AFFAISSEMENT DE LA SCANIE
au contraire toute cause de croire que le soulèvement de ces localités a eu lieu par saccades et avec de longs intervalles de repos, pendant lesquels il a pu être lent et uniforme. La raison qui me le fait croire, c’est que les flancs des montagnes du Bohuslân portent des traces évidentes d’anciens niveaux, échelonnés les uns au-dessus des autres avec d’assez grands intervalles, et que des balanes et autres productions marines reposent encore tout entières sur les pierres du rivage, ce qui ne serait pas le cas, si ce rivage, sur les pierres duquel elles se sont développées et attachées, n’avait été subitement soulevé avec elles à une hauteur où la vague ne pouvait plus les atteindre. Dans le cas contraire, elles eussent été broyées entre les pierres heurtées les unes contre les autres par la violence des vagues. Cette circonstance m’a donné lieu d’admettre que le même fait s’est reproduit dans d’autres localités, et m’a fourni l’explication du phénomène suivant :
Le long des côtes de la Baltique, d’Ystad à la région située entre les petites villes de Trelleborg et de Falsterbo (S. -O. de la Scanie), court une às (prononcez âne) ou colline de sable et de gravier plus ou moins interrompue, nommée leJàravall (rempart ou colline de Jàra); dans quelques endroits, elle est haute et large, dans d’autres elle se divise en plusieurs chaînons longitudinaux, se dominant réciproquement et trahissant par là qu'’ils ont été formés à des époques différentes. Cette Âs recouvre, dans plusieurs endroits, des marais tourbeux dont le niveau est au-dessous de celui de la mer.