V CHAPITRE U
^HCoQime le fait remarquer M, Peisse ('), l'objet imaginé est ^^Bjours, comme l'objet perçu sensoriellement. placé quelque ^^Kt, hors de moi el k distance de moi.
^H^'objet n'est pas dans moi, il est devant moi ; il a toujours ^^Rl situation idéale dans l'espace. Les sons qu'on se fait euteu- ^H|en répétant mentalement un chant, paraissent aussi venir ^B^dehors et de plus ou moins loin, suivant leur degré de ^^Bce. Ainsi, la représentation mentale des idées sensibles ^^neloppe toujours une notion d'extériorité, de distance, et ^^Boie de situation locale par rapport au sujet. ^^Kinsi que le fait remarquer le même auteur, il se produit, ^^ndant la représentation mentale, une modification très appré- ^^nle au niveau des organes des sens.
^^B' Dans l'effort que nous faisons instinctivement pour nous ^Hppeler des images ou des sons, nous sentons l'inQux de la "Volonté agir localement dans les régions de l'encéphale correspondant aux organes sensoriels... quiconque voudra se rendre attentif à ce qu'il faitet éprouve, dans un effort de réminiscence, sentira distinctement ce travail local. »
Maintenant, pourquoi la vivacité des images représentées reste-telle si au-dessous de l'hallucination ?
Nous verrons plus tard ces caractères de précision, de vivacité, d'extériorité se développer. Pour le moment, nous n'avous en vue que la représentation mentale normale et physiologique, et ce serait une lourde faute de notre part, de chercher à l'assimiler de suite à un phénomène pathologique : l'halucination.
Nous avons simplement tenu à voir la représentation mentale sous son élat normal, pour pouvoir suivre ensuite progrès sivement les modifications que vont lui faire subir l'état pathologique, et pour voir si, oui ou non, cet élat peut nous conduire sans k coups jusqu'à l'hallucination, ou si nous devons au contraire, nous arrêter devant un obstacle insurmontable. Mais avant, nous croyons indispensable de dire quelques mots sur les hallucinations. Nous les décrirons d'abord dans
(1) M. Peisie. Anti.MëU. peych., ltU7.
REPRÉSENTATION MENTALE 37
leur forme classique, c'est-à-dire avec les caractères si nets et si arrêtés des manuels qui montrent plus de soucis de se faire comprendre et retenir par la fermeté de leur affirmation, que de donner un rapport exact de la vérité ; quitte ensuite à être plus précis dans Tétude de l'état hallucinatoire.