‹ Les hallucinations volontaires (l'état hallucinatoire)Chapitre 23 sur 29 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Hontaires, nous leoous h citer un passage de son livre «. De

!gue, de corps débile, impuissant, superstitieux, î'haltuciné, il était lui-même sujet à des hallucinations mul-

yoicice qu'il dit sur ce sujet, de ses hallucinations volontaires: '« Quumwlo, nid^o, quœ wlo, oculis non vi mentis; velut imagines ilUts de quitus dixi, quum infans essem, me videsse. Sed nunc credo ob oeatpationes, nec diu, nec perfeclas, me omnim semper quum volo, née (amen nisi velim. Moventur autem perpétua quœ videntur imagi- *MS, Itaque video, tucos animalia, orbes, ac quw quaque cupio. Credo causam esse, vim virlulis imaginitrkis vism que sublililate. »

Outre ces hallucinations spontanées, pendant certaines périodes, il peut se procurer à volonté des hallucinations de la vue, il voit ce qu'il veut, et cela avec ses yeux et non seulement avec son esprit.

Dans d'autres périodes, son état hallucinatoire semble moins fort, il n'a pas plus d'hallucinations spontanées, et dit qu'alors il ne saurait voir les images ni aussi lonj^temps. ni sous une forme aussi parfaite, ni même peut-être toutes les fois qu'il le voudrait. En un mot, l'hallucination volontaire se rapproche de plus en plus de la représentation mentale normale.

Observation II. — (Tirée de J. Moreau) de Tours. lïaschich, p. 187). — Un anglais résidant dans l'Inde, qui. pendant un grand nombre d'années, s'était enivré tous les jours avec de l'opium, a décrit les sensations que lui faisait éprouver cette funeste habitude.

fl Le premier changement que je remarquai en moi, dit-il, se manifesta par des visions. Ce fut vers le milieu de l'année 1817, que la faculté de me peindre dans l'obscurité toutes sortes de fantômes, vint décidément s'attacher à moi. Au moment où s'augmentait dans mes yeux la faculté de créer, une espèce de sympathie s'établissait entre l'état de rêve et l'état de veille où je me trouvais. Tous les objets qu'il m'arrivait d'appeler et de me retracer volontairement dans l'obscurité, étaient aussitôt transformés eu apparition, de sorte que j'avais peur d'exercer

HALLrCINATIOMS VOLONTAIRES

celtp faculté redoutable, car je lie pouvais penser à une dans les ténèbres, sans ijuaussitôt elle m 'apparut comme un (anK'laie, une espèce d'asseuiblée, un cercle de dames, unp f^te et des danses, j'entendais dire ou je médisais : ce sont des dames anglaises du malheureux temps de Charles p'. (^soot les femmes et les filles de ceux qui se sont rencontrés dans la paix, se sont assis à In même table, alliés par le mariage ou le saag,

II Les dames dansaient et sautaient comme à la Cour de (ieorges tV. Cependant, je savais qu'elles étaient mortes depuis près de deux siècles. Tout à coup, eu frappant des mains, j'entendais prononcer le formidable mot Consul romain, et venaient immédiatement l'aulus ou Marius, entourés par une compagnie de centurions, h la tunique écarlale, el suivis des alalagenos des légions romaines »,

Nous voyons dans cette observation, ainsi que l'exprime si bien l'auteur, une sympathie s'établir entre l'état de rêve et l'état de veille, l'état hallucinatoire ayant envahi les deux, et se manifestant dans l'un et l'autre par les mêmes phénomènes.

Toul d'abord, l'anglais peut, à volonté, se donner l'hallucination qu'il veut dans l'obscurité ; il n'a pour cela qu'à faire t'elforl cérébral que nous faisons tous, lorsque fermant les yeux, nous voulons nous représenter mentalement un objet, mais l'image chez lui, au lieu d'être une image faible et intérieure, devient une image forte el extérieure.

Plus tard, l'elîort cérébral est devenu inutile, il ne peut plus penser à une chose sans en avoir immédiatement la représentation. C'est l'état hallucinatoire, sous sa forme la plus parfaite.

Observation III. — (Malade du docteur Voisin. Obs. citée par J. Moreau, de Tours. Haschich, p. 331). — « Lorsque je suis dans un accès, dit ce malade, j'aperçois devant moi des hommes qui me font d'horribles grimaces ou des gestes menaçants. Je les vois partout où je me trouve, seul, ou en compagnie. Je les vois au^i distinctement que cela pourrait m'arriver normal. Ils me causent de la frayeur, parce que je ne puis lécher de croire à leur existence. Quand l'accès touche àsafl

1 pêcher de

(iounerà volonlé une foule d'hailucinalions. Dans le silence de la nuit, les yeux fermés, la tète dans les mains, je concentre toute ma puissance imaginativc vers l'objel que je veux nie représenter; cet objet ne ni'apparaît pas. tout d'abord, bien distinct, tel que je le veux; mais à la fin, je le vois aussi clairement, aussi frappant que les objets réels qui sont sous mes yeux en plein jour. Ainsi donc, à ma volonté, j'évoque la représenlation d'une personne que je connais, d'un paysage quelconque, que je l'ai vu ou non, d'une armée raugée en bataille, etc.

