suite desteiiips^ cerlaiiis historieus assureraient-
ils à leurs roiit«uii)>orniu)i et à la postérité que toutes ces sagas et tous ces « liants «le rniiti(fuité‘ ne sont que tl«>s jeux (rimairinatioii , des in%thes. «le-i allégories, qui ne s«^nt fon«l«*'« sur rien de réel.