‹ Les habitants primitifs de la Scandinavie essai d'ethnographie compareeChapitre 95 sur 156 · CHAPITRE QI ATHIÊME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QI ATHIÊME

taiues écuries. Chaque famille occupe une de ces cellules et les femmes non mariées en ont aussi une.

Que l’on veuille bien maintenant comparer, avec cette description d’une habitation d’hiver groënlandaise,la description donnée plus haut des sépultures primitives de la Scandinavie méridionale. Tout n’est-jl pas essentiellement semblable, la forme, les proportions, la hauteur, la grandeur, l’orientation de l’étroite et-longue.galerie latérale, la division de la chambre en cellules établies le long des parois, ëlc.

J’ai mentionné en note que l’on a trouvé aussi au Groenland des demeures d’Esquimaux construites entièrement eu pierre comme nos sépultures paléo-scandinaves. Le journal d’ Archéologie du Nord [Tidskrifl for Nnrdhk Oldkyndighed) contient (t. 11, p. 332-333), une description intéressante de vieilles habitations de ce genre dans une région alpestre du Groënland. Les murailles de ces maisons n’étaient pas , comme celles des Esquimaux habitant les régions glacées, construites de pierre «t de mottes de gazon, mais uniquement de pierre. Pour la forme, elles ressemblaient entièrement aux habitations d’Iiiver ordinaires des Groënlandais. Dans la plupart, les pierres étaient de moyenne grandeur, mais, dans d’autres, les murailles étaient formées de grandes pierres plates et en partie carrées, posées de champ et si parfaitement jointes ensemble, qu’il y avait à peine eu besoin de combler les interstices avec de la pierraille. A l’un des côtés se trouvait une ouvertui'e donnant sur une longue galerie formée de deux rangées de pierres, placées de chaque -côté de l’issue.

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HABITATIONS DES ^SUUMAUX.

('oinme elles étaient depuis longtemps abandonnées, elles n’avaient plus de toit , pt se trouvaient par conséquent à ciel ouvert. Elles occupaient , en nombre considérable, une presqu’île entourée de trois côtés par un grand lac. On est vraiment étonné de voir cette description de demeures groënlandaises s’accorder si parfaitement, et pour ainsi dire mot pour mot, avec celle des sépultures Scandinaves. La cause pour laquelle ces demeures n’étaient pas couvertes en pierre, comme nos hypogées, est facile à comprendre. Une dernière analogie, c’est qu’elles étaient par groupes, comme nos édilices sépulcraux et comme eux aussi placées dans4p voisinage de l’eau (1 ).

Mais ce n’est pas seulement dans le Groëiilaml que l’on trouve des habitations de ce type. Toute la rade des Esquimaux en possède de semblables dans quelque

(4) Nousufiievouspn?; nous laisser Iruniper parla ciiTonslaure (|ue les (troOiilandais, qui arcoiiipagnaiont le voyageur auquel on doit la (lescrip> lion «le res üiaisoiis, ehiurlièivuit ù lui faire rroiiTque c’élaiout des restes des aurienu«*s coloiius imrM'giemuts* du liruênlaiid. (àî voyaptur allait juslemeut il la recliendie de iiionuiiieut.s du re genre, et ws guides aiaieut sans düutij des ré«-«uiq»eiises à atteiiiii*e |Mjiir i-|ia(|uu ilécouverte seiii- Idalde qu’ils lui roiumiiuûpiaicnt. Aussi étaiuut>ils si z«d«‘s à ect égunl «prils iiiétaniorphijsaieut en iiiouuiii«‘iits norvégiens des fosses à reiumls faites par les Ksquiiiiauv et «l»*s oveavatioiis naturelles dans les montagnes, Non.s pourrions peut-étir plii.s ou iiHjins adinctlre qu«* res «l«*iut*ures en pierre, aver leurs longii(>s galeries latérales, élai«Tit d’«n igine «draiigén^, ét «lu’elU^s avaient s<‘r\i de iiUHlèles |Mjur l«*s demeures d’hiver d<’s (Iroénlniidnis , si nous n’avions eoiiuai.s>anre que des maisons, hàtiosd’npW's le inénu* lvp«‘, existeut iion-seuiemeul rhez les Gia^'idandais des loralités où il y a rudes colonies étrangèns^Hiais eurore dans tout b* (iiHjéiilaiid et «laiis t«»ules l»‘s régiims «î»* l’Amérique du .\(»r«l occupées par h‘s K.s<|uinnu\. O type «rbahilntioii apparlû-iit «loue primitivement à ertte rare, que je cheiThe;*ai à établir pIii.s loin par d«‘ nouvelles pieu.ves.