D. — Ne se passe-t il rien en vous-mt'me. quand vous avez vos visions '.' Votre tète est-elle dans son état ordiunire ?

R. — Ob I vraiment non. J'ai de grandes chaleurs, mon cerveau est en ébullition. Voyez ce que j'ai dit dans mon manuscrit : (1 Outre l'exaltation et l'imagination représentative, j'ai une su rabondauce d'idées qui se pressent, se heurtent dans mon cerveau ; ce qui provient, selon moi, de l'exaltalion et de l'imagination de pensées h.

De temps à autre, tous les mois à peu près, c'est comme cela que mon accès commence : je me sens disposé à parler, à chauler, à dire une foule de choses qui me passent par la tête; mais je sens que cela serait ridicule et je me retiens. Mais ce que je ne puis absolument empêcher, ce souttdes visions, qui alors, me tourmentent horriblement.

D. — C'est Ji dire que, cette fois, vos visions sont tout à fait involontaires?

R. — Sans doute.

D. — Mais, lorsque vous n'êtes pas sous l'influence de cette excitation, vous n'avez donc jamais de visions ?

R. — Non, à moins, comme je vous le disais tout Ji l'heure, que je fasse des efforts pour cela.

D. — Essayez maintenant ?

R. — Il va s'asseoir près du lit, cache a. moitié sa tête sous son oreiller, puis après quelques minutes: c Cela m'est impossible aujourd'hui, dil-il. je ne le pourrai que d'ici k quelques jours, quand mon accès approchera.

D. — Mais alors votre ébuUition du cerveau reviendra?

R. — C'est possible, cependant je ne- m'en aperçois pas si l<!it.

HALLUCINATIONS VOLONTAinES

[ Le malade sort de Bict^lre, puis y revieiit après un accès d'e

ladé {

•il e

citation mauiiiquc. Il e

être, qu'il appelle la souveraine, qui le fait parler el a.

— Où esl-elle en ce moment ?

— Elle est dans ma tête.

— Vous parle-t-elle? EcouLen bien.

— Moasieur le docleur. la souveraine dil parler.

qu'elle

Cette observation est pour nous des plus intéressantes, c4r ' elle nous montre le même individu en dehors de toute manifestation de son élat hallucinatoire. Nous voyons ensuite celui-ci se développer progressivement dans ce qu'il appelle ses accès, atteindre son maximum de développement pour décrottre en-

Lnùte.

^ 1" En dehors de l'accès il n'éprouve l'ien d'anormal ;

^ 2" Quand l'accès approche, il provoque rhalluciiialiij» de la vue qu'il veut. Cette hallucination qui n'est d'abord pas très distincte, se développe petit à petit el finit par être aussi nette ■ que la sensation produite par la vue d'un objet réel. Comme dans tout état hallucinatoire peu développé, c'est surtout au milieu de circonstances favorables, que les fausses imaj^es appa- , raissent, dans le silence de la nuit, les yeux fermés, la lêie dans les mains, en concentrant toute son imagination ;

3" Pendant l'accès, il a des hallucinations de l'ouïe et de la vue, tout à fait involontaires ;

4" Quand l'accès touche iisa (in, les hallucinations involontaires perdent de leur intensité; des perceptions externes vives lesfonlcesser.il n'a plus eJisuile que des caucliemais, enfin les rêves diminuent et tout rentre dans l'ordre.

Observation IV. — (Obs. inédite de Moreau, de Tours). — Un jeune homme de ma connaissance, M. D..., devant lequel on parlait de folie el des visions auxquelles les aliénés élaient sujets, témoignait à diverses reprises la ci'ainte de devenir un jour ft^l^utre aliéné.

I Ses paroles, auxquelles je ue pris d'abord pas garde, non plus I que ceux qui l'écoulaient, fixt'rent ensuite mon attention. Je I sondais sa pensée et j'obtins cette déclaration forr étrange : \ D. — Mais pourquoi donc ces craintes qui viennent, que vous |, paraissez maintenant manifester très sérieusement ? 1 R. — Le voici ; c'est que je possède une faculté que je vois développée, au souvenir déjà chez vos malades. Ainsi, je puis à 1 volonté, eu fermant les yeux et en faisant quelques efforts d'esprit, me représenter n'importe quel objet avec une vivacité qui tient presque de la réalité, .assurément je ne vois pas aussi distinctement qu'avec les yeux, mais il s'en faut de bien peu pour que je ne me sente porté h toucher les objets ; mais si ce sont des personnes, je ne puis pas quelquefois m'empècher de leur adresser la parole, absolument comme si je les voyais en rêve. D. — Les objets se présentent ils quelquefois à voire vue, sans que vous les évoquiez pour ainsi dire involontairement?

R. — Oui, mais alors un objet ou une personne ont quelque rapport avec une affection et si ces affections sont vives, je vois bien plus diatinclemenl ; je puis encore, cbose très curieuse et dont je vous demande l'explication, animer un portrait, une iitatue, un tableau quelconque.

