‹ Les habitants primitifs de la Scandinavie essai d'ethnographie compareeChapitre 124 sur 156 · I.ES GÉANTS DES ISRAÉLITES · texte numérisé non relu

I.ES GÉANTS DES ISRAÉLITES

et, pour cette cause, un fait général. Je m’y arrêterai plus loin.'

Cette ressemblance remarquable des sagas de géants et de nains chez tant de races si différentes entre elles, vient sans doute de ce que chacune de ces races s’est trouvée une fois ou l’autre, dans sa période de barbarie, eu collision avec une autre race plus grande ou plus petite qu’elle. Cela s’est probablement reproduit nonseulement en Europe, mais encore dans toutes les parties du monde , car elles contiennent toutes des races de grande stature et des races de petite stature, jadis infiniment moms mêlées qu’actucllement. Partout ôii ces races se sont trouvées en présence, il a dé naître des sagas de géants et des sagas de nains.

J’ai montré précédemment l’origine des sagas de nains, et la manière dont les Anglais donnèrent naissance dans r.\mérique du Nord à des sagas de géants chez le peuple nain des Esquimaux. Des faits analogues ont eu lieu dans l’ancien lAonde.

Le récit suivant> emprunté à la Bible, nous montre quels tableaux exagérés peut se créer une imagination effrayée. Lorsque Moïse," travei-sant le désert avec les Israélites, qui étaient sortis d’Egypte où ils avaient long* temps vécu dans l’esclavage, fut arrivé à Paran, il envoya des espions dans la terre de Chanaan, afin de s’assurer de la fertilité du pays, du nombre des habitants, de la force des villes], etc. Ils revinrent après quarante jours avec la nouvelle qu’eutre autres peuples y habitaient les Enukinïs, ou les enfants de Hanak, en présence desquels, dirent les envoyés, •< nous étions à nos

aiAPITRE SIXIÈME.

jeux et aux leui's eomme des sauterelles». — Après ce récit . tous commencèrent à crier et le peuple pleura celle nuit (I); tout le peuple murmurait contre Moïse et Aaron , et il était si effrayé qu’il aurait préféré retourner dans l’esclavage égyptien, plutôt que de se laisser conduire au combat contre ces horribles géants.

Voilà ce que nous dit la Bible; mais ce qu’elle ne nous dit pas, et (|ue nous pouvons regarder comme certain, c’est que chez, un peuple grossier, et nourri d’idées serviles, au milieu duquel une si grande paniqife peut être provoquée par la seule description d'une race de haute stature, l'esprit se créera des images exagérées et ridicules, et ces images, perpétuées de génération en génération, sont enfin devenues les légendes de l’antiquité. Plusieurs passages de la Bible montrent que l’on prenait les Enakims pour des géants : « La terre des enfants de Hammon a été réputée pays des Kephaïms (géants), car des géants y habitaient jadis. C’était un peuple grand, nombreux et de haute stature comme les Enakims (2). » « .\u

pays des Moabites habitaient anciennement hsEmhm, peuple grand, nombreux et de haute stature comme les Enakims (3). » Ces géants Enakims étaient le même peuple que les Philistins, et de race phénicienne. Josné les battit plusieurs fois et les extirpa des montagnes d’Hébron, de Débir et d’.\nab, et des

^1) yiomfn'rs, i*lï. \in » 'U; cli. \iv, v. 1

^’i) ch. it, 21.

a) ■ ïV... ft. 10.

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