A UN CRANE DE JEUNE EILLE
Ue quelle belle enfant, restes froids et sans vie,
Beau cnlne apprêté par mes mains.
Dont j’ai sali les os et la surface blanchie D’un tas de noms grecs et latins.
Compagnon triste et froid de mes heures d’étude.
Toi que je viens de rejeter Dans un coin, ah! reviens tromper ma solitude.
Réponds à ma curiosité.
Dis-moi combien de fois ta bouche s’est olferte Aux doux baisers de ton amant ;
Dis-moi quels jolis mots de ta bouche entr’ouverte Dans les heures d’égarement...
Insensé!. . . Tu ne peux me répondre, pauvre fille;
Ta bouche est close maintenant,
Et la mort en passant, de sa triste faucille,
A brisé tes charmes naissants.
Triste leçon pour nous, qui croyons que la vie Peut durer pendant de longs jours!
Et jeunesse, et bonheur et beauté qu’on envie.
Tout passe ainsi que les amours !
Aussi, quand, vers le soir, âpre et dur â la tâche.
Je travaille silencieux.
Mon esprit suit le monde et. tout inquiet, s’attache A des pensers plus sérieux.
Je rêve au temps qui passe... alors je te regarde.
Et, songeant aux coups du destin,
Sur ton front nu je crois lire en tremblant : « Prends garde! Mortel, ton tour viendra demain! »
Voici cgalcmenl une boutade de Lacenaire assez heureusement ri niée.