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CHAPITRE IV

NECESSITE DE LA LIAISON DE L'OFFICE D'HABITATIONS A BON MARCHE AVEC LE BUREAU D'HYGIENE

La loi du 13 juillet 1928 à eu pour but « la construction et l’aménagement d'immeubles salubres ». Mais les commentaires de cette loi, publiés par le ministre du Travail, de l’Hygiène, de l’Assistance et de la Prévoyance sociales, ont montré que le législateur visait, en outre, la suppression progressive du taudis. « I faut qu’en même temps que ces maisons s’édifient disparaissent les taudis, qui sont une misère sociale des grandes villes. » (Circulaire n° 9.)

Nous avons vu que le Bureau d'hygiène, d'une part, est chargé de cette lutte contre le taudis; que l'Office d'habitations à bon marché, d'autre part, construit les habitations salubres; l'application parfaite de la loi, dans sa pensée, nécessite l'union de ces deux organismes.

Un des obstacles à la destruction des immeubles insalubres étant la crise du logement, on pourrait donc réserver une partie des habitations créées par l'Office à des familles occupant des locaux d’une insalubrité notoire, et qui auront été invitées à les abandonner dans les conditions prévues par la loi du 15 février 1902 sur la protection de la santé publique. De cette façon, l'Office donnerait au Bureau d'hygiène la possibilité d'étendre son œuvre d'épuration. :

D'autre part, lorsque le Bureau d'hygiène provoque la destruction d’un immeuble insalubre, l'Office, sur cet emplace-

ment, peut faire construire une maison collective qui répondra aux exigences de l'hygiène. Automatiquement, pour ainsi dire, le taudis fait place à une construction moderne, dont les occupants bénéficient de l’eau, de l'air et du soleil, qui faisaient défaut à leurs prédécesseurs. De plus, le confort n'implique pas une augmentation de prix du loyer, et bien souvent un logement d'habitations à bon marché coûte moins cher qu'un taudis.

Cette liaison, qui est appelée à donner une grande envergure à la lutte contre le taudis, est réalisée à Bordeaux. Depuis 1925, l’adjoint au maire délégué à l'hygiène, M. le Docteur Ginestous, est en même temps président de l'Office d'habitations à bon marché. Grâce à cette communauté de direction, en même temps que s’édifient des constructions nouvelles, présentant toutes les garanties de salubrité, la guerre aux taudis est entreprise, les habitations à bon marché venant prendre la place des immeubles insalubres. Pour donner quelques exemples des résultats que donne cette coopération, nous citerons la maison collective « Charles- Gruet », édifiée sur l’emplacement d'un ancien hôpital de vénériens; la collective « Adrien-Marquet », sise 38, rue des Vignes. En outre, sont en construction depuis cette année une maison Collective rue Maucoudinat et une autre rue des Vignes; elles s’élèveront au lieu et place de taudis abattus depuis peu.

Ainsi, depuis 1925, 53 logements salubres ont pu remplacer en plein centre de Bordeaux un même nombre d'habitations antihygiéniques; et, grâce à la modicité des loyers, la classe sociale des occupants à peu changé. Car il ne suffit pas d'abattre un taudis; s’il doit être remplacé par une banque, un cinéma où un immeuble de rapport, 45 ou 20 familles de plus iront augmenter le surpeuplement dans les locaux existants.

Par conséquent, s'il faut non seulement évacuer un taudis, mais le détruire, il faut aussi qu'à sa place s'élèvent des logements accessibles à ceux qu'on a invités à abandonner leur logis.

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