I.NTRUDICTION
pointsdc la terre où les hommes ont établi leur demeure.
C’est de ce point de vue que j’ai saisi et que j’essayerai de développer le sujet que j’aborde.
J’ai pensé que, pour étudier l’histoire du développement des races humaines, l’on doit commencer par aller à la recherche des plus anciennes traces de la présence de l’homme dans chaque pays ; qu’il faut ensuite suivre ces traces pour voir où elles aboutissent, et se bien rappeler d’en séparer les traces plus récentes qui peuvent se trouver accidentellement mélées avec elles. C’est de cette manière seule que l’on parviendra peu à peu à la connaissance des migrations primitives des peuples, et que l’on découvrira la voie qu'a suivie la civilisation dans sa marche progressive sur la terre. Mais je n’ai pu ignorer qu’il est impossible de parvenir par la voie historique ordinaire à la connaissance de l’état primitif de l’espèce humaine ou de ses subdivisions, par la raison toute simple que l’histoire de chaque peuple ne commence ses annales que du moment où la civilisa- ^ tion de ce peuple est parvenue à une certaine hauteur. Tout ce qui se trouve au delà est tradition, mythe, légende ou ténèbres. La légende elle-même n’a pu commencer que dès l’instant où les besoins les plus grossiers ont été satisfaits, où les individus épars constituant enfin un peuple, une société, sont entrés eu relations hostiles avec d’autres peuples. Nous ne pouvons donc attendre ni de l’histoire ni de la tradition la connaissance de la race sauvage qui , la première et seule, a fait son apparition dans un pays quelconque.