LKS HARMONIES DU SON
La guitare n'est vraiment agréable que lorsqu'elle sert à accompagner la voix ; les sons , en général , en sont pauvres et secs; ce n'est que dans le silence absolu qu'ils peuvent être appréciés; cependant, d'habiles musiciens réussissent à leur donner tous les degrés de force , depuis le
Fig. 122. — Sitar à sept cordes, de Bénarcs, \u de face et de profil.
doux harmoniquejusqu'au simulacre d'un orchestre entier. Un instrument quia une grande analogie avec la guitare, c'est le sitar possédant six ou sept cordes pincées; il a été inventé, suivant Villars, qui a recueilli se& renseignements chez les musiciens indiens, par un Mongol de
Dehii nommé Oamir Khosro; il n'indique pas l'époque de l'inventiojfi, mais, suivant Fétis, elle ne peut être antérieure au quinzième siècle de Père chrétienne^ et parait avoir plus d'un auteur, car le nom de sitar est donné dans rinde à des instruments de formes très-différentes, quoique leur système tonal et la manière d'en jouer soient identiques. On peut en juger par les modèles représentés dans les figures 121 et 122, tous deux vus de profil et de face et dessinés à l'exposition universelle de Paris, en 1855. L'un est le silar de Bénarès où se trouvent en général les meilleurs instruments à archet et à cordes pincées; l'autre est celui du Dekan-Dedjapour (district du Bengale), dont la forme rappelle exactement celle de la guitare d'Europe, sauf la largeur du manche plus considérable et s'élargissant vers le corps de l'instrument; ce manche est plus court que celui du sitar de Bénarès et n'a que treize touches ou cases, au lieu de dix-sept ; les chevilles sont au nombre de six pour sept cordes, comme à l'autre sitar.