En fixant un objet avec une grande attention, je vois grimacer la face, rouler les yeux, agiter les mains, les jambes, etc. D. — Vous avez conscience de tout cela ?

R, — l'as au moment où je vois. Outre alors que ce sont des visions, puisque je ne puis leur parler. Mais lout de suite après je sais très bien ce qu'il eu esl.

Voici donc une personne qui a déjii des hallucinations spontanées et qui peut, d'autre part, 6 un moment quel- .conque. voir ce qu'elle veut. Pour cela, nous la voyons procéder de la m^me manière que l'on procède pour la représentation mentale elle-m^me ; fermer les yeux et faire un léger effort cérébral. Comme dans la représentation mentale, les personnes et les objets les plus connus, se dessi- Oent avec des traits les plus arrêtés.

[; Les images sont légèrement inférieures comme netteté A

été à

HA^LLUCIffATIONS VOLONTAIBES

^les que donnerait la sensalion vraie, mais elles sonl. suf ,ntes pour eiUraîaer l'erreur malgré la conviclion intime le malade, d'avoir évoqué ces images, f Outre CCS hallueinations volontaires, il se procure, et cela l^yec encore plus de facilité, des illusions volontaires qui ldI manifestement sous la dépendance du même élat haïicinatoire.

^Observation V. — (Obs. inédite de Moreau, de Tours). — M...

jeune homme de ans, d'un tempérament sec,

terveux, habitueilenienl pâle; cnlne régulièrement dévelopl)é ; physionomie d'une vivacité et d'une expression remarquables ; nul vague, cependant rien d'incertain, d'hésitatif, de mobile, de peu arrêté dans son regard.

Ou ne lui connaît aucuns parents aliénés ni seulement Bints d'affections nerveuses.

\ Vie un peu dissipée. — Abus des excitants, en particudu café. Rien, cependant, à cet égard, qui ue se ren- Koatre' souvent dans la vie de la plupart d'un très grande pombre de jeunes gens : a été somnambule étant fort jeune; levait, marchait, écrivait des thèmes, des versions, fai-" kftit des devoirs (N. B. : La coexistence de somnambulisme ■êve involontaire), avec les hallucinations (rêve voulu). Depuis rage de... il est sujet n éprouver soit des illusions, soit des hallucinations de tous les sens k peu près, de ta vue en particulier.

Plusieurs fois, dit-il. assis le soir, près de mon feu, lit occupé à lire, contempler ou rêvasser. Ji penser, pour ^nsi dire, à tout et à rien, il m'esl arrivé d'entendre frapma porte, dcrrtf're les meubles de l'appartement ; !ïutres fois c'était un bruit dîfféreut tel que les souris ou ( rats en produisent parfois.

De prime abord, avant que le temps de la réflexion me , je ne révoquais pas en doute que ces bruits ne fusttlt réels. Mais bientôt, après m'ôtre assuré toutefois, que plie cause ne pouvait me rendre compte de ce bruit, j'a îiiB la conviction et la couscieuce bien nette que j'étais I<

(('ilIliisiDn. Uoe fois, j'entendis comme un grand l'clal [re partir de derrière mon armoire.

- N'avez-voiis pas quelque illusion de la vue ?

- Rarement ; i! y a quinze à seize mois, je venais de pei'on grand-père. J'avais assisié à ses derniers moments vue me fit une grande impression. Un jour j'avais

icoup Iravaillé ; j'avais passé d'arraché pied, conséeutivemenl plus de trois grandes heures h faire des calculs qui avaient exigi'i une allenLion soutenue et m'avaient donné beaucoup de mal. Enfin j'avais fini, et à peine avais-je posé le dernier cliilîre que, levant la tète de dessus mon cahier et passant mes mains sur le front, ainsi que l'on a coutume de faire quand on a l'esprit tendu, tout à coup, j'aperçois derrière mon bureau, à une pelife distance, le ■buste de mon grand-père dont le reste du corps semblait être dérobé à ma vue par le meuble interposé. Je suis saisi d'un grand étonnenient nièlé de quelque frayeur et à peine réfléchi ssais-je que c'était une vision, que tout avait disparu rapidement.

D. — Vous est-il possible, on concenirani forli'nienl votre attention sur un sujet quelconque repliement existant ou stinplement imaginaire, de vous le représenter au naturel ? objectivement ?

R. — Sans aucun doute; je n'ai encore pas besoin de beaucoup d'elforts pour cela. En fixant un objet quelconque. je puis le transformer presque h volonté en un objel quel conque : par exemple, h, la place d'un arbre, voir une maison et vice wrsa.

Je puis animer un tableau, un plAtre. Je vois les yeux è'ouvrir, les lèvres s'agiter comme pour parler. Il n'y a pas de figure imaginable que je ne puisse créer il volonté avec la flamme d'un foyer. Mieux que cela : quand je veux peindre et que je ne sais trop comment dessiner telle ou telle forme, le raccourcis d'un membre, par exemple ; alors je me recueille, je ferme les yeux et au bout de quelques instants je vois apparaître avec les couleurs mêmes de la réalité, ce que je veux voir et alors je n'ai plus qu'à copier.

