‹ Les habitués des prisons de ParisChapitre 78 sur 132 · LA LITTÉUATUUE DANS LES PUISONS · texte numérisé non relu

LA LITTÉUATUUE DANS LES PUISONS

Ici il faut écouter les gardes,

Et travailler, travailler tout le temps;

Il faut marcher quand on est en promenade Et tous les mois n’écrire qu’à ses parents; Tous les matins, au premier son de cloche, Faut se lever et très bien faire son lit.

Ne mettez pas les mains dedans vos poches. Ecoutez bien les iDrières qu’on dit;

A l’atelier suivez les camarades ;

Comme des cervelas soyez bien alignés; Baissez les yeux si l’on vous regarde.

Voilà l’ouvrage : il faut travailler ;

On vous soumet de suite à une tâche Qu’il faut faire sous peine de punition.

Enfin ici on est pire qu’un esclave.

On ne peut même pas ch... sans permission. Bref, mes amis, s’il fallait vous dire Toutes les singeries qu’on fait à la maison. . . Pour le dehors cela prête à rire.

Attendez-vous toujours aux punitions. Quelquefois, pour refus d’obéissance.

Qui n’est pas le délit le moins léger.

On vous enlève, et d’un air d’importance,

A coups de soulier, on vient vous déporter. Allons, amis, ne faites pas résistance ;

Faites attention, le gardien est armé.

Surtout de lui n’ayez pas confiance.

Car chacun sait ce qu’il peut arriver.

Et maintenant ici je m’arrête;

De Gaillon je garde bon souvenir;

Si vous y allez, pensez aux oubliettes Où beaucoup vont pour ne plus revenir.

Cette chanson est l’œuvre d’im certain Lepage, individu fort dangereux, célèbre dans les prisons; elle lui fut inspirée pendant son séjour à la prison de Gaillon. A Poissy, il tua un gardien et fut condamné aux travaux forcés à perpétuité.

Ailleurs, le criminel devient presque un enfant qui pleure et

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