CHAPITRE SIXIÈME
odiniqoe du Valhall \int en Scandinavie, celui de Thor y était un culte jotne répandu, et que par conséquent le culte de Thor est beaucoup plus ancien en Scandinavie que celui d’Odin. On a conteste ce fait, mais il existe des preuves presque historiques qui ne pourront jamais être réfutées. Divers' princes norvégiens' qui savaient, par une tradition positive de famille (1), qu’ils appartenaient du chef de leur mère ou de leur père à des ancêtres jotnes, restèrent pour cette raison toujours fidèles au dieu jotne Thor, et ils lui offraient même des sacrifices, quoique comme princes ils ne dédaignassent pas les délices du Valhall.
Les Jarls ou chefs norvégiens de HIade, descendant par leur mère de Skade, la fille du somptueux prince jotne Thjasse, sacrifiaient pour cette cause le plus souvent à Thor. Le puissant chef Hakon Jarl, principalement, dévoué au culte de Thor (2), avait un temple
Estheit Mat le même peuple, il s'ensuivrait que les Jotnes adoraient la lune. Ce fait mériterait des recherches plus longues que ne le permettent les limites du présent ouvrage. Je signaler.vi cependant à cet égniil le fait suivant : dans une saga laponne de>géauls, citée par Làestadius ilans son journal, un Lapon avant enlevé par ruse les vêtements d’un géant , celui-ci , tout nu, commençant i sentir les atteintes du froid , se plaignit de sa détresse à la lune dans les termes suivants : a Vois , ton tils gèle' »
(t) Avant l’apparition de l’écriture en ^ède, la tradition doit avoir été inliniment plus vivante , plus positive et plus sûre qu’elle ne le fut ensuite. L’écriture est la mort de la tradition , fait que l’on remarque aussi cliet les populations de nos campagnes.
(2) Lorsqu’il est dit de Hakon Jarl que les Trolls se vantaient de son amitié, ce mot de Trolls indique évidemment les descendants des Jotnes restés dans le pays. la; nom de Trolls n’est janlais donné âiiv descendants mêles ou féminins de la race des’Ases, à laquelle on doit les sagas; il
(XI.TK DK THOH.
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d’idoles dans lequel entre autres dieux et déesses jotnes (particulièrement l'enchanteresse ou sorcière Thorgerdr Haurgabrud et sa sœur Yrpa) (1), se trouvait une image de Thor ornée d’anneaux d’or, et placée sur une voiture (2), représentant par conséquent Oka-(Auka-)Thor. Or comment le culte ^e Thor aurait-il pu être considéré et appelé un culte joine, si Thor n’avait pas été un dieu jotne? Et comment cela pourrait-il s’accorder avec le fait qu’il est nommé par les skaldes islandais « le destructeur des autels des anciens dieux jotnés, qui tua les dominateurs finnois des montagnes, l’exterminateur et le tueur des géants, des loups des montagnes» (3) (Geyer, /. c., p. 274 et suiv.), s’il n’avait été dieu Jotne pendant une période et dieu Ase à mie seconde période, et, comme tel, qualifié d’ennemi des Jotnes par- le peuple des Ases? Assurément, ce n’était pas au destructeur des Jotnes, Thor, mais au dieu des Jotnes, Thor, que sacrifiaient les Jarls semi-jotnes de Hlade. Tout cela prouve
ne donnait qu'auv laces étrangères considérées comme vaincues et soumises. Troll ou trOll parait être la même chost' que thrùU, et a reçu la signification d'esclave (suêd. uiod. Irai, serf), les prisounjers de guerre devenant généralement esclaves. C'est ainsi qu# le nom de Slavisi ou Ksclavons a pris dans la plupart des langues eiiro|iéeunes la signification de serviteur ou d’esclave.
(1) Pour son temple en Norvège, voir l'iibi, tome III, p. 7. Ce fut H cette déesse que ilakon iarl sacrifia son fils F.rling, âgé de sept ans, afin d’obtenir la victoire sur les Jomsiitoiaiir (vikiiigs de Joui). — Suya d’OIof Tryyyrasim, i~. — Scn<V\t.\G, Histoire Je Xorvtye, III , p. üfifi.
(2) Geteh , Vrdti,-\. c., p. 2H2-283.
(3) Il est rurietu que ce iioiii soit tioiiné «i ce même JotDe Thjasse duquel dest^endait Hakou Ja/I, qui précisément à muse de cette parenté adorait le dieu Thor.