CROYANCKS ET RELIGION DES CRIMINELS
c’était bien plus par parade, par vantardise, pour « épater les panires », que par absence de sens religieux. Par contre, j en ai vu quelques-uns pratiquer sans hypocrisie, et ceux-là, je ne sais pourquoi, étaient presque toujours des protestants ou des israélites. Les autres sont absolument indiiïérents. Lorsqu’on leur demande : « Croyez-vous en Dieu? » quelques-uns répondent ; « Oui, je crois tout de même qu’il y a quelque chose au-dessus de nous. » Mais ils n’ont pas de conceptions plus précises. D’autres répondent plus simplement ; « Je ne sais pas, je m’en f... » ou bien encore ; « Je ne me suis jamais aperçu que Dieu s’occupe de moi; je ne m’occupe pas de lui, je lui f... la paix, qu’il me f... la paix! » Telles sont les professions de •foi qu’on entend le plus souvent dans la bouche du criminel parisien. C’est un sceptique et un railleur. Il appelle Dieu le « grand mèque. »
Néanmoins, je croirais volontiers que les condamnés à mort abandonnent ce scepticisme et cette indifférence au dernier moment. Après toutes les péripéties et toutes les émotions du jugement, après la lecture de l’acte de condamnation à mort, après les longs espoirs de grâce, le criminel est abattu, et souvent il a déjà accepté les consolations que lui apporte Taumouier, qui seul lui parle de pardon, d’amour et de rédemption. Puis, un matin on vient tirer brusquement cet homme de son sommeil et on lui annonce que dans quelques minutes il va mourir.
Après un tel choc, comment ne faiblirait-il pas! Comment le [)lus endurci ne sentirait-il }>as sou cœur se fondre dans ce