CHAPITRE tV
pividiiB. 11 C'est en effet un des earaclères de ce genre lallucination de se développer toujours de la même ma- : et de se présenter toujours avec la iiièine forme, asi se comportent l'alcool, le haschich, l'opium, la digi- , la belladone, etc.
S'est pour arriver h ce résultat, que l'on consomme l'esfen Turquie, le kif au Maroc, (jirdan nous raconte que ^guent dont s'enduisaient les sorciers, était composé de iquiitm. d'opium et de ciguë; à la même famille de plan , l'6n doit probablement rattacher les parfums que brûlaient en Grèce les prêtres qui évoquaient les dmes des morts, à Alexandrie, ceux qui voulaient entrer en relation avec les dieux.
Benvenuto Cellini nous a laissé le récit d'une scène de magie qui ne nous permet aucun doute sur l'usage qu'on faisait des solanées vireuses, dans ces sortes d'invocations. Les toxiques, du reste, agissent d'une façon bien différeute, lorsque, par suite de leur emploi antérieur, ou pour toute aulre cause, les personnes qui s'en servent sont déjà plus ou moins sur le penchant de l'étal hallucinatoire.
C'est ainsi que certains individus senibleul réfractaires à l'action des toxiques, ou tout au moins n'ont pas d'hallucinations avec des doses qui, chez d'autres, auraient produit * des effets intenses.]
Les troubles pathologiques momentanés que nous invoquons comme causes du développement de l'étal hallucinatoire, sont des plus divers.
Les affections débilitantes surtoul. jouent un rôle considérable. Est-il nécessaire de rappeler toutes les hallucinations survenant à la suite de la faim, de la soif, dp la fatigue physique exagérée, des privations de toutes sortes. Là se trouve l'origine des hallucinations du radeau j]e la Méduse. A la réunion de ces. mêmes causes, est souvent due aussi la production de ces phénomènes curieux qu'ont signalé des voyageurs, . La calenture qui donne à la mer cet aspect qui fascine
ÉTAT BXLLiraWATOIRK
el attire, d'une plaine émaillée de gazon et de fleurs. Le ragla du désert qui fait voir aux voyageurs, luttant contre' le soninieit. des halluciiialions les plus fantastiques. Chez les arabes, la seule vue du désert, aflirmc-t-on, suffît à leur produire ce genre de vision. The horrors des anglais qui,. après les fatigues d'une longue traversée, poussent les matelots à se jeter à la mer. Les vents, tels que : le Kamsirt d'Egypte, le Sala7io d'Espagne, le Sirocco en Italie n'ont probahlemerit nue action manifeste que sur les voyageurs débilités.
C'est en produisant un trouble pathologique de même ordre, qu'agissent les causes morales ; remords, craintes, douleurs morales, enthousiasme religieux, en un mot toutes les passions qui ont, on le sait, une action indéniable sur' les fonctions organiques. On ne saurait leur reconnatlrSi un autre mode d'action, car il serait difficile d'admettre, it/ l'état hallucinatoire, une cause qui ne soit pas organique.
Dana la même catégorie de faits, nous devons faire entrer; la fièvre, les congestions, la convalescence des maladiesgraves, et,c. ; en un mot toutes causes de congestion et d'a-t^ némie, toutes causes d'excitation de ia cellule nerveuse.
La volonté ferme et soutenue de voir, qui est une cause débilitante par le fait [iièiiie, sa durée suffit parfois à pro-duire des hallucinations chez les prédisposés, surtout lorsque ceux-ci sont déjà affaiblis par un genre de vie particulier.
Les ascètes Hindous, les disciples du brahmanisme n'avaient pas d'autres façons de se procurer des hallucinations, et, les écrits de Sainte-Thérèse, sur la méditation, sont, comme les traités boudhiques, qui exposent tous les procédés que l'esprit doit suivre pour le bhâvana, sont des' traités très précis sur la façon de développer l'élal hallucinatoire.
