LES CIUMINELS DANS LA SOCIÉTÉ
individu condamné à six ans de réclusion et faisant partie d’une Lande qui avait pillé un hôtel abandonné. Le commissaire de police les surprit dans l’iiôtel môme, à table devant un saladier de vin chaud. Ils ne se dérangèrent môme pas et eurent l’audace de lui dire : « Laissez-nous finir notre vin chaud, et apres nous vous suivrons sans résistance, si vous nous promettez de nous protéger contre la foule qui attend dehors. « Or, celte bande audacieuse ne datait que de la veille. Deux ou trois drôles s’étaient rencontrés dans un cabaret borgne; l’un d’eux avait parlé d’une « affaire batte » qu’il connaissait; on avait résolu de tenter le coup, et le lendemain chacun était arrivé au rendez-vous accompagné de quelques amis qui devaient prêter main^forte. Si elle n’avait été arrêtée, la bande se serait probablement dissoute le jour même pour se reformer ensuite avec des éléments différents.
Les faux-monnayeurs eux-mêmes ne sont plus à la tête d’associations. J’ai interrogé, à la Santé, trois faux-monnayeurs et plusieurs de leurs émetteurs. Voici en quoi consistait leur association, si cela peut s’appeler de ce nom. Le faux-monnayeur fabrique scs pièces, qu’il vend une somme convenue (trois ou quatre francs une pièce de dix francs, par exemple) à des émetteurs; ceux-ci se chargent de les écouler à leurs risques et périls sans avoir aucun compte à rendre au fabricant, qui souvent, quand il le peut, leur caçhe son nom et son adresse, pour prévenir les délations qui ne manquent jamais de se produire lors de l’arrestation de l’un des émetteurs. Mais entre ces gens il n’y a aucune loi, aucun règlement; il n’y a qu’une suspicion .perpétuelle et toujours en éveil.
C’est là tout ce qu’il reste des associations criminelles à l*aris.