I.ts «NAINS KTAIKNT KKS LAI’ÜNS. ià
voir <>(. munis d'une lar^'c bouche; ils habitaient par I'hiiiilles desÿ«w/»ïM/ (tentes),des>Dchers,des cavités dans la len e. Ifs étiiieut xjleurs, adroits des inaius et, parilcssus fout, on les croyait sorciei's et doués du pouvoir de coininuniipier des qualités ma^îMjues à leurs ouvrîmes.
Toutes ces choses sont parfaitement coiiforiues aux i(lées que les populations de race f.'othique, établies au milieu des Lapons, se font encore aujourd'hui dcc es derniei’s. L'ensemble de ces diverses raisons suftira, je l’espeiv du moins, à prou\cr que les naiiix de la sHfia sont des hommes appartenant à la race polaire des lapons; mais l'examen, des sag^as et des traditions populaires parait en outre démonti'er qu’au temps où la plupart d’entre elles se Curmèreiit, c’est-à-dire à l’époque du dernier envahissement de la race gothique, la race laponne avait déjà depuis longtemps cessé de constituer un peuple dans la Scandinavie méridionale, et qu’elle habitait alors,- [mr familles ëpar.-es, les profondeurs des forêts primitives.
La tradition suivante, racontée encore eu Scaiiie, laisse présumer que les nains épare dans le pays se sei vaient d’outils de pierre, même après l’aiTivée d’un peuple plus civilisé : « Un paysan, qui était allé chercher ses chevaux dans la foirt, erra presque toute la journée sans les trouver. Arrivé vers le soir, dans une localité qu’il ii’avait jamais visitée auparavant, il i-encontra un nain occupé à un travail domestique. Celui-ci, apercevant le paysan près de lui, eu fut si effrayé qu’il jela immédiatement ses outils et s’enfuit à toutes jambes. Le paysan, se rendant à l’eiidroit où le nain tra-
Di- : by Gou^le
CHAmUE SIXIÈME.
vaillait, y trouva uue hache, uu ciseau et d’autres outils, qui toutefois étaient sans valeur pour lui, car le nain, avant de s enfuir, les avait tous changés eu pierre. »
Cette tradition est d’une fidélité trop naturelle pour nepasétrerexpression d'un fait réel. On me la raconta pour la première fois dans un district de la Scanie, et je l’ai entendue ensuite dans plusieurs autres localités de cette même province. Elle reproduit eu entier l’opinion que la race gothique se faisait des membres épars de la race des nains, savoir ; que les nains travaillaient comme d’autres hommes, et qu’ils avaient des besoins humains à satisfaire; qu’ils s’enfuyaient à la vue d’un homme d’une autre race ; qu’ils possédaient le don d’éblouir la vue par leurs enchantements, et celui de se changer eu.v-inènies et de changer d’autres objets en tout ce qu’ils voulaient, c’est-à-dire, en un mot. qu’ils étaient sorciers.
Chacun comprendra, du reste, que les outils du nain ne s’étaient pas métamorphosés en pierre comme le ci'oyait le paysan, mais qu’ils étaient vraiment de pierre.
Nous avons vu plus haut que des amulettes de pierre étaient encore en usage chez les populations de la Scandinavie, de l’Ecosse et de l’Irlande. Le christianisme a, pendant les dix. siècles de son existence eu Suède, naturellement balayé la majeure partie des vieilles superstitions païennes; pai' conséquent, l’usage des amulettes de pierre était jadis beaucoup plus fréquent qu’il ne l’est de nos jours (f).
