‹ Les habitués des prisons de ParisChapitre 77 sur 132 · LA CENTRALE · texte numérisé non relu

LA CENTRALE

Dès l’arrivée du prisonnier en centrale.

C’est un spectacle des plus curieux.

Un perruquier, qui vous rase à l’eau sale,

En vrai faucheur vous fait tomber les clieveux.

LA LITTIÔHATUKE UANS LES PRISONS

Un vieux gardien, que réclame la potence, D’un air sévère vous dit tout en grognant : TAchez de vous taire et faites-moi silence; "N’idez vos poches et donnez votre argent.

11 vous saisit papier à cigarette.

Pipes et tahac. Adieu, tout est lini.

Par le liane gauche on file A la baguette.

Pour prendre un bain qu’a déjà dix fois servi. Des employés assistent à la toilette;

Pour vous montrer qu’ils portent des galons. Font des manières et môme de l’étiquette; Sous l’habit gris ils font les fanfarons :

Ils ont passé par la môme fdière.

Tout comme nous, ils sont bien prisonniers. Sans distinction, au casier judiciaire.

Les camarades ont aussi un dossier.

Un surveillant vous fait regarder terre En vous disant : baissez-vous à moitié;

Il vous palpe et regarde le derrière,

De la maison c’est l’usage de fouiller.

A la visite du médecin on vous passe.

Comme un conscrit entrant au régiment.

Sitôt trois francs, vous faites petite masse.

En cas de mort, pour vos frais d’enterrement. Et de là aussitôt on vous mène Devant les gros de l’administration ;

C’est le prétoir; mais cela vous ramène Au cinquième acte du Courrier de Lyon.

Vous y voyez Monsieur le Directeur,

Un hypocrite, un Ane décoré.

Et son profil à côté : l’Inspecteur,

Et le plus faux, le plus bas : l’Aumônier.

cette place est l’instituteur ;

Mais il n’est pas à craindre, ma foi;

C'est lui qui est l’avocat bêcheur;

C’est lui aussi qui a le moindre droit.

Le gardien chef, prenant la parole,

D’un ton bourru vous dit : Ecoutez!

Et des lois vous débite le code Et la manière de l’observer.

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