180 CHAPITHIi QUATHIÉMK.

endroit du globe qu’elle se soit fixée. Elles sont toujours et partout caractérisées par leur longue galerie latérale, étroite, droite ou courbe, tournée vers le sud ou vers l’est, etpai' leurcbambre d’enviœn 1 inèfrc48 centimètres de hauteur. La chambre peut au reste présenter des différencesau point de vue des matériaux dont elle est construite et de la superficie qu’elle occupe.

Scoresby le jeune trouva dans la terre de Jameson, sous le 71' degré de latitude septentrionale, côte est du Groenland , les demeures d’Esquimaux reproduites planche XIV, figures 247, 248. Elles étaient abandonnées et formaient un groupe de 9 ou 10 habitations situées près de la berge d'une«appe d’eau. Les' toits avaient disparu ou s’étaient effondrés. Ce qui restait encore de chaque maison consistait en une excavation d’environ 1 mètre 20 centimètres de profondeur sur 4 mètres 43 centimètres de longueur et 1 mètre 78 centimètres de largeur. Les murailles des côtés longs étaient de pierres brutes, et le sol consistait en un mélange de sable et d’argile. L’entrée était, comme à l’ordinaire dans les habitations d’Esquimaux , une galerie souterraine horizontale de 4 mètres 43^ centimètres de longueur^ orientée vers le sud ou le sud-est, et s’ouvrant sur la pente de la berge. Cette galerie était si basse qu’il fallait ramper sur les genoux et sur les mains pour pénétrer dans l’intérieur. Elle était couvei'te de dalles revêtues de mottes de gazon. La toiture de ces habitations ne présente qn’uu faible relief au-dessus du sol environnant, et loi’squ’elle est revêtue de mottes de terre sur lesquelles

FJABITATIONS DES ESQUIMAVX.

végète dé la mousse ou de l’herbe, elle ressemble si parfaitement au reste du terrain , qu’il est difficile de l’en distinguer (Voir Scoresbi/s d. J. Tagebuch einer'Reise auf dem WaUfischfang, p. 234, tab. VIII).

Qui ne croirait voir datis les lignes qui précèdent nos sépultures à galerie cachées sous leurs monticules de terre? Le reste de la description de Scoresby mérite à un haut degré notre attention. Il raconte que deux ou trois de ces édifices qui paraissaient plus vieux que les autres, avaient selon toute probabilité servidè lieux de sépulture aux habitants de cette station, vu que l’on y trouva des tonibes avec des squelettes humains. Plusieurs tombes contenaient en outre des fragments des ustensiles et des instruments que les Esquimaux emploient dans leurs pêches et dans leurs chasses , et qui avaient été déposés auprès des corps afin de leur servir dans l’autre vie (p. 236).

Voici encore un fait prouvant que les habitations d’hiver des Groënlandais étaient parfois employées comme sépultures. Une personne digne de foi qui a longtemps habité le Groenland, m’a raconté que, vers 1830, on voyait près de Kongarsuk-Tange , à 20 kilomètres de Godhavn, une vieille habitation groënlandaise dans laquelle on trouva plusieurs corps accompagnés d’ustensiles et d’objets de parure. Ils étaient assis le long des murailles, exactement comme dans le tumulus de la bruyère d’Axevalla. Un fait identique est mentionné dans Y Annual Report of the Smrt/isoinm Imtitution for the gear 1862, p. 326-327, où il a été reproduit de la ÎS^atural Uistorg Review. Ijondon. By John Lnbbock.

CHAIMTKE OL ATRIÉME.

l^es Baschkirs enterFcnl aussi leurs morts assis ( Ermanns Reise, I, p. 436).