Si nous examinons à présent l'étal hallucinatoire dans ses rapports avec la folie, nous devons reconnaître, tout d'abord, que l'hérédité semble jouer un rôle important dans la transmission d'un état psycho-pathique particulier,. émU
CBAMTRE IV
nemmeul favorable à l'éelosiun de rhallui'iiiiiliun.
cet élat est If plus souvent iDlimenieut uni â la dégéai
l'escence mentale et à la vésanie.
Cependant, dans beaucoup de cas, l'étal halhioinaloire seni ble avoir une existence indépendante. Nous avons déjà dit que, dans certains cas, il parait caractériser à lui seul tout le délire.
Dans d'autres, il semble, participant des mêmes causes, se développer parallèlement au délire, mais n'offrir avec celui-ci aucuns rapports directs, l'aliéné ne délirant pas sur le sujet de ses hallucinations.
Souvent aussi, dans celte évolulion parallèle, la folie semble ne faire qu'imprimer un caractère parlirulicr aux halluciuations. leur redonner même parfois un coup de foiiel. mais n'en être pas la cause.
Enfin, dans un grand nombre de cas, l'élal hallucinatoire se développe bien avant la folie, et semble alors en ôtre plus la cause que le symptôme,
Je ne veux pas hier que l'aliénation mentale ne puisse être, dans certains cas. cause d'hallucinations, mais je crois que dans bien des circonstances, on doit reconnaître pour cause première aux hallucinations, non pas le délire, mais des causes semblables à celles du délire. Cependant, il est indiscutable que l'aliénaLion peut, parfois, être la cause directe de la formation de l'état hallucinatoire, par suite des perturbations qu'elle apporte dans l'appareil psycho-cérébral. 6>n peut alors envisager, dans ces cas-là, l'hallucination comme une véritable complication de la folie.
Il nous resterait à examiner les hallucinations qui se produisent chez les personnes dites saines d'esprit ou pour mieux dire, chez des personnes n'offrant aucuns troubles pathologiques, auxquels on puisse rattacher leur état hallucinatoire.
J'estime que ce groupe est aujourd'hui extrêmement réduit, si tant est qu'il existe.
Personne, en effet, n'a de scrupules pour f.iire rentrer
le coiiiniun des morlels dans la règle commune, mais l>eaucoup hésU«nt encore, lorsqu'il s'agit d'hommes célèbres ou df^ saillis.
Au cas où l'on aurait encore quelques doutes, il suffirait peul-élre, pour les lever, d'écouler Brierre de Boismont('), leur défenseur : i< Les hallucinations de beaucoup d'hommes
célèbres sont physiologiques les hallucinations actuellea'
ne sont jamais sans mélange de folie les hallucinations-
dea païens et celles deg chrétiens modernes ne peuvent étr^ revendiquées que par les fous, en tant qu'inspirations divines, il n'en est pas de même chez les prophètes et chez les saints. >i
Pour ce qui est des hommes célèbres, nous savons aujourd'hui que les hallucinations de Socrate, de Pascal, de Luther, etc trouvent leur explication dans une série de
causes, toujours les mêmes, et que l'on peut réduire k cinq :
1" Concentration de l'espril sur un point; 2" fnfluence du milieu social ; 2" Préoccupations ; 4" Veilles prolongées; 5" Névroses méconnues ;
Pour ce qui est des saints, quoique, en les accusam d'être souvent hallucinés comme le commun des mortels,] nous ne courerions plus le danger d'être brûlé vif, no.a»j croyons cependant devoir prendre quelques précaution! oratoires, afin de n'être pas, tout au moins, taxé d'a-1 théisme.
Saint Augustin a écrit que les visions et les apparitions 1 provienneiil, le plus souvent, d'un étal maladif de l'ima- ■ ginatiDH,
Saint Bonaventure reconnaît, lui aussi, que bien de^' | personnes qui croient voir Jésus-Christ ou la Sainte Vierge, i ou les entendre parler, sont en bulte à des c
[l) BniEfmR DB BoisMONT. — Ouvr. cilé.
^^^ CttAPITItR tV
^^wien d'aulres auleurs pcclésiasiiques encorr. regardent ^K visions comme le prélude de la folie.