^l) Uï* restes d« paganisme se sont perpétués üaus plusieurs cou-
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AMULETTKS UE PIERKE.
iNos anciennes sagas nous fournissent la preuve de ce fait. Il y est parlé de pierres de rie {lif-slenar), de pierres de cietoire {segei-stemr), etc., que les guerrici-s gollis portaient sur eu.\ au combat afiu d’obtenir la victoire. La saga de Didrik de Bern raconte (ch. 2b)
tumeü des populations rie la rainpagne en Suède. (Jomuic ces roulunies sont parfaitement iiinorentes et nullement en opposition n\ec l’esprit du christianisnie, idles ne sont l’objet d’aiirun bWine de l.i part des institiitenrs |wpulaires laïques ou ecclésiastiques, qui ne cherchent point Mes détruire. Elles sont d’un grand intérêt |Xiur l’historien et pour l’c)ploratenr,romme débris d’un édifice religieux renveisié il y a dix siècles, et peuvent apprendre bien des choses sur lesquelles l'histoii-e se tait, (àr serait une entreprise h la fois intérèssante et féconile eti résultats, que de recueillir et de rasseuiblei' tous les restes , conservés au milieu . des populations actuelles, des coutumes qui ont leur racine dons le paganisme, tjue l’on me permette d’apporter ici une légèiv contribution è une collection île ce genre.
Dans la Suède méridionale, le voyageur aperçoit de temps à aiitiv, au bord des chemins, un petit tas de pierre de faibles <liinensions, et tout auprès une croix de bois avec un écriteau indiquant que a péri là par accident. Caî |(etit tas de pierres est le nmiulus antique snéilois {stenkummel, monceau de. pierres), à côté duquel le christianisme a planté sa croix.
Je me souviens combien de fois dans ma Jeunesse j’ai été étonné en voyant des vieillai-ds ne jamais passer devant ces endroits avant de s’elrr^ munis d’une pierre et de l'avoir jetée sur le tas. A défaut de pierre, ils y jetaient fles branches, des moroeauv de bois, ce qu’ils pouvaient trouver, cor le cumulus «levait étiv augmenté [lar quelque chose, c’était considéré comme un ilevoir sacré'. Pourqnoiî ils l’ignoraient. Ils répondaient h mes questions (|ue celui ipii négligeait ce devoir n’avait pas de bonheur. Cette coutume toinlte actueilement en di'-suétude.
Ne pourrait-on pas inférer, avec raison, que cette coutume, i|iii a fort diminué pendant les cinquante à soixante dernières années, était bien mieux suivie il y a un ou deux siècles, et qu’elle était scrupuleusement observée dans les temps païens ? El ne serait-on pas autorisé à admettiv avec pleine certitude que les grands amas de pierre rie l'éfroque païenne, dont la plupart se trouvaient sans doute près ries chemins et ries voies publiques, ii’ont pas été formés en une seide fois, mais qu’ils ont été successivement augmentés par les passants? Je me rap|>ellc avoir lu quelque part que c’était censé rendre bonimage au défunt que d’augmenter son cumulus.
CHAPITHK SIXIÉ.MK.
itill
(|uo le ix)i Niduug rassembla une grande année avec laquelle il marcha coutre reniiemi: Il était à une juurnée de distance de l'ai'mée adverse et s'attendait à livrer bataille le jour suivant. II s’aperçut toutefois vei-s le soir qu’il avait oublié sa - « pierre de victoire » . — «Cette pierre avait passé en héritage de père eu fils dans sa famille , et elle possédait la vertu de donner toujours la victoire à celui qui la portait. » Le roi craiguit de j»erdi-e la bataille s’il n’avait pas sa pierre sur lui, d'autant que son armée était inférieure en nombre à celle de l'ennemi. Il promit, par conséquent, sa (ille et le tiers de son royaume à celui qui lui pourrait apporter cette amulette avant la bataille. L’armurier Valent alla à cheval chercher la pierre ; le roi engagea ensuite la bataille et la gagna.
Le chapitre 96 de la même saga contient à cet égard un Técit encore plus détaillé. Ditlev, jeuue guerrier de Tuinatorp en Scanie (1) eut a soutenir un combat singulier contre un vieux guerrier du nom de Sigurd. Vei-s le soir, Sigurd, harassé et saignant d’une blessure, s’aperçut qu’il avait oublié sa pierre de victoire dans son domicile. II invita Ditlev à venir passer la nuit chez lui, afin de continuer le combat le jour suivant. Ditlev y fit la connaissance de Gunhild, fille de Sigurd, et iis se prireut bientôt d’amour l’uii pour l’autre. Le vieux Sigurd s’était hâté à son retour « de s’attacher la pierre de viètoire au col » , mais ayant trop bu pendant la soirée, il passa la nuit dans un sommeil pesant.
