LA LITTÉHATUHE DANS LES PRISONS
de la révolulion cl la personnilicalion la plus redoutable, il ])araît bien, de la révélation »,
Je ne voudrais pas faire ici de rapprocliemeuls blessants; mais il est un genre de littérature tout nouveau qui présente de singulières analogies avec celle que nous étudions. En elfet, il est des poésies « déliquescentes » de décadents qui sont souvent plus obscures et plus hyperboliques que les compositions citées plus haut. Prenons au hasard dans un numéro du Décadent, un sonnet mutilé, signé Arthur Raimbaud et intitulé : Les Cornues. Le voici.
L'abdomen prépotent des bénignes cornues Se ballonne, tel un ventre de femme enceinte,
Es dressoirs, elles ont comme des airs de sainte Procession, vers quel Bondieu ? de plages nues.
Et leur I-dole à Ces point du tout ingénues Pelreines, c’est tes gloires jamais atteintes,
O la science. Phare inaccessible
Mais c’est dans l’âpre Etna de vos nuits, o cornues!
Que meurt le fœtus des Demains triomphants !
O vulve ! de leur bec tels des sexes d’enfants Et volute du Flanc telles les lignes nues Du pur torse de l’Eve aux rigidités lisses ;
Sort de leur col fluet comme de jeunes cuisses!
Le critique du Décadent reconnaît que « ce miraculeux sonnet est d’une facture tourmentée ». Mais lequel est le plus obscur de l’orateur anarchiste ou du vicaire mégalomane, ou du poète décadent ? Ce sont probablement tous trois des névrosés.
Néanmoins, on trouve par-ci par-là, dans les compositions des criminels, quelques poésies d’une certaine valeur ; mais, on y retrouve toujours plus ou moins ce style prétentieux et tourmenté si clier à ces esprits.