‹ Les habitués des prisons de ParisChapitre 71 sur 132 · LA LITTICHATLUE DANS LES PRISONS · texte numérisé non relu

LA LITTICHATLUE DANS LES PRISONS

n’avait jamais lu la Bible ni aucun livre sacré, racontait ses visions dans un langage ([ni étonnait dans une pareille bouche. Il me remit un jour une sorte de résumé de sa doctrine, qu’il avait intitulé : Paroles de Dieu par la bouche d’un ignorant. En voici quelques passages qui, malgré leur exagération imagée, ont une tournure presque biblique : « Hommes, dans ce monde ici-bas, vous qui jetez au vent les remords de la vie, vous qui blasphémez votre rédempteur au moment qu’il veut revenir à vous, que de sacrifices ne fais-je pas pour vous, ingrats qee vous êtes ! Si je voulais, je vous écraserais du haut des cieux. Vous qui cherchez dans l’obscurité la lumière éternelle, les flambeaux de la vie, le remords des hommes, le royaume des cieux et le bonheur de l’avenir, tremblez à l’horizon qui doit paraître. Du haut des cieux j’ai descendu sur la terre pour faire trembler l’univers et répandre sur mon peuple la terreur. Que mes souvenirs restent toujours en vous. Quele blasphème sorte de votre bouche et que la crainte le remplace, car le passé n’ëst plus : les choses sont changées. Si jamais l’univers n’a bougée vous le sentirez remuer sous vos pieds. J’éveillerai le lion du désert qui dort d’un sommeil engourdi. Je ferai flotter la barque du rameur sur les mers. Par mes tourbillons, je rallierai les flots. Je ferai trembler l’auxiliaire de l’océan. Je ferai bannir le roi des Alpes. Je ferai souffler les vents de la Tamise. Je ferai gronder le lion du Danemark; j’agiterai les panthères; j’obscurcirai le jour. » Malgré leur emphase, malgré certaines alliances de mots d’une hardiesse rare, ces menaces ont réellement une tournure apocalyptique. Ecoutez encore cette prière : « Grand Dieu du ciel. Père éternel, je viens à jamais dans l’éternité vous convaincre de ma présence, immortaliser mon nom, châtier les méchants, calmer les vengeurs, grandir les honneurs, bannir à jamais les horreurs de la vie. Français, vous qui cherchez à l’ombre de l’aurore les merveilles de la vie, venez vous ranger ici dans celte

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