I.ES NMNS DES SAGAS
Îfi7
d’après Sturleson, épousé Snàfrid. fdle du Finnois Svase(l).
Après avoir montré que les Finnois et les nains de 1.1 saga sont les aïeux des Lapons actuels, il me reste à ajouter ce qui suit ; Les Drergs ou nains, ou, comme les légendes les nomment ordinairement, les Bergpgslingar (Bergmunkiii , pygmées des rochers) ou encore TivBs (sorcieiii) , sont toujours représentés comme ayant habité jadis des trous et des cavernes dans des rochers ou des collines, ou bien des monticules de terre, le plus souvent dans des localités éloignées, et ordinairement près de l’eau. Ils étaient petits et laids. Il y en avait des deux sexes. Ils avaient des enfants et parfois des domestiques. Leurs jeunes femmes entretenaient parfois des relations très-in-
(I) Dniis If lilrr tie snua , S>!iso i*!st nnninir (irvuiitj, in:<is
fintw ihna le texte même. Oî dernier titre est indubitablement le vrai, c*ar sa fille Snàfrid est expresséiiienl uomiiiée a h frmmr Elle
faisait tli^s enrhautements ; le roi llamM, dès qu'il en eut ronnnissanee, eu fut si fArhè <{irii rhassa de devant ses yeux les fils de ivtte feinnie. O |M)iivoir surnaturel iiiuntre quelle était i.a|)oniie, et les paroles de Tliiodolfer au roi, qu'il ne devait |kis mépriser les fils qu'il avait de Sniifi id, car ils ne demanderaient'pas mieux que d’avoir une pai’onté maternelle plus dUtin^iiée , «si tu la leur avais donnée u; res pnrob^, dis-je, témoiifuent que Snàfrid appartenait ii une race méprisée. La rare ries Jo/nrrr.v (créants) ne l’était pas. Odin lui-méme épousa une fille de relie rare , Skade, et chercha à s'allier à rette rare puissante par deinariuctK entre plusieurs des principaux personnaces de sa cour et ile> filles de Jotnar$.
Il peut cependant paraître étrange que Snàfrirl, appartenant à la race fi»rt laide des Lapons, ertt pu , par sa beauté, captiver ou, comme l'on disait, H eiis4ireeler » ifôrht\M) le puissant Harald au point oi'i le ntconte la sasra. Je dois toutefois ajouter ici roirsi'rvatinn . sans la carantir, que l'on rencontre eiieon- de nos jours de jeune- Lafromies iloiiées d’une eertaille iHMiité.
r.HAPITRK SIXIÈME.
tiines avec les Jeunes paysans du voisinage (1). Ils possédaient ordinairement de grands trésors, le plus souvent en argent et en cuivre; de là l’expression proverbiale, riche comme wi Troll. Ils étaient larrons, et pénétiaient souvent dans les fermes et les habitations pour y voler, surtout de la nourriture, de la bière, etc. Parfois, quand ils avaient besoin d’objets qu’ils ne possédaient pas, ils allaient les emprunter le soir dans Jes habitations, restaient en dehors et annonçaieut à haute voix ce qu’ils désiraient;, ordinairement ils envoyaient dans ce but un on deux de leurs enfants. Si l’objet requis était mis en dehors de. la mai.son, quelques matins après on le retrouvait toujours au même endroit, et à côté une monnaie d’argent ou quelque autre objet de valeur comme témoignage de reconnaissance pour le prêt. Us n’avaient point société avec « les hommes » , mais ils se réunissaient souvent entre eux. Us avaient parfois des festins, des noces, etc., auxquels assistaient des Trolk d’autres localités. Us étaient lâches, évitaient les hommes et fuyaient la lumière du jour.
