I.ES I.At>ONS tl.VNS TACITE. 26:i
ne les meutioniie que lomine un peuple chasseur, et Tacite, qui écrivait sa Germaine vers la fin du premier siècle, savait aussi que les Fenni évidemment les Finnar de la saga — étaient de sauvages chasseurs et la plus barbare de toutes les races dont il eût connaissance. La peinture qu’il fait d’eux est classique, mais e3^^qférée, et l’on aperçoit .saps peine que. les matériaux lui en avaient été fournis par une race hostile aux Finnois : « Chez les /'eiini, dit-il, il existe une barbarie étonnante, une hideuse pauvreté ; ils n’ont point d’armes, point du chevaux, point de demeures; de l’hefbe constitue leur nourriture, des peaux leurs vêtements, la terre leur lit. Leurs seules ressources 'sont des flèches qu’à défaut zlc fer ils arment d’une pointe d’os. La chasse nourrit hommes et femmes, car. ils chassent en commun et partagent entre eux les animaux qu’ils ont tués. Contre les bêtes féroces et les intempéries, leurs enfants n’ont d’autre refuge qu’une hutte de branches entrelacées. (Test là (jue les jeunes passentMa nuit, c’est là que se retirent les vieillards, ils pensent que vivre ainsi est plus heureux que de suer à cultiver les champs, de se fatiguer à édifier des maisons, ou d’être pour leur fortune ou celle d’autrui continuellement entre la crainte ou l’espérance. (k)mme ils n’ont rien à redouter des hommes ni du sort, ils sont parvenus à ce qu’il y a de plus difficile, savoir à ne pas même sentir le besoin d’exprimer un vo'ii, » (Tar. Genn., 46.'
Ce passage de Tacite fait voir que les Fenni étaient déjà, à l’époque oii ce grand historien écrivait, une
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CHAPITIIK SIXlkMK.
race méprisée et haïe de la race germanique, et qu’elle s«‘ trou\ail avec cette dernière à peu prés dans les mêmes rapports (|ue les Esquimaux de nos jours avec les races indiennes de l’Amérique du Nord (ch. V). On voit én outre qu’ils ne possédaient pas de rennes, ([u’ils ii’étaient pas nomades, et qu’ils ne se procuraient leur nourriture qu’avec leurs tlèches [sola in saffitfis sjtes). L’on ne pourrait mieux décrire l’état des Lapons de la Scandinavie avant la venue de races plus développées. Les nniiix, solitaires, séparés de la masse de leur peuple, ne pouvaient donc posséder des rennes.
On ne connaît pas positivement le siècle qui vit les l..apons de la Scandinavie passer à la vie nomade. Divers passages des sagas et des plus anciens monuments historiques suédois semblent indiquer que ce peuple,, même après avoir été chassé de la Suède méridionale et de la Suède mojenne par des races plus puissantes, conserva longtemps (par exemple dans la Norvège moyenne) une répiitation intiniment supérieure à celle dont il jouit actuellement. Il avait s<‘s chefs ou rois et s<'s assemblées popniairos. Les filles des chefs épousaient parfois des hommes de la race gothique L’aïeule maternelle d’Ôrvar Odd était Laponne, car ünar avait pour père Grim Lodikin, fils de Kettil Hing et de la nièce du chef finnois Gusc. Kettil Hing paraît aussi être descendu de la même race, car il était fils de Halbjôrn surnommé Haiftroll ou ilemi-lroll, ce qui montre que sii mère était d’une fainille de TrnUx. //«m/rfaux beaux cheveux {Hûrfarger) lui-même avait,