^^Be crois doDc que nous pouvons laisser, de cùié la cause ^H^alurelle. Le Sainl-Siègp lui-même se montre des plus ^■Rciles pour reconnaître aux hallucinations une origine ^Kfne, et tel qui ne peut les appuyer par des vertus ^Hleuses, a plus de chances d'èlrc traité de fou que de ^Rbt.
^K)u reste, tes hallucinatioijs de nature religieuse cadrent ^B)vent fort mal avec les préceptes de l'Eglise. ^BLa véritable cause se trouve dans la vie même des saints, ^H crois inutile de les analyser, qu'on en prenne une au ^Kerd et l'on trouvera : idée li.'ce, privation de sommeil, ^^nnes, scrupules, découragement, tentations, continence, ^^mords. alimentation et habillement défectueux, etc.... Voilà ^BBsanimeut de quoi expliquer ce phénomène.
^BDh a invoqué comme cause d'hallucination : l'éducation, les ^K^ances. le-s idées dominantes de l'époque. Ces éléments ^^Bt peut-être suffisants pour donner un cachet spécial à ^^nllucination. mais je ne crois pas qu'ils puissent, à eux ^Kls, créer l'état hallucinatoire. Du reste, le sujet même ^H fausses perceptions importe peu, que l'on voit un ^^uiotaure, un phénix, un rock, nn serpent ailé ou le diaf^é, le phénomène reste toujours le même, l'état qui le produit est identique.
C. Circonstances faToreibles à la production des ' hîillucinatious, l'état heillucinatoire existant. — Tclics sont les causes capables de produire l'état hallucinatoire. Nous allons voir à présent toute une série de conditions nouvelles qui n'ont pas le pouvoir de créer cet état, mais qui, cet état existant, favorise la production des hallucinations. Sans doute, dans beaucoup de cas, les hallucinations ne se seraient pas produites si les malades ne s'étaient pas trouvés dans une des positions, qui viennent, pour ainsi dire. aggraver, exagérer momentanément, l'état hallucinatoire ;
ÉTAT HALLUCINATOtRB 'C&
mais celui-ci a besoin d'exister déjà à un plus ou moins faible degré, pour que les hallucinations se produisent.
Dans ces conditions, si les hallucinations n'existent pas, elles peuvent donc apparat Ire, si elles existent, elles ne font que se multiplier, se perfectionner dans leur forme el dans leur intensité, offrir plus de résistance à nos efforts pour les faire disparaître.
Une des circonstances qui paraissent le plus favorable à faire surgir les hallucinations chez les personnes qui se trouvent déjà sur le pencliant de l'état hallucinatoire, est. certainement la période hypnagogique. Souvent même, ainsi que nous le verrons plus loin, ce n'est que dans cette période que se manifestent les hallucinations, au débul, lorsque l'état hallucinatoire est peu développé, ou à la fin, lorsqu'il commence à décroître.
Voici commeni Baillarger (') décrit la période hypnagogique : « Le passage de la veille au sommeil, ne se fait pas d'une manière brusque. Ou est averti d'abord par une sensation particulière ; puis la tète devient lourde, les idées s'embarrassent et l'on tombe dans un premier degré d'assoupissement; l'influence de la volonté a déjà cessé, que le sentiment du moi persiste encore. On a, pendant quelques instants, conscience de certaines perceptions; mais ces perceptions sont confuses, incohérentes, et constituent, avant le sommeil complet, une sorte de délire que presque tous les physiologistes ont indiqué. Si cet état, ordinairement très court, vient à se prolonger, il constitue la somnolence, l'espèce de délire dont j'ai parlé est désigné sous le nom
de rêvasserie Quand les forces sont réparées, on arrive.
graduellement b. un état de somnolence pendant lequel a des perceptions confuses, incomplètes, et parfois des i sions et des hallucinations, si l'on se trouve sous l'influence de quelque cause d'excitation. »
Faisons remarquer, en passant, que cette description répondJ presque mot pour mot, à celle que Moreau, de Tours, donne
|1) Baillabokh. Ualluoiiialians.
(lu faii primordial. Pour iiniis, nous ne ferons qup constater qu'en elFcl. chez bien des hallucinés, l'on retrouve au début de l'hallucination une dissociation évidenle des facuttés inlellecluelles, semblable à celle du fail primordial el de la période hypnagogique.