Nous .avons vu que l’hypogée du tumulus d’Asa, près de Qvistofta (Scanie), présentait une forme circulaire tout en ayant comme tous les autres sa longue et étroite galerie caractéristique orientée vers le sud. Je ferai observer à cet égard que dans les régions septentrionales de l’Amérique du Nord les habitations d’hiver des Esquimaux présentent, d’après Ross, toujours la même forme circulaire (PI. XIV, fig. 250). Elles sont entièrement construites de neige gelée «t munies de fenêtres de glace. Ces demeures possèdent aussi une longue galerie parfois courbe conduisant à l'intérieur. La .chambre forme un cercle d’environ 3 mètres de diamètre, lorsqu’elle ne doit contenir qu’une famille, et un ovale de A mètres 45 centimètres de longueur sur 3 mètres de largeur lorsqu’elle eu contient deux (1). La construction de ces édifices exige un temps singulièrement court : Une demi-heure suffit. Quand, daos leurs voyages, les Esipiimaux sont surpris par des tourmentes qui les empêchent d’aller plus loin pour le moment, ils se bâtissent immédiatement une de ces maisons de neige. Ross nous décrit (/. c. p. 390) les procédés de la construction. Même dans ces demeures élevées seulement pour la circonstance, ils n’oublient jamais la longue galerie d’entrée. Cette dernière constitue donc une partie essenfielle des habitations de la race des Esquimaux, que ces ha-

f 1 ) i'tntiinin siV Jo/iw liuss* ’/jveife- EnOit** kvHtjfirt'isp nwh dtf'tji'fnirft

RESSEMULANCI-; AVEC LES SÉPCI.TURES ANCIENNES. 183

bitations soient rondes ou carrées, que les murailles en soient construites de pierres, de mottes de terre ou de neige. Le même fait s’applique à nos hypogées primitifs dans lesquels on trouve des ustensiles 'de silex : carrés ou circulaires, grands ou petits, ils ont toujoui's la même longue et étroite galerie latérale particulière à ce genre de monuments.

Ce que présentent par conséquent de commun les habitations des Esquimaux et les sépultures Scandinaves primitives, c’est leur toiture plate, la hauteur identique (environ 1 ni. 48) de leur chambre, et, en dernier lieu, leur longue galerie couverte de 59 à 89 centimètres de largeur sur 89 centimètres de hau- * tenr et toujours orientée du côté du süd. Ces constructions se ressemblent encore en ce que la forme de la ^chambre varie, tantôt étant ronde, tantôt formant un f carré long. Quant à l’aménagement intérieur, U est ^ essentiellement le môme départ et d’autre. Le centre de la chambre est vide, mais le pourtour est occupé par ^ des cellules ou compartiments, et dans ces cellules sont ' les habitants vivants ou décédés, accroupis dans la position fiivorite de tous les peuples polaires, etc. Il semble à peine possible d'admettre que ces analogies si nombreuses, si essentielles et si exactes, soient simplement accidentelles. Et toutefois, d’un autre côté, il ne paraît guère possible, avec nos connaissances actuelles sur les différences si prononcées qui séparent ces races, d'admettre une communauté ou des relations entre elles. Il doit exister une autre cause qu’il nous est encore impossible d’expliquer. ^

Mi r,H.\PITRE QUATRIÈME.

Nous venons de voir que les Esquimaux, à l’instar des habitants primitifs de la Suède, déposent les ustensiles du mort à côté de lui dans la tombe. Le missionnaire Cranz raconte, dans son Histoire du Groenland (p. 301), qu’ils placent près de la tombe le kajak ou canot, les llëcbes et les outils usuels du défunt, « afin qu’il puisse les faire servir au soutien de sa vie dans un autre monde.*» Voilà donc encore une conformité entre les mœurs et les rites des deux races!

Le même Cranz rapporte (/. c.) que de so# temps encore bien des Groënlandais avaient coutume d«^acer une tête de chien près de la tombe d’un enfant,

« afin que l’âme du chien qui sait trouver partout^i demeure puisse montrer à celle de l’enfant le (^eaun’ de la terre des esprits. » Je ne sais si cette belld et. touchante idée appartient aux Esquimaux ou au misi-* sionnaire, mais un fait certain, c’est que l’on a trouvé des crânes de chieli dans des^ tombes d’Esquinmux' dans diverses localités du Groenland. Ainsi SconMÉy raconte (/. c., p. ^30) qu’il trouva sur la terre de Jameson le crâile d un chien « dans' une pèHte tombe qui probablement était celte j^’un enfant. »

Quelque portée que l’on puisse ou que l’on veuille donner au fait suivant, il est certain que l’on a aussi trouvé parfois en Suède des squelettes de chiens parmi les squelettes humains de nos chambres sépulcrales. Des recherches ultérieures montreront peut-être si les crânes de chiens que l’on rencontre dans ces hypogées reposent à côté des squelettes d’enfants. *

