CHAPITRE DEUXIÈME
et les hommes que s’il rompait avec inleiitiou et à bon escient la parole donnée, il voulait que la divinité le frappât de la même façon qU’il immolait l’agneau (1). Lorsque les Horaces et les Curiaces allèrent , par leur classique combat, décider du sort de Rome et d’Albe, les Romains avaient sans nul doute des armes de métal, et pourtant Tite-Livc raconte {Hist. 1, ch. 24) que le grand-prôtre, dans le sacrifice qu’il fit, frappa la victime, un porc, avec un couteau de silex. Je pourrais citer encore de nombreux exemples. Il est donc possible que les sectateurs d’Odin, qui, suivant le témoignage positif de l’histoire, sacrifièrent, jusqu’à l’introduction du christianisme, des victimes humaines à leurs dieux (2), coutume horrible ayant sans doute sa racine dans l’antiquité la plus barbare et la plus reculée, il est possible, dis-je, qu’ils aient employé dans ces sacrifices des couteaux de silex, quoique, si cela a été le cas, l’on puisse s’étonner qu’il n’en soit parlé nulle part. Mais si je suis prêt à le concéder, cela ne peut s’appliquer néanmoins en aucune manière aux couteaux et aux lances de silex que l’on trouve dans les sépultures à galerie, ce serait tout au plus ceux que l’on a rencontrés parfois, avec des armes de métal et
(1) Corn. Ncp. Ihmnibal . Édition Keuchen, note.
(2) I| est cependant extraordinaire que les Eddas ne fa&sent pas U moindre mention de sacriliecs humains. (Voy. Fi.SN H.xgnuson, Ed<Ui de Stiemiid.) C’est nne preuve parmi tant d'antres, que les Eddas sont inriniment peu sûres pour la connaissance historii|ue des sectateurs d’0<1in et de leur culte. Nous avons des sourcc.s plus authentiques dans les récits des premiers missionnaires et dans l'histoire des excursions des sectateurs d’Odin dans les pays ûtrangrers.