CHAPITRE PREMIER
quej a été son emploi, mais encore que cet emploi a eu lieu avec un certain déploiement de force.
Tous les percuteurs qui seront décrits ci-dessous proviennent de la Suède et principalement de la Scanie.
Je les 'diviserai en deux groupes.
Premier groupe. — \ ce groupe appartiennent les pierres ayant à chacune de leurs surfaces planes une cncoclie ou rainure plus ou moins apparente, produite par l’usure ou la friction. Sur toutes les pierres munies d’une cannelure, cette encoche est plus ou moins oblique, et se dirige ordinairement de droite à gauche (PI. I, fig. 8, 9 et 10); elle a donc précisément la direction (ju’clle devait prendre, si la pierre était attachée il la ceinture par une courroie, et si l’homme qui la portait, la tenant de la main gauche, appuyait de la droite le tranchant de son couteau pu de sa tance contre la pierre. Toutefois, je ne crois pas que cette encoche soit le résultat d’un aiguisage proprement dit, car la pointe n’est aiguisée ni dans les flèches, ni dans les lances, ni dans les couteaux ou autres instruments pointus à tranchant formé par la retaille; elle me parait plutôt avoir été faite de la manière suivante après avoir taillé le tranchant au moyen du percuteur, on l’a passé sur le plat de la même pierre pour l’égaliser et en réduire les dentelures à une longueur à pen près uniforme. Si l’on regarde, à la loupe, un couteau ou une lance en silex qui paraissent n’avoir jamais servi après la formation du tranchant, on est porté à admettre cette supposition. Ce n’est, toutefois,
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qu’une simple probabilité, Jusqu’à ce que l’on puisse montrer quelque chose de pareil dans les instruments de pierre dont, par exemple, les sauvages de l’Amérique du Nord doivent encore se servir pour former leurs lances et leurs flèches en silex, objets qui, comme nous le verrons, sont parfaitement identiques avec ceux trouvés dans la Suède. Mais, quelle que soit l’origine de cette encoche, il est certain que la pierre a été employée à façonner des ustensiles en silex ; cela se voit clairement sur toutes et particulièrement sur celles qui, n’ayant pas de canneluns à la circonférence, n’ont, par conséquent, pas été attachées à la ceinture par des courroies, et avec lesquelles on pouvait frapper des coups plus forts.
Les originaux des figures 1 , 7, etc., de la planche 1, n’ont pas de cannelure; mais leurs côtés étroits présentent une surface plane et polie, formant un angle arrondi avec les surfaces planes des côtés larges. Ce sont précisément ces bords (voir surtout fig. 1 , 4, 6, 9, 1 1 , etc.), qui montrent les traces évidentes des coups portés par l’instrument sur les ustensiles en silex, roche sans doute tout aussi dure,'mais infiniment plus cassante que le quartz des percuteurs. Les traces de ces chocs se voient surtout sur les côtés, et sont particulièrement accentuées aux angles, avec lesquels ont été portés les coups les plus violents. L’e.xamen de ces instruments prouvera le fait Jusqu’à l’évidence. Une seconde circonstance digne d’attention, est celle-ci : tandis que, comme nous l’avons vu, l’encoche est toujours plus ou moins oblicfue sur les instruments cannelés à la cir-
CHAPITBE PREMIEH.
conférence, et que l’en suppose avoir été attachés à la ceinture par une courroie, elle est. entièrement parallèle à la longueur sur ceux dépourvus-de cannelure, et qui par conséquent étaient libres lorsqu’on s’en servait (PI. I, fig. 6 et 7). Ces percuteurs à encoche latérale affectent des formes diverses; tantôt ils sont, comme je .viens de le dire, munjs d’une cannelure yfig. 8 à 10). Parfois, mais trèa-rareinent, celte cannelure est double. Le plus souvent, les deux côtés sont d’égale longueur; mais parfois aussi l’un est plus long que l’autre (fig- 8). Ils sont ordinairement elliptiques ' et plus ou moins amincis aux deux bouts, ou encore ils présentent une forme ovale et arrondie, ü’autres fois ils manquent de cannelure, et toute leur surface est entièrement plane (fig. 7). Ils affectent alors une forme tantôt ovoïde (tig. 7), tantôt carrée (fig.'O).
Certaines personnes ont dit que les percuteurs de ce groupe appartiennent à l’âge du fer, vu qu’on ne les a jamais trouvés dans les sépultures de l’âge la pierre. Mais il est certain, je le répète; que ces outils faits d’une roche très-dure, le plus souvent de quartz ou de grès quartzeux, n’ont jamais pu servjr à l’aiguisage des instruments en fer. En outre, ils présentent des traces' évidentes de chocs contre une pierre dure.
Second groupe. — Je place dans ce groupe de percuteurs portatifs ceux qui sont munis de deux ou de plusieurs évidements ou enfoncements circulaires, afin dé pouvoir tenir plus fortement la pierre par le bout des doigts pendant que l’on s’on servait (PI. I, fig. t à o). Si l’on examine de plus près une pierre de
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ce genre, comme par exemple l’original de la figure 4 , il est à peine possible de se méprendre sur sa destination. On aperçoit aux deux bouts les marques les plus patentes de chocs violents contre une pierre très-dure,
- tandis que les côtés ^nl parfaitement lisses et intacts.
Cela saute tellement aux yeux qu’il est impossible de * ne pas s’en apercevoir quand une fois l’attention a été dirigée de ce côté-là.
On trouve de ces pierres n’ayant qu’un seul évidement de chaque côté. Les unes sont ovales (fig. 1) ; chez elles l’évidement traverse Bouvent toute la pierre (6g. 12). D’autres sont ou sphériques ou carrées (fig. 2). Certaines sont munies de plusieurs erïfonocments; quelques-unes sont des sphéroïdes presqte parfaits oü des cubes à angles arrondis, avec évidements (fig. 5); d’autres, enfin, forment un cifbe allongé (fig. 4).
Tous ces instruments sont d’une pierre dure et pesante, et, à tous, le sauvage a donné, par la percussion , le polissage et le forage, la forme qu’il jugeait convenable. J’essayerai de montrer les procédés dont il s’est servi pour’polir et forer 'ces pierres.
Parfois il a simplement cherché, au bord des eaux où il péchait, un silex de forme comprimée, arrondi par l’eau, et l’a employé comme percuteur. Il lui est arrivé de pratiquer un enfoncement aux flancs de cette ' pierre; un silex de ce genre (un caillou roulé) se trouve dans ma collection. Souvent il ne s’est pas même donné cette peine, il a employé le caillou tel quel et sans la moindre modification. Tel est l’original de la figure 11. Cet objet trouvé au fond d’un marais tour-
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