LE BAGNE DE SAN STEFANO
Dante, qa’on ne vante plus tes cercles infernaux,
Et toi, Virgile, cesse de chanter les flammes sombres de l’Averne,
Et les Cérastes, et les Harpies, et les autels
Qui distillent en ces lieux ténébreux une affreuse ppurrilure.
Ici, ici, l’on perçoit le grouillement sombre De ces âmes impies, perverses et sordides.
Ici. l’on entend le son terrible et rauque Qui retentit sur l’autel de Pluton.
Un monstre s’endort ici, sur ce grabat,
Et bientôt devient la proie d’un autre monstre Q’un troisième se hâte de venir dévorer à son tour.
Le sang dégoutte sur le sol; l’air ne respire Que vengeance, carnage et trahison.
Ici, pendant que l’un périt, l’autre conspire.
Ce passage, en effet, est empreint d'une certaine beauté et d’une certaine poésie. Mais un individu qui a lu le Dante et Virgile est-il vraiment un illettré? Lombroso se montre sévère. Il f faudrait Connaître l’histoire de cet homme, savoir pourquoi il a
été condamné.
11 en était peut-être à sa première condamnation; c’était peutêtre un dégénéré supérieur, un détraqué analogue à ceux que nous avons étudiés. Et puis je n’ai jamais rencontré chez les criminels ce mépris pour leurs codétenus; le cordonnier de San