KALLUCIMATIONS V0L0NTA1BE8

D. — En esl-il de nu^rae pour les wfnsnlions de l'ouïe Lorsque vous avez cps hallucinntions. soit involontairement, soit volontairement, êtes-vousliien dans votre état ordinaire? R, — Cerlainemenl.

0. — Vous jouisse/, de toute votre raison, de toute la lucidité de vos idées ?

R. — Sans doute, je vois, j'entends aussi dislinclement qut dans les autres cas.

D. ^ — - Vous ne perden pas un seul instant la ronscience qui vous êtes le jouet d'une vision ?

R. — Oh ! non. Au inomeul nième où je suis rouvaincu, perj

[ «uadé de la i-éalité des fantAmes que j'évoque, mais cela dure s]

■■Jieu ! C'est rapide comme l'érlair et immédiatement ma réflesîoi

V'Vic^Dl me détromper. C'est en cela, selon moi, que je diffèn

l'un aliéné, qui, lui, ajoute invinciblement foi it ses hallucins-

lions.

D. — Mais alors que vous voyex nu ([ue vous entendez, ^tes-

lus dans votre étal ordinaire?

R. — Non, puisque je m'oublie moi-même. Je rêve, mais j{

I ^isen même temps que je rêve, absolument comme cela nou!

arrive quelquefois où, dans les l'èves ordinaires qui sont plus

■ suivis, nous savons que nous rêvons. Quand je me donne Aes

LTisions, je me place dans l'état oi'i je suis, où l'on est quand, daas

jiu rêve ordinaire, ayant la conscience que l'on rêve, on veut

ntinuer k rêver. Mais je suis parfaitement lucide.

-D. — Du reste, cet élat de rêve n'est associé, accompagné par

I ^ulle modification dans votre manière d'être mentale ?

R. — Quand cela m'arrive auprès du feu, je me sens bien lOUpi. C'est au moment de l'éprouver que je crois que j'entendt

jque/e vois; puis, quand je prends connaissance de mi âtïoDS, quand je m'aperçois que j'ai entendu ou vu, c'esl K^mmesi je me réveillais brusquement; enfin quand je viens' reféchir, à juger mes sensations, je ne suis plus dans le même lat, bien que ce nouvel état diffère très peu de l'autre.

Ce malade est des plus curieux ; eu effet, il a, d'une faç^ istante, des hallucinations multiples, surtout de la vue t

iSO

l'ouïe, qui se diWeloppiîtit plus ou moins, suivant que les causes occasionnelles viennent donner plus de force à cet état hal lucinatoire chrouique.

Mais de plus, il offre au plus haut point, ce phénomène que nous BVOUB constaté chez deux malades de Baillarger, à un moindre degré de développement. C'est que, sans efforts et h n'importe quel moment, il peut transformel' un objet quelconque en une fausse perception quelconque. Nous nous trouvons encore ici en présence d'une de ces manifestations de l'état hal lucinatoire, qui, ainsi que nous l'avons déjà vu, participe à la fois de l'illusion et de l'hallucination.

Ce malade peut encore, et sans le secours d'un agent extétérieur, se procurer a volonté l'hallucination de la vue et de l'ouïe qu'il désire. Cependant il ne peut arriver k ce résultat qu'après avoir fermé les paupières. Les images produites ainsi sont d'une réalité telle qu'elles eulraînent momenLanément l'erreur.

Observation Vi. — (Obs. Maisonneuve. ttechercfies sur l'épilepsie). — Jean Célestin B,.., âgé de 20 ans, d'un tempérament sanguin, d'une taille svelte et Lien proportionnée, né à Dinan, eu Bretagne, de parents sains, tomba à l'Age de 3 ans sur le front et se Ct une plaie grave sans fracture. Dix h douze jours* après, accès d'épilepsie à la suite duquel il rendit beaucoup de vers ; retour de pareils accès tous les huit jours jusqu'à 16 ans ; ensuite tous les mois jusqu'à 18 ans, enfin point d'accès jusqu'à 19 ans qu'il alla à Brest pour s'embarquer.

Il y était depuis quelque temps, quand, témoin d'un assassinai commis par un matelot espagnol sur un officier français, il fut si vivement frappé de ce spectacle, qu'il eut sur le champ un accès d'épilepsie. Un mois après, nouvel accès qui lui prit encore dans une des rues de Brest, et pendant lequel il s'imagi naît voir des meurtriers.

Parti peu de jours après pour Landerneau, où ses parents le mirent au collège, il y demeurait depuis trois mois sans avoir eu d'accès, quand il y gagna la gale.

