JAVELOTS
trument se rencontre principalement dans les marais tourbeux de laScanie méridionale, ainsi que dans l’ile de Tjôrn, gouvernement de Bohus (Suède occidentale). On doit en avoir aussi trouvé dans l’ile d’Oland, et le Musée archéologique de Stockholm en possède un exemplaire de la longueur de 25 centimètres, trouvéen Ostrogothie lors du creusement du canal de Gothie, entre Pofvelstorp et Tâtorp, à une profondeur de près de 2 mètres 1/2, dans de la tourbe, sous un lit d’argile. Or toute formation tourbeuse indiquant la présence d’anciennes eaux libres, tout ce qui se trouve dedans, et surtout dessous la tourbe, est donc tombé au fond d’une ancienne nappe d’eau. Par suite il me parait probable que l’arme en question a été perdue et a disparu au fond de l’eau pendant son emploi sur cet élément. Afin de se faire une idée claire de la manière dont s’en servaient les habitants primitifs de la Scandinavie, il est opportun d’étudier comment le manient les peuples chez lesquels il est encore en usage.
Le Groënlandais emploie cette arme à la chasse des oiseaux, mais seulement sur l’eau. Elle est munie d’un manche de 1 mètre 1/2 de longueur, et dont l’extrémité postérieure se termine par un ornement quelconque, ordinairement un pied de renne. Elle se jette à la main sur l’oiseau en train de nager. Elle atteint communément son but à une distance de 15 à 18 mètres. Egede prétend que le Groënlandais s’en sert à une distance assez grande presque aussi sûrement que nous du fusil. Dès son enfance, le Groënlandais s’exerce à
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tuer les oiseaux avec le javelot à l’aide d’une pakUe ou planchette de bois (suéd. hastbnïde); la vitesse imprimée par la propulsion est si grande, que l’arme siffle dans l’air, et l’habileté du chasseur est telle, que le javelot transperce ordinairement, d'outre en outre, la tête de l’eider, espèce de canard.
11 est à peu près certain que les armes antiques reproduites ici ont été des armes de chasse employées d’une manière et servant à des usages identiques. On découvre facilement qu’elles ont été des armes de jet ; mais elles n’ont pu être employées que sur l’eau, car, si l’on s’en fût servi sur la terre, elles se seraient infailliblement brisées. Aussi les retrouve-t-on toujours dans les lieux jadis occupés par des bassins d’eau d’une étendue considérable , transformés actuellement en marais tourbeux. Kilos ne sont pas rares dans la Suède méridionale, et nos musées en contiennent un grand nombre. Elles sont moins fréquentes en Danemark.
Nous arrivons maintenant à une autre arme de jet, à la fronde.
§ 10. Pierres de fronde.
La fronde est une arme de chasse et de guerre chez plusieurs peuplades sauvages de l’époque actuelle. Les récits des voyageurs en font foi, ainsi que les frondes et les pierres rapportées par eu.v et conservées dans plusieurs musées ethnographiques de l’Europe.
Les descriptions de batailles et de combats consignées dans les anciennes légendes du Nord prouvent