Je crois inutile de citer les observations d'hallucinations se produisant dans l'étal intermédiaire à la veille et au sommeil, lïaillarger en donne 30 observations, et les auteurs en signalent beaucoup après lui. Nous serons, du reste, obligé de revenir sur ce sujel en faisant l'histoire du développement de l'état hallucinatoire.
liaillarger reconnaît pour hallucinations hypnagogiques celles qui se produisent par la simple occlusion des paupières. Pour nous, c'est ]h, une façon nouvelle de forcer l'élal hallucinatoire à se manifester, qui n'a qu'un rapport très éloigni^ avec ce genre d'hallucinalions.
Les malades, en effet, qui présentent ce phénomène, peuvent, en fermant les yeux, avoir des hallucinations à toute heure de la journée; les halluciiiation.s, ainsi provoquées, sont, du reste, des plus variables.
L'on ne pourrait invoquer que l'occlusion des paupières ait une action localisée sur les organes de la vision ; il n'est pas rare, en effet, de voir produire par ce simple mécanisme, non seulement des hallucinations de la vue, mais encore de l'ouïe et même de la sensibilité générale.
More<iu, de Tours, donne une e.vplication ingénieuse de la façon dont agit l'abaissement des paupières, explication qu'on peut également appliquer Ji la position horizontale, qui. elle aussi, peu! produire, dans certains cas. des hallucinations.
a L'abaissement des paupières paraît avoir pour but de soustraire l'organe de la vue à l'action des objets extérieurs. - — A ce titre, il doit être considéré comme un des premiers phénomènes du sommeil; de là, son influence sur la production des hallucinations.
II est une autre manière d'expliquer cette influence qui, selon nous, réunit en sa faveur beaucoup plus de probabilités.
irkT HALLUCINATOIRE
^r J'ai fait eL r^'pélé iioinbiT de fois sur nioi-iiii'iiK' ui« ■périence bien siuiple, rt qu'il esl au pouvoir de toH monde de renouveler. Lui-sqH'on éprouve un eonimfl Jtteiit d'injoxicaljou narcotique, alcoolique ou autre, sllm ^■l^ut à fermer les yeux doucement, sans elTorts, tout aut ^Êk on SMit sa télf jiVn alki\ pour me servir d'uiie expres- ^Kin vulgaire, mai» énergique, on sent que l'on va perdre ^Bnnaissanee ; c'est hientùt une espèce de vertige, d'étour- ^^nirdissement qui vous fail craindre de tomber <i la rea- ^«rse, et vous fait bientôt ouvrir les yeux. Ces syniptâmes soDl d'autant plus intenses qu'on ferme les yeux avec plus d'efloris ; on éprouve alors un malaise, une anxiété indicible! ■ Il est impossible de ne pas reconnaître la plus grande BCDtilogie entre ces accidents, je veux dire la sensation qu'ils ■produisent, et celle qu'on éprouve, lorsqu'on s'endormanl, ^D'on est sur le point de perdre connaissance, ou mieux B-^core lorsqu'on est sous l'influence d'une congestion céré- Wbniie légère ou d'une syncope. »
H Et, en effet, congestion cérébrale, anémie, alcool, narco- Hfi(|ues. ainsi que nous l'avons vu, créent l'état ballucina- Kloire. Il est normal que l'abaissemeut des paupières qui a BBne inSuence dans un cas. ait la même influence dans Mes autres, puisqu'il n'y a qu'une différence de causes, et B^'on se trouve toujours en présence du même état. m La simple action de baisser la télé suffit parfois pour ■produire des hallucinations, ainsi que le démontrent les Bgbservations .l et G de Baillarger. Un de nos hallucinés Bolontaîrës ne peut commander à ses fausses perceptions ^nn'après avoir baissé préalablement la tète. B* Dans d'antres cas moins nombreux, les malades arrivent ^Bta même résultat, en retenant la respiration ; l'obscurité B^jffil, chez un grand nombre, pour faire apparaître des ^bllucinations, et nous savons tous que les aliénés sont bien HUus sujets à ce phénomène après le coucher du soleil. Wf Enfin, certaines personnes jouissent de la propriété de se Hionner des hallucinations rien qu'en fixant un objet. H Je crois que nous devons regarder comme faisant
isant par^^H
OBAPITBB IV
'me nombie de fails favorables aux manifestât^
d'uD étal hallucinatoire déjà existant, les pratiques très diverses des mystiques des divers pays. .le n'ai pas l'intention de les nommer toutes,
Les uns regardent fixement un point, leur nombril par exemple, les autres se livrent à un mouvement de giralîon plus ou moins rapide, d'autres encore entonnent un chant monotone dont la cadence est accompagnée d'un mouvement rythmique de la tète, s'accélérant progressivement jusqu'à devenir vertigineux, etc
L'extatique chrétienne elle-même élève son âme dans la prière, demande à ôtre seule, concentre son attention sur un point, fait comme une personne qui dort, fixe le regard. ou ft'i'nie les yeux.
