PIERRES DE FRONDE
que les habitants de la Scandinavie se sont servis de cette arme jusqu’à une époque assez récente, celles des premiers temps du fer, tout aussi bien que les Grecs dans leurs guerres contre les barbares de l’Asie. Selon toute probabilité, l’emploi delà fronde doit être reporté aussi en Suède jusqu’à la période la plus pure de l’àge de la pierre.
Deux espèces de frondes ont été en usage dès les temps les plus reculés : les frondes à manche de bois, et les frondes à courroie ou a lanière (1).
Les premières consistent en un bâton fendu à son extrémité supérieure, ou percé, près de cette extrémité, d’un trou dans lequel on place la pierre. On en voit, si je ne me trompe, une reproduction dans le grand ouvrage de Lepsius sur l’Égypte; un homme y est représenté ayant à ses pieds un tas de pierres et tenant à la main une fronde à manche dont il paraît faire un usage actif dans le combat(2). Les enfants s’en servent encore, dans leurs jeux, pour voir qui jettera la pierre le plus haut.
La seconde espèce, ou la fronde à courroie, consiste en une courroie ou lanière de 3 centimètres ou deux doigts
(1) Depuis que j’ai ^eritees Iig:nes, j’ai eu l’occasioii de voir l'ouvrage
intitulé Aniike Schlettdergc^v.hosse.von Wilh. (gr. in-4® ; BAle,
JSlifij.I/auteur parait avoir ignoré qu’il existe d’autres espères de fronde» que celle à cù\imÀe\ mais outre les frondes à niwche que j’ai employées, comme bien d’autres eufants, je puis citer encore la ligure de l'ouvrage de Lepsius mentionnée plus bas dans le texte.
(2) 11 est probable que ce fut avec une fronde pareille que David lança la pierre au front de Goliath ;,car celui-ci lui demanda s’il le prenait pour uti chien, puisqu'il venait h sa rencontre avec des bâtons (la houlette du l^erger et U* Itois de fronde). Voir Livre de Samuel, XVIÎ, 43.
CHAPITRF. PREMIFR.
de largeur et d’une longueur d’environ 89 centimètres. L’un des bouts est fixéautour de l'iiulcxdelamain droite, l’autre est tenu entre ce doigt et le pouce; la pierre sc place dans l’œillet formé de la sorte; on fait tourner la fronde au-dessus de la tète jusqu’à ce que la pierre ait acquis une force d’impulsion suflisante; on lâche alors l’un des bouts de la courroie, et la pierre mise en liberté vole en sifflant à travers l’air. Celui qui s’est longtemps exercé à cette arme peut acquérir une rare habileté.
On comprend par ce que je viens de dire que les pierres de fronde doivent être lisses et de préférence ovales ; mais elles n’ont nullementbesoin d’être formées avec autant d’art qu’on a paru le croire. 11 n’y a pas longtemps que l’on prenait pour des pierres de fronde presque toutes les antiquités en pierres arrondies [Journal (f archéologie du Nord (Nordish Tidskrift for Oldkgndighef), 1, 33, 2‘ cahier, lab. XIV, figure 47, etc.], même celles reproduitesplanche I, figures 11,14, etc., et planche XI, figure 216, et presque tous les poids de filets. Mais la moindre réflexion suffit pour montrer qu’il est absurde de supposer qu’on se soit donné tant do peine pour confectionner des pierres qui doivent se perdre au premier emploi, d’autant plus qu’on pouvait sans peine s’en procurer d’infiniment plus convenables. Les flintknuder ou rognons de silex des archéologues danois n’ont pas plus été des pierres de fronde que mes percuteurs ou mes poids de filet ; ils sont par trop raboteux pour cela, et ils auraient bientôt coupé la fronde, même celle en peau. Les fragments anguleux
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