T.A IJÏTICUATCUE DANS LES PUISONS
J’TE vas LACHER UN PAIN (1)
Ecoute. Suzon, il faut que j’te honnisse (2)
Que tes façons commencent à m'mettre à r’naufl (3).
J’t’ai démarré d'un gonzier d’pain d’épices (4)
Qui ne savait pas t’arranger comme il faut.
Je l’ai relevé; la môme a l’air gi ronde (5),
Que j’me disais, croyant avoir fait un cliopin (G);
Mais tous les soirs sans pognon j’te trouve ronde (7).
J’te vas lâcher un pain.
Pour travailler l’.soir é la Pépinière,
Pour vingt pélos j’t’acliète un p’tit panier;
J’t’apprends comment l’on peut plumer un lièvre (8).
Et J’te conduis moi-môme au pigeonnier (9),
Pendant c’temps-là, faut-il que j’sois bonnasse.
Comptant sur toi, je plaque mon turbin (10) :
Tu m’fais grefl’er, y m’reste plus qu’une limace (11).
J’te vas lâcher un pain.
Quelques poètes ont recueilli l’argot et Font mis en vers. Témoins Villon, parmi les vieux, A. Gill [la Muse à Bibi) et .T. Ricliepin (la Chanson des Gueux), parmi les jeunes. C’est peut-être là une tendance littéraire curieuse à étudier, mais sans intérêt pour nous, que nous plaçons à un tout autre point de vue.
Il existe à Paris un café que je ne nommerai pas, et où se réunissent un certain nombre de jeunes déclassés qui chantent des chansons obscènes ou disent des monologues en argot de leur cru. En voici un échantillon.