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CHAPITRE IV

KTAT IIHI'UCINATOIRE

À. Existence d'un état hallucinatoire. — Sa nature

Kintime. — » L'hallucination ne doit plus être considérée,, aujourd'hui, que comme le symptôme d'un étal pathologique'

I spécial du cerveau, élal, tantôt Iransiloire, laulàt persistant,, qui, k sou moindre degré de développement, est caractérisé par.; des phénomènes se rapprochant beaucoup des phénomènes' physiologiques et, à son maximum d'élévation, produit des hallucinations ininterrompues et d'une neltelé parfois supérieure à celle de la sensation ('). »

Ce qui a peut-être été le plus nuisible dans les nombreuses recherches qu'ont suscité l'élude des hallucinations, c'est qu'onlésa presque toujours .regardées ou comme un symptûme. ou romme une complicalion des maladies mentales.

On ne leur a presque pas assigné d'autres causes, ainsi que

(1) Uallucinallon. Dict. de mid. eC de chir. praliqui

nous l'avons di^j.'i dil, que les causes lu^nies des psyclioses dans lesquelles on les constate.

Lors(|u'oii a voulu établir des rapporis entre eplies-ei et les phénomènes voisins l'on a, s'appuyaiit sur des exemples, plus fait pour en imposer an pieinier abord, que pour résister à un fX&uien sérieux, presque voulu assimiler d'emblée, les hallucinations à des phéuoinf-nes physiologiques.

Ce qui est indéniable, c'est que l'hallunnatmi est le résultat ^un ;méfamsTne- iiviirtal, fnuclioniiaiH sous des cowlitiunis particu- Uè-rex, que nous appelons l'état hallucinatoire.

Si l'hallucination n'est donc pas, pour nous, toujours un symptôme de folie, ce n'en est pas moins toujours un symptôme d'un état pathologique.

Ce qui est indéniable aussi, c'est ique lorsqu'on étudie ce pllénoniAie sur des malades pouvant rendre fidèlement compte deleurélal, lorsqu'on l'étudié surtout daus sa forme la plus pure, daus la forme to.xique et que l'on voit ensuite dans les . divers antres cas, l'hallucination naître toujours des mêmes causes, avoir la même forme, la même marche, la même évolation, l'on ne peut se refuser à admettre l'existence d'un même trouble pathologique.

On a la conviction, alors, que les diverses sortes d'hallucinations ne sont que tes manifestations diverses d'un état hallucinatoire qui, lui, est toujours identique à lui-même, ayant des causes définies, un mode de développement particulier, des caractères différents à ses différents degrés de développements, une forme aiguë et une forme chronique.

Lorsqu 'ensuite, passant à l'étude de certains phénomènes voisins, l'on retrouve encore entre ceux-ci et les hallucinations, une étiologie semblable, des manifeslalions identiques, des rapports de progression, de relations, de transformations indéniables, l'on voit que cet étal hulliicinatoires'élend bien au-delà des étroites limites ifans lesquelles l'enfernie la description classique de l'hallucination.

Nous ne voulons pas voir cependant dans cet étal, un trouble pathologique h évolution toujours progressive et systématique. Son développement sera plus ou moius rapide suivant les cas,

ÉTAT riAtilïCtSâWiRE

il semblera chez oertoins, acquérir presque d'emblée sa forme la plus parfaite; chez d'autres, il s'arrêlera à, telle ou telle période de son évolution.

Lorsqu'on lit une série d'observations d'hallucinés, priaeSj' dans n'importe quel auteur, l'on ne peut faire autrement que de' se convaincre de la réalité de cesfails. Cependant, presque tous ont négligé de faire ressortir la parenté qui unit entre eux divers phénomènes, la progression croissante et décroissante qu'ils suivent dans le cours de la maladie, eu un mot tout ce qui permettrait de leur faire reconnaître leur origine com niune.

Nous pouvons donc affirmer l'existence de cet état pathologique particulier, l'ouvons-nous en connaître la nature intime ?

Nous serons moins affirmalifssur ce sujet et nous nous conlenterons de reproduire brièvement les idées de celui qui a poussé le plus loin celte élude de J. Moreau, de Tours.

Pour lui, le fait primordial, le fait primitif, le point de départ nécessaire de tout délire, comme de toute hallucination c'est l'excitation.

Ce mot excitation a été cause de, bien des discussions, aussi nous conlenterousuousde dire ce qu'était pour lui le fait primordial.

Voilà comnienl il le caractérisait :

11 Mobilité croissante des actes de la faculté pensante, affaiblissement gradué du libre arbitre, du pouvoir, en vertu duquel nous lions, nous coordonnons nos idées ; nous les faisons i verger vers un but déterminé, nous concentrons notre attention sur les unes à l'exclusion des autres, à notre gré et par notre seule spontanéité; par suite, obscurcissement plus ou mi rapide de la conscience inlime, enfin véritable transformation, du fnoi, qui. au lieu de la vie réelle, ne résume plus que la vie de l'iniaginalion, la vie du sommeil. »

L'état hallucinatoire est donc, pour Moreau, de Tours, l'état de rêve, l'état dans lequel, comme dit Burdach, les phénomènes^ de la vie des songes font irruption dans ceux de la veille.

Voici comment il décrit cet état particulier : « L'état de rêve

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