Un jour, pendant le traitement de cette gaie, il regardait une

RALLirclNATlOWS VOLONTAIRKS

voiture, dont les roues tournaient rapidcmeni, tout à coup ! vue se trouble, il lui semble voir une roue dentée tourner ai tour de sa tête, en se dirigeant de droite il gauche ; sa tète soi les niouveraents de cette roue sans qu'il puisse s'en empêcher Bientôt il sent qu'il n'est plus ferme sur ses jambes; cependan il a le temps de courir k sa chambre, de se déshabiller et de mettre au lit où l'ucctsépileplique le prit complèlement,

Deux mois après, nouvel accès pareil au dernier. Il quîtt alors Landerneau pour retournera Dinan où il demeura trois ani ses accès revenant tous les mois avec les mêmes symptômes.

Au bout de ce temps, il partit pour Paris, âgé alors de il ans

un accès qu'il eut en roule donna lieu à une renct

I singulière ; il était à clieval et au milieu d'un grand cliemia

. quand il en sentit les préludes, il descend de suite, attache soi

I cheval à un arbre, se couche dans un fossé où son accès se

sans accident. Mais en recouvrant l'usage de ses sens, il n'est pa

peu surpris de voir en sentinelle auprès de lui, deux gendai

mes qui soupçonnent de la fraude dans son porl. lui deman

t dent son passeport assez brusquement, il le leur ruoulra. alors,

' «près diverses questions, ils le laissèrent aller en lui sonliaitan

bon voyage.

Arrivé à Paris, il y passa un mois et demi pendant lequel t

eut un accès et entra de suite à Bicétre, où il est depui

f dix-huit mois.

Un catharre du conduit auditif l'ayant forcé d'entrer à 1' jnerie, il y a élé traité pendant sept mois de son égilepsie, pa F M. Lan franc, avec les moyens suivants:

1° Une vingtaine de saignées au bras ; 2" Sangsues tous les deux jours aux tempes; 3" Décoction de valériane à une once par pinte, une chopii au moins par jour et presque tous les jours quelques bols antJ * Spasmodiques.

Fin des accès durant le traitement.

Se croyant tout à fait guéri, B. sortit de Bicètre et entra pippren tissage chez un bijoutier de Paris. Un mois s'écoula s ; mais un soir étant occupé ii faire tourner un lamiat «lit les approchesd'un accès, qui ne se compléta que deu:

CSAPITBB TI

Exprès, avec des convulsions effrayantes et des cris aigus. Laccèsâni, tous les objets lui paraissent renversés.

Peu de jours après, il rentra à Bicétre, qu'il n'a pas quille depuis, essuyant un accès tous les mois.

Chaquenccès s'annonce au moins cinq minutes d'avance, par la vue de la roue dentée, dont j'ai déjà parlé. L'œil gauche est seul frappé de cette illusion h laquelle se joint un sentiment d'effroi, causé par la vue d'une figure hideuse qui occupe le centre de la roue; dans ce moment, le malade éprouve un battement de cœur IrÈs violent. Il annonceen outre, si. quand il voit celte roue, il lui arrive de penser à quelqu'un de ses amis ou de ses parents, il le voit sur le champ. Comme il jouil encore de tonte sa raison, il s'amuse quelquefois h souhailer la vue d'un objet bizarre et l'objet qu'a formé son imagination est déjà devant ses yeux. Mais bientôt l'accès épileptique se complète, la connaissance se perd, des convulsions vives agitent le tronc et les membres, l'abdomen se soulève et se déprime alternativement, les yeux ouverts paraissent égarés, la bouche se remplit d'une salive écumeuse; le visage change souvent de couleur. Au bout d'une demi-heure, cet état cesse et est suivi d'assoupissemeni profond pendant deux ou trois heures. A son réveil, le malade se sent la lête douloureuse ; souvent il vomit quelque fois des matières bilieuses, quelque fois des vers.

Rarement les accès ou t lieu la nuit; outre les signes précur- ■seursdont nous avons parlé plus haut,ilssontprécédésdedeuxou trois jours d'avance, par une douleur sus-orbitaire, qui augmente à mesure que l'accès approche. Il y a inappétence, pesanteur à l'épigaslre quand l'accès est complètement terminé; le malade éprouve une cephalagie de si.v heures. Il mange ordinairement beaucoup après.

Outre cela, le malade a, depuis longtemps, la jambe et le bras gauches plus faibles que la jambe et le bras droits ; celte différence n'est pas sensible à la vue. Dans les changements de temps, il éprouve assez constamment une douleur à la cuisse gauche.

Nous ferons remarquer que le malade ne peut produire son hallucination volontaire que pendant une période très courte

■ HALLUCIKATtONfi VnLnXTAIRKS

de son acràs ; c'est seiilemcnl lorsqu'il a déjà une hiilluciiiulic spnnl;iriée. Ini'.sijii'il vnil sn rour ilentée.

Il vnil h t-e niiiiiii-ut lîi, ce qu'il veul. sans elforts et larsptâil avec liii]iicllc se présmile l'nbjel invoqué es! remarquable,

[ Observation VU. — (Personnelle). — M. Etienne esl un ml

I iade qui, au moment de son inteinenie-nt, élait atteint de déb

lité mentale, avec prédominance d'idées de persécution el ha

lucinations de l'ouïe.

