‹ Les habitants primitifs de la Scandinavie essai d'ethnographie compareeChapitre 120 sur 156 · LAPONS KT SORCIERS · texte numérisé non relu

LAPONS KT SORCIERS

pour la journée. Comme cela se répétait chaque jour, les maîtres du domaine tombèrent à la (in dans une extrême pauvreté.

Sturleson rapporte une histoire toute pareille dans ses Sagas royales (Konuuga-sagor, I, p. 79) : Le roi Hairdan le noir (Halfdansvarte) s’étant rendu pour les l'êtes dans le Hadeland en Norvège, la veille de Noël, pendant que l’on était à table et qu’une foule de gens se trouvaient rassemblés, il advint que tout . ce qu’il y avait sur la table, mets et boissons, disparut subitement. Tous .les convives s’en retournèrent chez eux, et le roi, fort attristé, resta seul dans In salle du festin.

Voulant savoir qui lui avait joué ce mauvais tour, le roi (It saisir un Finnois (c’est-à-dire un Lapon) fort expert en sorcellerie, et le fit torturer de plusieurs façons pour le forcer à dire la vérité, mais il n’avoua riefi. Après cela le Lapon s’enfuit, accompagné du fils du roi, Harald, âgé de 10 ans. En chemin ils arrivèi-enl chez un chef (sans doute un chef lapon) où ils furent bien reçus, et où ils séjournèrent jusqu’au printemps. Un jour le chef dit à Harald : «Ton père fut très-irrité de ce que je lui enlevai de la nourriture au commencement de l'hiver. Mais maintenant je vais te dire une bonne nouvelle : Ton père est mort; tu peux donc retourner chez toi sans crainte et prendre possession du royaume qui lui appartenait ; en outre, un jour, toute la Norvège te sera soumise. »

.\insi c’était le chef lapon qui, avec l’aide d’un subordonné, avait enlevé par ses sortilèges les mets

Oifiiii

(lu festin de IS'(m* 1. OUe saga et soiv dénouement expliquent parfaitement la sorcellerie du Romeleklinl. hes .vorre//e/v>.v identiques, qui toutefois portent de nos jours un nom plus vulgaire, ont asser. souvent lieu, dit-on, au détriment des Norvégiens qui habitent dans le voisinage des régions alpestres où les Lajtons font pattre leurs rennes. Les Lapons, du moins nne certaine partie d’entre eux, ont, coinmejadis, la réputation d’ôtre. voleurs, rusés et adonnés à la sorcellerie. Ce (|ue les sagas et les traditions populaires disent des. Finuo'ui (Lapons), des nains et des Trolls, se dit encore aujourd’hui dans la Norvège septentrionale des populations laponnes du Finnmark. La loca)ilt'-| a changé, mais la scène t\st toujours la même, avec les seules modifications produites par la différence du degré de civilisation.

On objectera peut-être que les I^apons ont été de temps immémorial des nomades, eiraut avec leurs ’ troupeaux de rennes, mais qu’il n’est jamais dit dans les sagas que les nains possédaient ces animaux à l’état domestique. Cette objection trahirait toutefois une grande ignorance des faits ; car les, Lapons, après avoir exclusivement été chasseurs et pécheurs, ne devinrent nomades et ne se procurèrent des troupeaux de rennes que un ou peu de siècles après le commencement de l’ère chrétienne. Procope décrit les Skridfinnar {^Finnois patineurs, se servant de raquettes ou patins à neige), lesquels sont évidemment des Lapons, non comme des nomades mais comme des chass<‘urs errants. Paul Vaniefrid, qui vivait au huitième siècle,

Page 1