Le résultat des explorations et des recherches rela-

RESSEMBI.ANCE AVFX LKS SÉPUI.TrRES ANCIENNES. ISS

tées dans ce chapitre sera donc que les dfbris encore existants de l’architecture des peuplades Scandinaves primitives, dont nous nous occupons, ne resseinhlent nullement aux constructions de la race gothique ou d'aucune autre race connue de la grande famille caucasienne, mais qu’ils présentent par contre une con-. formité frappante avec le mode de construction du peuple polaire des Esquimaux, race qui, grAce au bas degré de culture dans lequel elle se trouve encore, a le mieux conservé ses antiques usages. • ‘

Celte conformité s’applique non-seulement au motle ' de sépulture de iios populations primitives, mais encore, comme on vient de le voir, à certaines coutumes religieuses qui s’y rapportent. Et pourtant ces deux peuples n’appartiennent pas à la même race. La Scandinavie ne présente pas les plus légers indices d’avoir jamais été habitée .par des peuples du type des Esquimaux. Cette ressemblance doit donc être attribuée au même degré de culture et à des circonstances extérieures identiques.

Pendant les années qui se sont écoulées depuis que je découvris et que je communiqtiai pour la première fois cette conformité entre nos sépultures primitives et les habitations des Esquimaux, j’ai minutieusement exploré les premières et j’ai pu constater encore mieux les faits énoncés plus haut. Mais (;e que je crois poiivoir avancer, sinon complètement prouver, c’est qu’une partie de ces constructions à galerie, sont des ruines d’anciennes habitations, bien que la plupart soient et aient été réellement des édifices sépulcraux.

UIAPITm: OI ATIJIÉMF,.

Ce que j’ai eilé, page 180, il’api ès levoy.ige de Scoresby et d’après des coiniuunicafions verbales , prouve évidemnientque, même parmi les Esquimaux, du moins dans certaines localités, c’était encore assez récemment l’usage d’inhumer les morts dans des chambres sépulcrales identiques aux habitations. Et , en vérité , si nous noys livrons à une comparaison encore plus miniilieuse entre les habitations et les chambres sépulci'alesj nous (ui constaterons l'identite absolue chez tous les peu|des,incuiles. Si nous reclierchons la cause de ce fait ethnologique remaniuable, nous comprendrons bien vite ([u’il doit en être ainsi et qu’il ne peut en être autrement. L’homme à l’état plus ou moins sauvage, ne suivant encore que ses instincts naturels, a pourtant un pressentiment , obscur et confus sans doute, de la continuation de la vie après la mort. Mais comme il ne peut s’élever à des notions plus pures et plus nobles, il croit que les morts continuent dans le tombeau le genre d’activité au(|uel ils s’étaient livrés pendant la vie. C’est sous l’impression de celte croyance qu’il coustruit pour les morts des demeures pareilles à celles des vivants; c’est pour cette cause que dans la chambre sépulcrale il b*ur donne la position qu'ils affectionnaient de leur vivant dans leurs habitations; c’est sous l’inspiration de la même pensée qu’il attache à leur coieou qu’il dépose à leui-s cotés les ustensiles et les objets dont ils se seivaient journellement. Je ferai voir plus loin que ces faits sont en pleine conformité avec les plus anciennes traditions de la plupart des peuples. Ce que je viens de

ANCIENNKS IIAIIITATIONS IlF. SCANIK.

(lire suflira, je l'espère, pour faire coiiipremire que s'il existe en Suède des demeures de relie époque, elles doiven t être parfaitement ideiiliques de forme et de construction aux édifices sépulcraux de cette niémeépoque.

I>a vérité de celle thèse est évidenlp pour quiconque y veut réfléchir. Nous pouvons donc être pleinement persuadés que le sauvage des plaines boisées et d»V pourvues de rochers'de laScauieet de la Vestrogothie, avant qu’il eût élevé des édifices à galerie, pqur les morts, en avait déjà consiruil de seinhlahles pour les vivants. Si je ne fne trompe, nous possédons encore quelques-unes de çes habitations priinitives. Kilos se distinguent des demeures mortuaires en ce (jue l’on n’y trouve jamais de s(|uelelles, et autant que j’ai pu m’eu assurer jusquüci, en ce (ni'elles ne sont (|ue rarement, sinon jamais, couvertes de blocs do pierre, mais se présentent toujours à ciel ouvert, l-elte dernièi'C circonstance semble dénoter (ju'elles avaient une loilureen poutres, comme les habilalioiiN des (Iroënlandais et des Esquimaux de l’-Vinérique du Nord, auxquelles elles ressemldenl eiilièremeiil pour la forme et pour la construction.

