‹ Les habitants primitifs de la Scandinavie essai d'ethnographie compareeChapitre 112 sur 156 · INSTINCT D EXTERMINATION · texte numérisé non relu

INSTINCT D EXTERMINATION

et les races polaires de l’Àmérique et de l’Europe, si maltraitées par la nature au double point de vue physique et intellectuel (1), rqces qui ont été inflniment plus répandues qu’elles ne le sont actuellement dans ces deux parties du monde, et qui probablement. ont été détruites dans bien des endroits par suite de cette haine' aveugle.

Nous venons de voir avec quelle férocité les Indiens cuivrés massacrent sans cause les Esquimaux. Nous retrouvons la même férocité pleine de -mépris contre le même peuple inoffensif chez les Islandais qui au dixième siècle découvrirent le Yinland (côte orientale de l’Amérique du Nordéntre 40-42° lat. N.). 11 est raconté (Anliç. amér., page 42) que, lorsque Thorvald et ses compagnons abordèrent dans cette contrée, « ils aperçurent trois tumulus sur la plage, au-delà d’une pointe de terre; allant do ce côté, ils virent trois bateaux et trois hommes {Skrae- Hngar) (2), sous chacun des tumulus. Alors ils partagèrent les hommes de leur suite et saisirent les sauvages à l'exception d’un seul qui eut le temps de s’enfuir avec son bateau. Ils luèrenfles huit autres, puis s’en retournèrent à la pointe de terre. De là ils virent quelques tumulus ou monticules dans l’intérieur du golfe, et supposèrent que c’étaient des habitations, etc. »

On voit par là que la famille gothique de la race

(1) Il eu a «ins doute été de meme en Asie.

(2) Les Skiwlimjiir sont des Esquimaux {Skraelimj, pypmée, liomme failde et rla^tif. — Eu suédois Skral, faible, maladif, etc.)

aiAmruc cinquième.

caucasicnho avait au dixième siècle le même pencliant, que de nos jours les tribus indiennes de la race américaine, à surprendre les Esquimaux inoffensifs et à les massacrer sans cause. La même rage de destruction contre la race naine (les Lapons) de l’Europe, contre Jes Skraelinyar de l’-Amérique, est exprimée en traits vigoureux et positifs dans nos sagas primitives. Pourquoi cet instinct d’extermination, implanté, cofnme il le sembleraiL par la nature? Le paragraphe du Code de la Création qui ordonnne que tout ce qu^il y a d’inférieur doit, -une fois son but rempli, disparaître pour faire place à quelque chose de meilleur, ce paragraphe aurait-il son application aux différentes races de l’espèce humaine? — Celte matière est bien digne de l’intérêt et des méditations du penseur et du philo- * sophe.

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