‹ Les habitants primitifs de la Scandinavie essai d'ethnographie compareeChapitre 133 sur 156 · CHAPITRE SEITIÉME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEITIÉME

rent tous les autres. Parmi les animau.\, les herbivores furent les premiers à s’établir dans ces contrées, à mesure que la vie végétale put suffire à leur subsistance. Ils furent suivis par les carnivores qui se nourrissaient de leur chair, et en dernier lieu vint l’homme, organisé pour la nourriture végétale aussi bien que pour l’alimentation animale, et qui se vêtit tout d’abord de la peau des animaux tués à la chasse.

Alors déjà, et longtemps après la venue de l’homme, dans la Suède méridionale, cette région était réunie au continent de la Germanie septentrionale, et les animaux à habitudes migratoires erraient en liberté, suivant ta 'saison, d’un pays à l’autre. C’est ainsi que le renne, l’aurochs, le bison, etc., passaient à volonté de la Germanie en Scariie et vice versa.

Si nous jetons un regard sur l’état de la Suède méridionale durant cette période, nous constaterons les faits suivants : Le sbl était vierge des travaux de l’homme; tout le pays était couvert dé forêts, de lacs, de rivières et de marais. Dans les forêts erraient des élans et des cerfs majestueux, des Urus et des bisons gigantesques, vivant chacun avec ses congénères (t). Dans les régions humides et marécageuses l’on voyait des troupeaux de sangliers; des montagnes du continent arrivaient de temps à autre des troupes de

(i) J4Î n'ai jusqu'à pivsent jamais vu de s({uelettes d’ffmv et ilc bisotut trouvés dans la même tourbière; iU ne pouvaient vivre eusemblc, de même qu'il existe etiroro artuellcment une antipathie insurmontable entiv les bêtes bovines domestiques et les bisons de la Lithuanie. On n'a pas enrore pu jusqu'ici amener un bison mâle à s'accoupler avec une vache domestique ; il la tue immédiatement^ '

PRtlMIEHS HABIT.VNTS DE l,A SCAME.

rennes sauvages (1). Sur les cours d’eau, les castors couslruisaient leurs demeures, et dans les lacs poissonneux habitaient la tortue des rivières {Emys luiaria) et d’énormes brochets, qui y ont laissé leurs squelettes.

Les premiers hommes du pays paraissent avoir eu leiir domicile dans les forêts ainsi qu'au bord des lacs et des cours d’eau, où ils se livraient à la pèche et à la chasse, leur seule industrie, et où nous trouvons les instruments et les outils qu’ils y ont laissés.

Cette première invasion humaine dans les parties méridionales de la Scandinavie a dû avoir lieu à une époque singulièrement reculée, comme lé prouvent les produits humains, trouvés associés à des os de

(I) El' rt'UDc sauvage fait chaque année des migrations très-étendues. Voir Hla.sii:s, fleise tu Rusfland, I, p. 265. — Les rennes dont on i-cncontre des squelettes dans les tourbières de la Scanie , appartiennent à une autre race que ceux de la Laponie. Ils sout sans doute venus en Scanie d'une contrée plus méridionale , et peut-être appartiennent-ils à la même rare que les rennes hantant encore, au temps de César, la forêt Hercynienne. Après avoir lu ce qu'au vingt-sixième chapitre (livre Vlj de la Guerre des Gaules, César dit de l'animal ayant l'aspect d'un cerf {rrrt i figxira) avec des cornes plus longues qu’aucun autre des animaux vus par lui , <d de rextréiiiité supérieure desquelles pai-taieiit des branches (pointes) comme les doigts sortent du plat de la main , et (|u'enlin bi femelle portait des cornes semblables à celles du iu.âle , aucun loologiste, dis-je, après avoir lu cette description, ne pourra doutifr que D'sar n'ait xii au moins une corne de renne. Une équivoque de la langue lui aura sans doute fait croire que l’animal n’en avait pas plus <l’une, et par 1a même raison , il aura reçu une description peu correcte de l’animal lui-même. Le fait que le renne n’a pas succcssiveiuent pass<> de .Scanie en La|ionie. est prouvé par la circonstance que l’on n’a jamais trouxé de squelellc ni même un seul os de renne, dans aucune des provinces Situées entre res deux extrémités de notre péninsule. Le renne lapon est arrivé niic épo<|ûe rebitivement récente de la Finlanile dans les Alpes srandinaxes, où il a encore sa station principale.

CHAPITHE SEPTIEME.

l’ours des cavernes (PI. XI, fig. 223, 224) dans nos plus anciennes lourbières, ainsi que dans les tourbières recouvertes par le Jüravallen, dont nous parlerons plus bas, par conséquent antérieures à la révolution qui a formé cette colline (1).

Quant à la longueur du temps qui s'est passé depuis lors, nous l’ignorons, et nous n’avons pas encore trouvé le moyen de la supputer, même en réservant dix à vingt siècles pour la part de l’erreur. On a découvert, il est vrai, à environ 100 pieds au-dessus du niveau actuel.de la mer, deux squelettes humains dans un lit de coquillages, qui était naturellement au-dessous de ce niveau lorsque se noyèrent les hommes auxquels ont apparlenu ces squelettes. Mais nous ne savons pas combien de temps il a fallu pour élever à sa hauteur actuelle le lit de coquillages et la roche sur laquelle il repose. Car, quoique le mouvement de hausse ail lieu de nos jours d’une manière égale, nous n’en pouvons inférer qu’il ail toujours été tel; nous avons

(1) Voici Ihs raisotis qui nous peniiettcnt <ie conclure qu'un injiueusc laps tlt‘ temps nous sépare de la première ap(>arjtiüu de l'homme dans lo Nord ; 1* L'association d'ouvrnp:es dus ula main derboiuuie avec des us de 4'oui's des cavernes, quoique ce iiiauimifère ne soit pas à beaucoup près le premier habitant de la Scania, où il a été précédé par les ruminants, et, par coiisétjuent, probablement aussi par l'homme; 2* les produits de l'industrie humaine j-ecueilUs dans les grandes tourbières sofis-marines, antérieures à la révolution t]ui sépara la Scaiiit* de KAllemagiie; 3* les llèchcs et les lances de silex complètement changées eu une matière blanche, tendre romine la craie. J eu ai vu plusieurs de cette catégurie (IM. XIII, fig. 2 12) ; voir aussi Hcruc iks avril 1 8Ü7,

p. (145 ; a Ces silex dont la potine blanchâtre prouve la haute antiquité, » — fait qui, par conséquent, s'a{iplique encoi*e bien davantage it ceux tutaleiiient transformés eu une masse crayeuse.

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