Ces hallucinations qui tout d'abord eonsistaîeni eu de sitnpli

injures, ont pris, h la suite d'une hémorrliagie consécutive à un

tentative de suicide, un développement considérable, son délii

s'est aussi peu à peu transformé el aujourd'hui les idées de gw

! deur dominent la sctïne.

r II possède, dit-il, un pouvoir particulier, c'est ilc lout vo \ et de tout entendre; mais tout ce qu'il voit el ce qu'il entend L ji'est que sa propre pensée, car il est le Christ et sa pensée seul I "a une existence réelle. Il ajoute qu'il n'est encore que le Cfirh I partiellement autorisé, mais qu'il sera complètement autorisé. I II décrit du reste très bien ses hallucinations, qu'il divise ei r deux classes : celles de la période d'autorisation et celles qui produisent lorsqu'il n'est pas autorisé.

Dans la période d'autorisation, il y a des hallucinations de vue et de l'ouïe absolument involontaires; mais, il entend auss et il voit tout ce qu'il veut. Les voix ainsi produites sont un pei I plus sourdes que les voix réelles, cependant il en reconnaît biei I Je timbre; quant aux images, elles sont en tous points semfaU P.liles à la réalité.

m Ecoutez votre père, lui disonsnous un jour : Il relient sa res LVïration, prête l'oreille, tourne les yeux du même côté et ai Bbout d'un certain temps nous répond : Mon père, dil qu'i Irorisonnier.

W — Avez-vous reconnu sa voix ?

V — Oui, c'est bien sa voix, j'en suis sûr, i ^WJiparle, c'est ma pensée qui emprunte sa voix pour

n'est p^dfl iirmepli^^l

CHAPITRB VI

Alors, si c'est volie penséi^ qui parle, ce n'esl pas dans votre oreille que vous entendez, mais dans votre tète.

— Non, c'est bien dans mon oreille que j'entends ; c'est comme si vous parliez vous-mêmes, utais à voix basse.

En dehors de ses périodes d'autorisation, il a beaucoup moins d'hallucinations spontanées. Il lui est impossible d'entendre volontairement, cependant il voit encore tout ce qu'il vetil: ces images sont beaucoup moins nettes, beaucoup moins fixes que dans la période d'autorisation.

— Essayez de voir quelqu'un ?

Il fixe le regard sur le point te plus éloigné de lii chambre.

— Je vois Monsieur B...

— Le voyez-vous très distinctement ?

— Oui. je peu\ même reconnaître son costume; cepend.-iul je ne le confondrais pas avec une personne réelle.

En résumé, nous voyons un malade ayant à certaines périodes des hallucinations volontaires de la vue et de l'ouïe, et à d'au Ires, ce que l'on pourrait appeler, une simple exagération de la représentation mentale. Tout malade qu'il est, il ne confond pas ces deux phénomènes, cependant il ne rattache ni l'un ni l'autre h la représentation mentale, voyant dans les deux un don surnaturel.

Observation VIll. — (B. de Boismont. Hallucin). On lit dans l'ouvrage d'Abercombie, l'observation d'un homme qui a été toute sa vie assiégé par des hallucinations. Celte disposition est telle, que s'il rencontre un ami dans la rue, il ne sait d'abord s'il voit une personne véritable ou un fantiime. Avec beaucoup d'attention, il peut constater une différence entre eux ; les traits de la figure réelle sont plus arrêtés, plus finis que ceux du fantôme, mais, en général, il corrige les impressions visuelles en touchant, ou en écoutant le bruit des pas.

il a la faculté de rappeler à volonté les visions en fixant fortement sou attention sur la conception de son esprit. Celte hallucination peu! se composer d'une figure, d'une

HALLUCINATIONS VOLOKTAIRES f

scène qu'il a vue, d'une création de son i m ii pi nul ion : tin quoiqu'il ait la faculté de produire l'hallucination, il m peut jamais dire combien de Ifmps elle persistera

Cet homme est dans la force de l'â^e. sain d'esprit, d'une bonne sanlé et engagé dans les allaires. Une auti personne de la famille a eu la même affection, quoique un niaiadre degré.

Voilà encore, chez un homme ayant déjà des halluciuâ lions spontanées, le pouvoir de faire paraître mais non dis para f Ire.

ObSKiivATioN tX. — (Séf,'las. Ij-ç. sur ks mal. mail.). — Un malade de Séglas qui avait des hallucinations visuelles verba les, était arrivé à visualiser sa pensée, ce qu'il exprimai en disant qu'il était habitué h écrire par les yeux.

Il lançait les lettres dans l'espace et les assemblait pou

\ former des mots » ces letlres d'abord jaunfltres, blanchis

' «enl en s'éioignant, et à une certaine distance, il ne pou

vait plus les apercevoir. Il croyait, de cette façon, corrofl

pondre avec les habitants des régions lointaines, qui pou

valent lire les mots « ainsi écrits par ses yeux ». Ce ma

(-lade donnait lui-même à ses hallucinations visuelles verba

I les, le nom pittoresque de photographie de sa pensée.

l était d'ailleurs visuel à l'extrême, car il lui sufBsai Kïte regarder un objet et de fermer les yeux pour en avoi fiine représentation visuelle très vive et pouvoir ensuite l ■xi photographier dans l'espace. i>

Pour lui, ce pouvoir photographique était une faveur tout I spéciale excitant la jalousie de ses ennemis; il voulait mèm prendre un brevet d'écriture par les yeux.

