‹ Les hallucinations volontaires (l'état hallucinatoire)Chapitre 14 sur 29 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

le temps qu'elles devienuent, d'élénieiilaires communes, communes, verbales.

l'étal hallucinatoire s'aggrave encore, la eb-existence de ?urs hallucinations de divers sens, puis leur association, enfin leur coniMiiaison, viendront souvent nous en rendre comple.

Au point de vue du pronostic, c'est du reste une vérité qui, je crois, u'est contestée par personne :

1° Que, plus les hallucinations sont anciennes, plus elles sont difficilement guérissables;

2° Que l'on guérit plus facilement un malade qui n'est sujet qu'aune seule hallucination, que celui qui est en proie à plusieurs ;

3° Que lorsque, dès le début de la maladie, se montrent des hallucinations de plusieurs sens réunis, le pronostic est grave.

Cependant, il est bon de tenir compte, jusqu'il un certain point, du degré d'intelligence et d'instruction du malade, car 11 est certain que chez des individus simples d'espril, l'hallucination sera toujours bornée h un petit nombre de faits, même avec un état hallucinatoire très développé.

3" Modification dans la qualUé de l'hallnciiialiou. — -L'hallucination est claire, précise, extérieure, parfaite, entraine l'erreur et est involontaire. Telle encore une phrase que nous voyons revenir sans cesse, dans la discussion sur les hallucinations.

Nous avons déjà dit ce que nous pensions de l'épithète d'involontaire, et nous aurons l'occasion d'y revenir ; pour ce qui est d'entraîner l'erreur, nous avons prouvé que ce n'est pas toujours vrai.

Nous allons voir de suite si elle est vraiment toujours aussi claire, amsi parfaite et aussi eriérieure que l'on veut bien le dire.

Cependant, nous tenons tout d'abord k faire remarquer que c'est en s'appuyant sur ces caractères, en apparence si tranchés, qu'on a conclu qu'il ne pouvait y avoir aucun rapprochement à faire entre la représentation mentale et l'hallucination. Les hallucinés, dit on, ne confondent pas l'hallucination et la repré-

ETAT HALLUCINATOIBK

iBtalîon mentale, et cela prouve qu'il n'y a rien de coinmuii entre l'une et l'aulre.

Nous trouvons ce raisonnement tout mu moins puérile. Comment, de ce que les hallueinés ne confondent pas la représenlation nieiilale et l'hallucination, vous en concluez que ce sonï des choses didérentes? Mais, les hallucinés confoiideut l'hallucination et la sensation, vous rn concluerez donc que c'est la même chose?

Pour nous, nous affirmons que dans tous les cas, le phénomène reconnu et décrit aujourd'hui comme hallucination, n'a pas toujours les caractères de précision, de perfection, de netteté, de lignes et de couleurs, de l'objet réel.

Nous ajoutons même que cetle netteté ne se retrouve que dans un état hallucinatoire tré^s développé.

(( Ma conviction, dit Morel ("), résulte de l'observation de sens aliénés, hallucinés, que quelle que soit l'intensité du phénomèûe chez quelques uns, comme netteté de la vision et clareté de l'audUioii. l'image est le plus ordinnirenient affaiblie et la voix qu'il entend, ne frappe pas l'halluciné comme celle des êtres vivants et présents qni lui adresseraient la parole; j'excepte certains paroxysmes d'aliénation où le phénomène est d'une vérité effrayante. »

C'est surtout dans les cas où l'état hallucinatoire n'est qu'en période de développement ou de décroissance, que l'imagé est inférieure à la réalité.

Souvent, les hallucinés voient confusément, comme si une ' gaze était interposée entre eux et leur vision.

D'autres fois, ils disent voir comme dans une glace sanâ

^rfaines visions de Nicolaï étaient semblables à la réa- , ; mais paraissaient uu peu plus pâles que dans l'état na- fèl.

l'Le malade d'Abercombie, dont nous citons plus loin l'observa- Hjà, était obligé de faire une grande attention pour constater iïavait affaire à des personnes réelles ou à des hallucinations,

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