Je vais décrire les ruines de deux de ces habitations primitives dont rune se trouve à droite cl tout pri s.du grand chemin qui couduil de Skifvarp à Yslad (Scanie). à l’ouest du gidfe de Skni' (Skarvik't'ii) et non l«in des bords de la mer. Elle se nomme llblingen et est située sur une colUne peu élevée de sable et de gravier. Elle forme plutôt un carré long qu’un ovale allongé et est orientée de l’est à roiiesl Elle ,se coni|)ose de grands *

f.HAPITRK Ql’ATRlÉME.

blocs de granit posés de champ en contact par leurs côtés étroits; quelques-uns se sont écroulés, les autres sont restés debout. Du milieu du long côté du sud part une galerie latérale dirigée vers l’E.-S.-E., construite de blocs plus petits et moins hauts que ceux de la chambre même. Olle-ci mesurait 5 mètres 9i centimètres de longueursur une largeur de 2 mètres 59 centimètres. Les grands blocs qui constituaient les murailles reposaient sur un lit de cailloux et d’éclats de pierre pour empêcher les afîaissements, et ils avaient une hauteur d’environ 1 mètre 03 centimètres. La galerie, qui mesurait 4 mètres 45 centimètres de longueur, avait à son débouché e.xtérieur une largeur d’environ 59 centimètres et, à son entrée dans la chambre, d’environ 74 centimètres. Les pierres de la galerie, plus basses que celles des murailles, ne furent [«s mesurées. De cette ruine, entièrement ouverte; la moitié oU un peu plusse trouvait au-dessus du niveau du sol. Le gazon enlevé, la couche sous-jacente se trouva consister en une jnasse de petits éclats de pierre mêlés de terre ; ceux-ci déblayés, on arriva au plancher proprèrtient dit, lequel était composé d’argile mêlée de sable. On y rencontra divers fragments d’éclats de sHex (PI. II, fig. 24) qui sans doute avaient été des couteaux du type lo plus grossier et le pl us primitif, plus quelques vases en terre cuite de differentes formes, enjolivés à l’oxlérieur d’ornements faits au poinçon. Aucun vase n’était entier ; de quelques-uns on ne trouva que dés fragments avariés, preuve qu’ils avaient été brisés avant la destruction partielle de l’édifice; tous étaient vides et

A^CIENNES HABIT ATIOiNS DE SCAME. IK!)

l'on n'y Irouva aucune trace d’ossements calcinés. On recueillit, en outre , des perles d’ambre à peine reconnaissables (Voy. PI. IX, (ig. 191, 195) et quelques fragments d’os qui assurément n’étaient pas des os humains. On découvrit daiis l’aile du noiil des charbons et de la cendre, inonlrant que le foyer avait été là et, tout auprès, deux ou trois vases d’argile brisés. On ne trouva rien dans l’aile du sud. Si mainténant nous admettons, et l’on,y est pleinement autorisé [wr les faits, que nous avons devant nous les ruines d’une maison habitée par des sauvages il y a deux ou trois mille ans; que cette maison était couvei’te de la même manière que les habitations d’Esquimaux groénlaiidais décrites dans les pages précédentes, savoir d’un toit plat en poutres soutenant un treillis de poutielles, sur lequel reposaient sans doute des pierres de i>etites dimensions recouvertes de branches d’arbres résineux et de bruyère, le tout surmonté dè terre; si donc nous nous figurons tout cela, le toit détruit par l’àge et par les intempéries se sera écroulé dans la maison ét aura été réduit en poussière, et la ruine sera devenue précisément ce que nous venons de voir. Les éclats de pierre qui se trouvent toujours en grand nombre en dedans et autour de ces ruines remplissaient, selon moi, les interstices des murailles afin de consolider ces dernières. Ce fait est d’autant plus certain qu’on les rencontre toujours à leur place norjnale dans les interstices des chambres à galeHe encore couvertes de terre et où, par conséquent, les murailles mieux protégées se sont conservées dans leur état primitif.

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