M) Arliielleiiieiil Tonicnip cm Toniai p, kiiuple villafro pBi-oissi.nl, .niiiii-no lie Gladsax , mais jadis ville de coimiicivc cuDsidénilde.
A.MULKTTES DK PIERRK.
Gunhild vola alors l'amulette à son père et la donna à son amant. Le combat ayant été repris le jour suivant, Sigurd recul trois blessures et dut s’avouer vaincu.
Ces deux récits nous montrent : .1° que les amulettes portées par les guerriers étaient de pierre; 2° qu’elles se portaient au cou au moyen d’une attacln* ou d’une courroie. Le musée des antiquités de Stockholm possède deux amulettes de cegenré, probablement portées jadis par nos aïeux de race gothique. Le fait même que ces objets magiques étaient en pierre, fait supposer qu'ils venaient de la race magique des nains, qui se servait d’instruments de pierre; un simple examen nous le fera facilement reconnaître. Nous avons ,vu ces objets magiques parmi les instruments de pierre décrits au chapitre 1". L’un d’entre eux est un percuteur pareil à celui qui est reproduit planche I. figure 8; la seule différence est que la cannelure a été munie d’une bande de fer, en grande partie détruite par la rouille, et d’une boucle du même métal, dans laquelle on passait l’attache. On voit au même musée un autre percuteur qui, d’après les données de M. le pasteur Ekdahl, a été, ainsi qu’une épée de fer, trouvée par lui dans une sépulture antique de la Suède septentrionale. Ces objets ont sans doute appartenu à un individu d’une race qui se servait de fer, et la pierre en question était probablement son amulette de combat. I..a seconde amulette, qui vient d’un tumulus de la Scanie, est conservée au musée de Lund dans mon ancienne colleetion archéologique. Elle ressemble aux
CHAPITHK SIXIÉMK.
rondelles reprôduiles planche IX, figures 197, 198, 199. Elle porte sur le pourtour une légende runiquc que le savant Fhm Magnusen a déchiffrée. 11 a trouvé que celte pierre avait été consacrée dans un lieu saint {Wi, temple païen ou lieu de sacrifice), et qu'elle devait être conservée comme une amulette dé bonheur. D’autres personnes ont douté toutefois que ces traits fussent des runes.
J’ai cru devoir citer ces différents faits pour montrer qu’à une époque relativement récente, on attribuait une vertu magique aux instruments de pierre que l’on croyait avoir appartenu à la race magique des nains. J’ai déjà cité plusieurs e.\emples, empruntés tant à nos sagas qu’à nos traditions populaires, comme preuves que cette race des nains était censée sorcière et douée d’un pouvoir nuisible ou bienfaisant. Entre autres facultés on lui attribuait celle de se rendre invisible. Nos contes populaires et ceux du Danemark parlent souvent des Trolls (I) qui assistaient invisibles aux noces et y mangeaient le repas destiné aux invités. Dans le voisinage du Romcicklint (chaîne de collines de la Scanie centrale) l’on a une foule de récits sur les naiiïsqui hàbitaieut Jadis cette région accidentée. On raconte que chaque fois que la cloche de l’office soiinait au domaine voisin de Heckebei^a, les Trolls y accouraient et volaient toute la nourriture préparée
(H .Nom (loiint* parfois nu\ Uveiys uu nniiiü. Il parait toutefois a\oit- Hiuiiitlê. en i:êu»*ral. Imis les |M*iiples «jùi frappnrteiiaicnl pas à la rare lies Menrs (Am'S) mi «les (ioths. l.es Tntlh {thivl % serf) |Kiii\nteiil doiii' rire tout aussi liieii <le<« géants) tpie des nains, tpioiipie la dèiiu-
iiiiuatitM) sapplitpiAt plus spêeiaieineiit à res ■terniei'^.