‹ Les habitants primitifs de la Scandinavie essai d'ethnographie compareeChapitre 14 sur 156 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Parfois les polissoirs sont plus courts et leur surface forme presque un carré parfait; mais ils sont toujours plus ou moins minces au milieu et circonscrits dans le sens de la longueur par des surfaces planes ou concaves(Pl. II, fig. 16). L’original de la planche il mesure 22 centimètres de longueur. J’en possède un autre d’environ 1 0 centimètres seulement sur environ Scentimèlres d’épaisseur, avec quatre surfaces planes et légèrement bombées. Parfois le sauvage s’est servi d’un gros caillou roulé de forme allongée {fig. 1 7). Toutes les pierres décrites ici sont du grès quartzeux que j’ai déjà mentionné ; mais j’en possède aussi une de quartz cristallin, laquelle mesure 21 centimètres de longueur.

Il est évident que des ustensiles en pierre ont été non-seulement employés, mais encore confectionnés dans les localités où ces polissoirs ont été découverts. 11 ne sera donc pas inutile de mentionner qu’on les trouve dans la terre, au fond des marais et des tourbières, dans les cours d’eau, les lacs, etc., des plaines et du littoral de la Scanie, à Hardeberga, Flàdie, Hôg, Ahlstad,, Yngsjô, etc., ainsi que dans l’intérieur des terres, comme à Blekemâsa, où toutefois Ton n’a pas encore, que je sache, découvert jusqu’ici d’ustensiles en pierre. Ce type de polissoirs n’existe pas seulement en Scanie. J’en possède un provenant des environs de la petite ville de Grenna (Smâland), de l’espèce de grès dont l’on trouve des gisements dans l’tle voisine de *Visingsô(lac Vetter). Il aune longueur d’environ 14 centimètres sur une épaisseur de près de 5 centimètres.

On rencontre aussi des blocs de granit de 7 à 14 ou

POUSSOIRS.

15 centimètres d’épaisseur, sur une longueur de 64 à 69 centimètres et une largeur de 30 à 34 centimètres, dont la surface présente une dépression unie plus ou moins sensible, occasionnée par la friction d’un autre corps. Ces pierres que l’on trouve de temps en temps dans la terre, sont parfois employées par les paysans comme auges pour leurs chiens de garde. 11 est hors de doute que ce sont des antiquités, et l’on croit que les grandes haches en silex (PI. Vil, fig. 138) et les coins à douille (PI. l.V, fig. 183) ont été polis sur ces pierres.

Au groupe d’instruments décrits § 2 peuvent s’ajouter, selon moi , les pierres'portatives nommées pierres de touche (PI. Il, fig. 18 à 20). Malgré cette dénomination, elles n’ont jamais été employée.s à éprouver des métaux, car on les trouve dans des sépultures bien antérieures à l'usage des métaux dans le Nord. Si l’or et l’argent avaient été en usage chez le peuple qui employait les haches et les ciseaux en pierre, les ornements en ambre et les vases en argile qui vont être décrits, ces métaux auraient sans doute été trouvés avec ces divers objets , ce qui ne s’est jamais présenté. II est, en outre, facile de se convaincre que ces prétendues pierres de touche ont servi de polissoirs : quelques-unes portent des ornements en relief le long des bords, et ces ornements sont tous plus ou moins effacés vers la pointe, assurément par l’effet de la fric- • tion, comme chez les instruments analogues décrits plus haut. Le moindre examen suffira à démontrer ce fait. Une usure pareille n’a pu provenir de l’épreuve d’un métal quelconque, car, dans ce cas, c’est le mé-

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