Obmeuvatiiw X. — (Miclléa. DdUreiles semalions). — Nous avon pendant longtemps sous les yeux un monomaniaquo .tomme d'esprit ardent et cullivé. dont nous reparleroi [ plus tard, (^c mononianiaque traduisait instantanément I fausses peireplions visuelles, toutes les idées qui lui Isaient par la lêle. 11 n'avait qu'à se rappeler ou h c<

CHAJ-ITnE' VI

me chose on une personne, pour qii'anssitôt celtr ou cctle personne fui douée- pour lui, d'une apparence de réalité extérieure, l'n jour, nous le trouvâmes, avec le regard fixe, la bouche sourlaiiLe et frappant ses deux mains en signe d'applaudissement.

Il ne nous avait point entendu ouvrir la porte de sa cbambre. A notre question : Que signifie ce que vous faites-Ià ? — Je suis, nous répondit-il, comme le fou dont parle Horace, j'assiste à un spectacle imaginaire. Je m'ennuyais au coin du feu. J'aime beaucoup les merveilles de l'Opéra; je Die suis représenté à nioi-niêiue le ballet de la Sylphide et quand vous êtes venu me frapper sur l'épaule, j'applaudissaiii Taglioui, dont la danse souple et pleijie de nolilessc ae -m'avait jamais tant charmé.

Ce malade peut non seulement entendre ce qu'il veut et quand il veut, mais il compose de toutes pièces un spectacle, et cela sans efforts. Les images qui se présentent à lui sous forme de combinaison hathicinatoire, semblent être de tous poiuts égales à la réalité. Il extériorise immédiatement les produits de sa mémoire et de son imagination, avec plus de facilité el d'une façon plus complète qu'on ne saiirail le l'aire dans la représentation iiieiilale normale.

Voici des faits, faut-il chercher à nouveau à les interpréter? faul-il même leur donner un nom? je croîs qu'après ce que nous avons déjà dit, ce serait inutile. Du reste, les noms varient, les interprétations changent, les faits seuls demeurent el c'est un fait dont j'ai voulu établir l'existence, et rien de plus.

Quoiqu'on pense du mécanisme physiologique de l'hallucination, ou de celui de la représentation mentale, après avoir lu et observé des cas semblables à ceux-ci, l'on ne peut plus se refuser à croire que parfois l'image subjective apparaît avec la même netteté, la même précision, la même extériorité, que l'image subjective et cela sous l'inQuence d'un simple «ffort cérébral. Il sera aussi, le plus souvent, facile de cous-

HALLUCINATIONS VOLONTAIllES 127

tater que lorsque ces images acquièrent une telle perfection, elles ne le doivent qu'à un état pathologique particulier du sujet, Tétat hallucinatoire.

Enfin, si au lieu de s'adresser aux cas extrêmes, on interroge les cas moyens, on voit qu'il existe, au point de vue de la netteté, de la fixité, de l'extériorité de l'image, tous les degrés; que, dans la représentation mentale, ces divers degrés s'exagèrent à mesure que nous avançons sur le terrain pathologique; que, dans l'hallucination, ces diverses qualités s'atténuent à mesure que l'état hallucinatoire est moins développé. Les frontières de l'une et de l'autre deviennent bientôt aussi difficiles à déterminer que celles qui séparent l'état de santé de l'état de maladie, que celles qui séparent la raison de la folie.

CONCLUSIONS

Nous nous sommes surtout attachés à démontrer que certaines propositions, qui semblent avoir été admises, à priori, comme vraies, dans la célèbre discussion de la Société Médicopsychologique, sur la nature des hallucinations, sont tout au moins discutables.

La représentation mentale, a-t-on affirmé est, volontaire, confuse, intérieure, obscure, normale. L'hallucination est involontaire, claire, précise, extérieure, parfaite et entraîne Terreur ; plusieurs conditions sont indispensables pour sa production, entre autres, l'exercice involontaire de la mémoire et de l'imagination, et la suspension des sensations externes.

