‹ Les habitants primitifs de la Scandinavie essai d'ethnographie compareeChapitre 13 sur 156 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

beux de la Scanie, avec une hache en pierre et une lance en silex, porte des traces évidentes qu’il a servi au but indiqué. Le percuteur (fig. i3) découvert dans les grottes du Périgord semble avoir appartenu à cette catégorie (1).

§ 2. Pierres à polir ou polissoirs. — Ils sont, • comme je l’ai dit, d’une roche contenant du quartz, ordinairement de grès quartzeiix appartenant au vieux grès dit de transition, dont on trouve, en Scanie, des gisements à Cimbrishamn , Gladsax, Andrarum, Hardeberga, etilans une foule d’autres localités. Ces pierres, qui portent toujours des traces sensibles de surfaces polies, sont de formes et de grandeurs très-diverses. La plupart n’ont pas été portatives, et le sauvage les conservait sans doute dans sa demeure ou non loin de là. Quejqu 06 -unes sont petites, plates ou subarrondies, et le sauvage les emportait probalilement à la chasse. L’on voit parfois d’assez grands blocs d’un grès très-dur, sur lesquels se trouvent des encoches ou rainures polies, qui, ne pouvant être dues à l’action d’un métal, la pierre étant trop dure pour cela , doivent avoir été produites par une autre pierre. On voit une pierre de ce genre à Barsebück (.Scanie) dans la collection du défunt pasteur Hofverberg.

Ces pierres à polir n’ont, comme l’on peut s’y at-

m (I) J'appromls avec lieaiicoup d'intériR que l'ou a aussi trouvé une pierre de ce (çcure dans la grotte d'Aurignar, et j'éprouve un grand plaisir de voir que les archéologues danois paraissent donner enfin h ces pierres la même signification que moi. — Voir h cet égard : I.ïell, XntiquUy of tlan, p. 184, et la traduction française du même ouvrage, p. I9o.

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tendre, aucune forme constante et fixe ; mais elles présentent de l’intérêt en ce que partout où elles sont restées sans déplacement , on peut être persuadé que les habitants primitifs, qui se servaient d’instruments en pierre, avaient leur demeure dans le voisinage.

La plus grande pierre à polir qui ait été en ma possession, est du grès dur mentionné plus haut, et a été trouvée près d’Andrarum (Scanie). Elle a environ 60 centimètres de longiieursur 27 centimètres de large et 18 d’épaisseur. Elle porte. àl’un de ses côtés larges, une encoche lisse allant dans le sens de la longueur et résultant de la friction produite par le polissage. Cette encoche est presque aussi longue et aussi large que la pierre. La plupart des polissoirs sont des polyèdres oblongs,. amincis vers le milieu et renflés aux extrémités (1). On en trouve qui mesurent de 3.? à 37 centimètres de longueur (PL II, fig. lo). Les surfaces polies sont dans le sens de la longueur et sont planes, concaves ou convexes. On trouve parfois, à côté du polissoir, des gouges ou ciseaux à tranchant convexe qui s’adaptent exactement aux encoches concaves, de sorte que l’on peut clairement constater que ces dernières ont été produites par ces outils. Ces polissoirs imitent parfois la forme d’un fémur gigantesque, et l’on peut être assuré que, lorsque l’on entend dire que quelqu’un a trouvé dans la terre un grand os pétrifié, ce n’est qu’un polissoir de l’espèce 'ci-dessus.

(1) Ils sont souvent brisés pur le milieu, où ils ont le moins d’épaisseur, et l'on remarque parfois que dans ce cas les fiagmeiils en ont été employés comme •percuteurs.

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