/(. Mode d'action des circonstances favorables à la production des hallucinations. — A présent, si nous examinons à un point de vue plus général les circonstances ou manœuvres qui, pour ainsi dire, forcent l'hallucination à se produire, nous voyons que nous pouvons touLes les ramener à deux façons d'agir. Elles exagèrent la congestion ou l'anémie, et, par conséquent, apportent uu surcroît d'excitation à la cellule cérébrale, ou bien elles diminuent l'influence des objets extérieurs sur nos sens,
11 esl, je crois, inutile d'insister sur la première partie de cette proposition, nous avons désigné l'anémie et la congestion comme causes principales de l'état hallucinatoire luimême.
Pour la seconde partie, nous n'en avons pas encore parlé, quoique Bailtarger posi-. comme rondilion indispensable à la jyrodarliim des hallucinations, la suspension des impressions externrs.
("est qu'en eifet, pour nous, ce n'est l!i non une condition indispensable, mais une condition favorable chez un individu déjà sous l'empire d'un état hallucinatoire, ordinairement peu développé.
L'on pourrail peut-être même ilérnoiUrcr que le plus souvent, la suspension dos sens externes n'est pas la cause, ■ mais bien la conséquence de l'hallucinaliou. Lorsque les, impressions internes sont assez fortes, en effet, pour absor^ ber l'allention. celles venues du dehors sont nécessairement perçues d'une façon imparfaite.
Mais je précise. Si nous examinons ce qui se produit chez une personne qui veut raviver ses sensations, aussi bien chez celle qui veut avoir une perception vraie, plus nette et plus complète d'un objet, nous iruuvons que la façon de procéder est toujours la même :
1° Donner, par un effort de l'attention, le maximum de Ift sensibilité à l'organe sensitif qui est en jeu;
2" Écarter toute autre sensation qui pourrail nuire à la perception exacte de celle qui nous intéresse.
Si nous ajoutons que l'effort seul de fixer la volonté sur un point, obscurcit les autres sensations, nous voyons que tout concourt, chez cet individu, à. isoler le plus possible la perception qu'il veut faire devenir plus parfaite.
C'est là un fait d'observation journalière. L'écolier qui apprend une leçon, se bouche les oreilles. Dans la représentation mentale, il en est de même, l'effort de la volonté s'accompagne d'occlusion des paupières et l'accommodation de l'œil à l'infini.
H Pour que l'hallucination se produise, dit le D' Despine ('), il faut que l'impression sensorielle normale, c'esl-k-dire subjective, soit plus vive que les impressions sensorielles anormales, c'est* à-dire objectives, qui ont lieu en même temps, et qu'elle les efface par sa vivacité ; il faut que l'objet imafïinaire perçu dans l'hallucination se superpose sur les objets réels, perçus en même temps, et que la vivacité de l'impression produite par cet objet imaginaire empêche la perception des objets réels qaj occupent la même place dans l'espace, ou rende cette percep-' tion plus obscure ; la vivacité de l'impression sensorielle normale est donc une condition pour que l'hallucination se prc ie. Cela est lellenienl vrai que. si l'impression sensorielle
fWwun. Ptych. de fhail., p. 224.