LES HARMONIES DL SON
l'est celui de la guitare, dont le luth difTère en ce que sa caisse est arrondie en forme de côtes de melon, dites éclisses par les luthiers. On prend cet instrument de la main droite, tandis que de la gauche on appuie sur les touches qui sont le plus souvent au nombre de neuf. 11 est fort difficile à accorder; avant le clavecin il servait à Taccompagnement des basses continues.
Cet instrument est d'une harmonie étendue et gracieuse, mais la difficulté d'en bien jouer et son peu d'usage
Fig. 123. — I-uth à quntn^ cordes doubles. Fij. 12S. — LulU à quatre cordes simples. XV* SU" 1p. XV* siècle.
dans les concerts Font fait abandonner; il fut complètement détrôné, vers le milieu du siècle dernier, par le violon, plus facile à manier et qui produit des sons plus agréables.
Le lulh fut très en vogue chez les anciens et remonte à des temps très-reculés, puisque la fable le donne pour un des attributs d'Apollon, d'Amphion, d'Euterpe, etc. Le plus fameux joueur de luth des temps historiques est Anaxenor, qui reçut des habitants de Tiane des honneurs extraordinaires, et à qui Marc-Antoine donna des grades
INSTRUMENTS A CORDES. 40i
et offrit, selon Strabon, le revenu de quatre villes.
Le président de Brosses fait remarquer que les Arabes ont porté en Espagne un instrument à cordes pincées dont ils se servaient habituellement pour accompagner leurs voixy et qu'ils appelaient al-laud; nous le tenons des Espagnols qui rappellent laud, çt nous le nommons luth.
L'instrument indiqué par de Brosses est sans doute Vé^oude^ le plus estimé des instruments à cordes pincées et à manche chez les Arabes , au temps des califes abbassides; transporté en Europe, à Fépoque de la domination des Arabes en Espagne, il est devenu plus tard le lulh de la musique européenne. Les anciens théoriciens de la musique arabe attribuent l'invention de cet instrument à Pythagore, mais leur erreur est manifeste, dit Fétis, caries Grecs n'ont jamais fait usage d'instruments à manche sur lesquels les intonations se forment par la pression des doigts sur les cordes. Ils ne les ont pas connus avant les conquêtes d'Alexandre en Orient; enfin, leurs écrivains de temps postérieurs n'en parlent pas : Athénée lui-même, qui a fourni tant de renseignements sur les instruments connus de son temps (190-228 de J.-C), n'en mentionne aucun de cette espèce. Les e'oudej les plus anciens, n'étaient montés que de quatre cordes , on en a ensuite augmenté le nombre jusqu'à quatorze. La manière de tenir Ve'oude en le jouant se voit dans la figure 125.
Jacob, connu sous le nom du Polonais, a été regardé comme le premier joueur de luth du dix-huitième siècle ; les Gantiers marchèrent sur ses traces et ont été les derniers joueurs de luth de réputation.
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Le nom de lulh est encore employé par les poètes, comme celui de lyre, pour désigner un instrument quelconque qui accompagne le chant. Les musiciens qui touchaient de cet instrument portaient le nom de luthériens; et celui de luthier que l'on donnait au facteur est resté pour désigner le fabricant de certains instruments de musique tels que violons, violoncelles, guitares, etc.
Fig. 125. — Joueur û'e'oiuif,
Varchi'luih, dit aussi ihéorhe, différait du luth en ce qu'il avait un double manche, il n'était monté que de cordes simples; la mandore était un diminutif du luth, et la mandoline encore usitée en Espagne n'est qu'une petite mandore.
La pandore est aussi un ancien instrument assez semblable au luth, et qui fut, dit-on , de l'invention de Pan. D'autres en font honneur à la femme formée par Vulcain,
pour servir le ressentiment de Jupiter irrité contre Prométhée. Tous ces instruments ont une grande ressemblance avec la guitare.