Or, dans le courant de cette étude, il nous a été facile de démontrer ce qui suit :

1*> La représentation mentale ne saurait être dite volontaire, au sens rigoureux du mot, la volonté n'ayant aucune influence immédiate sur la mémoire et sur l'imagination. Nous sommes, non seulement incapables par un simple effort de notre volonté, d'évoquer des images, mais même dans certaines circonstances, alors qu'elles se présentent à nous spontanément, nous sommes impuissants à les faire disparaître ;

2° Les images fournies par la représentation mentale ]

CONCLUSIONS

S certains cas, être beaucoup plus claires, Leau-

plus précises, beaucoup plus stables, beaucoup plus

Heures, qu'on ne serait porté à le croire tout d'abord,

■ «ous l'inOueuce d'un élat pathologique, ces caractères "peuvent encore s'exagérer au point que l'image égale en netteté les images fournies par l'hallucination vraie :

3° L'hallucination ellB-même n'est pas toujours aussi claire, aussi parfaite, aussi précise que l'on a bien voulu le dire, et nous présente, sous ce rapport, une infinité de degrés. Elle n'entraîne pa.s toujours l'erreur, inéme lorsqu'elle apparaît dans le cours d'une maladie mentale;

4" La suspension momentanée des sensations externes n'est pas une condition nécessaire à la production des hallucinations; ce n'est parfois qu'une condition favorable. L'attention elle-même joue souvent, vis-à-vis l'hallucination, le même rôle envers la représentation mentale;

.'i" Le cause première, la condition indispensable à la forniation de l'hallucination, est la modification pathologique des organes sensitifs internes, mais dans certains cas, les organes sensitifs externes semblent ne pas rester indifférents pendant la production du phénomène, et peuvent même devenir la cause indirecte de sa production ;

G" Dans plusieurs cas aussi, la forme même de l'hallucisation nous oblige à reconnaître un rôle très important h l'élément intellectuel dans la production de ce phénomène ; les hallucinations volontaires ne laissent aucun doute à ce , sujet.

La théorie corticale peut très bien être interprétée en faisant intervenir l'élément intellectuel.

7" L'hallucination n'est qu'une des manifestations de l'étal hallucinatoire, qui, lui, s'étend bien au-delà des bornes restreintes, dans lesquelles on a confiné l'hallucination.

Il se manifeste, suivant ces divers degrés de développement, sous forme de rêve pathologiquement développé, d'hallucinations hypnagogiques, d'hallucinations psychiques, sous des formes particulières d'illusion, enfin sous forme d'hallucination. Chacun de ces phénomènes à leur tour, nous présentent une

OT\CLIîSION,« 13;

série de iiioililicalioiis, daus leur iiuliire el dans kur forme, lei faisant se rapprocher plus ou moins des phénomènes voisina el nous indiquant une diminution ou une aggravation de l'ét) hallucinuloire.

8" Ce qu'on a désigné, sous le nom de volonté, c'est ce poi voir que nous avons le plus souvent, de faire surgir une image, en fixant notre atlenlion sur une autre image uctuelleraent pré sente à noire esprit ; ou encore, le simple pouvoir d'arrêter 81 passage une des mille idées qui sillonnent le champ de noln conscience.

Or, en ce sens-ci, certaines hallucinations volontaires et iaconsciButes, sont aussi volontaires que la représentation inen taie elle-même.

lï" Sous l'influence de l'étal hallucinaloire la représentation mentale se développe le plus souvent,

iO° Il est enfin, chez certains malades, de-s images qui sppa [raissent avec loule la netteté et l'extériorilé des hallucination! vraies, qui entraînent l'erreur comme l'hallucinalion la pliif parfaite el qui surgissent exaclenient d'après les mêmes lois, et daus les mêmes conditions que les images fournies par la présentation mentale.

Voici ce qu'il nous a été permis de ronslaler. (Jue fautit eu f conclure ?

1" Que nous trouvons enlre In représentation mentale nop 1 înale et l'hallucination, sont l'intervalle qui sépare un phéno- I mène physiologique d'uu phénomène pathologique. Dans ui leaB nous avons une image faible, dans l'autre une îmagi piorte,

2" Que si, au lieu d'étudier ces deux phénomènes, daus lo

s extrêmes, c'est-à-dire d'une part, la représentation mentait

Normale, et d'autre part, l'hallucination sous sa forme la plus

Mrfaîte, nous les étudions dans les cas moyens, nous voyons qu(

pBfr limites qui séparent le phénomène physiologique du phéno

Ebène pathologique, sout purement conventionnelles.

3" Que, chez certains malades, la représenlalion mentale

Btbologiqueraeut développée revêt tous les caractères de l'I

C;^aation, et que chez plusieurs les deux se confondent.

CONCLUSIONS

mémoire et riiiiaginalioii lestenl parfois dans l'élal de ce qu'elles étaient dans l'étal de santé, l'étal halliicînaveoanl pas modifier d'une façon sensible leur mode de itionnement.

En un mot. certains malades ont des hallucinations (les organes sensitifs internes étant modifiés) e.xactemeut de la même façon que nous avons normalement des représentations purement subjectives.

Si tes hallucinations sont plus souvent des images spontanées, ou paraissant telles, c'est que les images spontanées, sont non seulement normalement les plus fréquentes, mais c'est qu'encore les hallucinés, sont moins que tout autres portés à évoquer des images, et peut être aussi, rendent moins bien compte de ce qui se passe chez eux. C'est encore parce que les images spontanées, plus vives, plus nettes, moins fugitives, sont plus aptes que toutes autres à se transformer en hallucination.

C'est enfin parce que, ainsi que je l'ai déjà dit, les hallucinations peuvent se produire par un autre mécanisme que celui que j'indique, que je crois exister, mais qui n'est probablement pas le seul.

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