Toutes ces choses, quoiqu’elles- paraissent à première vue de ridicules superstitions, ont toutefois leurs racines dans le passé le plus lointain, ce que pivuive facilement l’époque l'eculée où nos sagas furent pour la première fois mises par écrit. I^a vieille
I) On raroiiU* entre autres, en Scanie, Thistoiretrun valet de l’eime de t»yd<iel6r> qui visitait suuNent une jeune femme de Tivll du Huiinde- Llint. i.a S*anie et le Danemark ont une foule de traditions Idables.
nVKRUS. l'VSI.lNGS KT l..\l*UNS.
haine de race, dont elles portent le témoignage, contre les Ih'tinjn, les Bergtrulh^ pourchassés, transpercés de llèches chauffées à hlaiic, dépecés à coups de hache, etc., a disparu de la tradition orale. Ils y apparaissent plutôt coinine une race méprisée, souvent voleuse et maligne, souvent généreuse et bieufaisaule, mais avec laquelle personne ne voulait entier en relation.
Je crois pouvoir tirer de ce qui précède la conclusion qu’à l’arrivée de la dernière invasion gotho-germanique, la race laponne, déjà dispersée, ne consistait plus, dans la Suède méridionale, qu’en quelques familles éparses habitant les localités écartées. Ce n’était plus qu’en Norvège, et principalemeut dans la partie septentrionale de ce dernier pays, qu’elle constituait encore une nation ayant ses chefs et ses assemblées populaires.
One l’on me permette,, eu vue de compléter les preuves déjà fournies sur l’identité des Dverga, les Pgsl/ngs de la tradition, avec les Lapons actuels, de tracer entre eux le parallèle suivant (1) :
r Les Lapons sont petits et laids; ils ont la bouche laigc et les jambes fort courtes. LkI saga fait précisément le même portrait des Drergs et des PysHngs.
2“ Les Lapons sont vêtus d’’une tunique grise (h/ijmiudd) et coiffés d’un bonnet bleu ou rouge. Les
(I) J iii il p«ii«, iHisoin de rapiielcr «lu'il e»t iiioiiiii ijueiiliuu iri de rc i|ue »uiit en rmlilé Iça Lapons que de ee qu'ils sontceimès être suivant leiii^s voisins. Il n'est pas du ressoi-t de cet ouvrage de reelierelier s'ils oui vrainicnt tous las défauts que la haine de rare leur impute.
r.HAlMTHt SIXIEHIC.
Betyiiyslinijÿ de la liaditiou populaire purlenl un costume identif|ue. (Voy. TitiELE, 1, p. 122; IV. p. 3.)
3° Les Lapons, ceux de la Norvège, par exemple, parlent mal la langue du pays. Quand le Norvégien contrefait un Lapon, il le fait à peu près comme un paysan danois contrefait un Pysling. ( 7VMe/c, I, p.H4.)
V Les Lapons sont lâches; ils feraient de mauvais soldats. Les nains de la saga sont représentés comme singulièrement lâches. Dès qu’ils aperçoivent un « homme » , ils cherchent à fuir. Un enfant peut les soumettre à ses volontés. La saga raconte que .\n, enfant de douze ans, força le nain Lit à lui forger des llèches.
îi’ Les Lapons ont la réputation d’ètre rusés et trompeui's. On m’assura en Norvège que si le marchand veut conserver la pratique du Lapon, il doit le tromper un peu et le lui faire comprendre à son départ. Pour se venger, le l..apün revient à l’ordinaire ; mais, s’il a pu tromper le inarcliand, il ne retourne Jamais. Ces traits de caractère se rencontrent aussi chez les Dverys de la saga. ^
6® Les Lapons fout preuve d’uue certaine dextérité manuelle; ils forgent et confectionnent eux-mêmes leurs Finnskjàft (fusils rayés à très-petit calibre).
7° Les l..apons aiment à thésauriser. L’argent est leur métal de prédilection; ils n’acceptent pas d’autir monnaie que de In monnaie d’argent. C’est un fait constaté que plus d’un vieux Lapon cache son argent dans un lieu solitaire, connu de lui seul, de l’Alpe où il séjourne, et qu’il le va visiter de temps à autre.