‹ Les harmonies du son et l'histoire des instruments de musiqueChapitre 51 sur 82 · Sifflet · texte numérisé non relu

Sifflet

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destiné à offrir des ressources variées à Texécutant, est composé de quatre, cinq ou six jeux complets, représentés par huit, dix ou douze registres. On assimile les noms de ces jeux à ceux de l'orgue à tuyaux ; ainsi, on a le bourdon et la clarinette j le basson et le hautbois, le cor anglais et la flûlCj le clairon et le fifre, qui forment quatre jeux suivis. Il y a aussi des demi-jeux de solo, tels que la musette^ les voix célestes et le baryton.

La France a apporté plusieurs modifications ingénieuses, plusieurs perfectionnements à T harmonium, qui ont été constatés à TExposition de 1855. Ils sont dus principalement à M. Debain et à MM. Alexandre père et fils. Les Ëtats-Unisd^Amériquesontégalemententrésen lutte avec la France, l'Angleterre et l'Allemagne à l'Exposition de 1867, pour ces instruments, auxquels ils ont imprimé le cachet de leur originalité. Les harmoniums qu'ils ont exposés sont remarquables par leur belle sonorité , où la sécheresse des lames vibrantes disparaît en partie, ainsi que par un nouveau mécanisme d'expression qu'ils nomment crescendo-automate. Ce système nouveau a pour objet de rendre l'exécution plus facile , et les nuances d'accroissement et de diminution de l'intensité plus progressives. Les facteurs européens obtiennent les avantages de ce crescendo-automate, par le mécanisme de la double expression, inventé parM.Mustel, Tun des plus habiles et des plus ingénieux artistes de la facture des harmoniums; ce perfectionnement fait disparaître les secousses du crescendo, en isolant la partie chantante de la main droite de l'harmonie de la main gauche , dans l'augmentation et dans la diminution d'intensité ; mais T usage de

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la double expression exige plus d'habileté de la part de l'exécutant.

V harmonium proprement dit n'est guère connu que depuis 1840; cependant, fait remarquer Fétis, sa popularité est devenue universelle^ et de grands établissements spécialement destinés à sa production en ont inondé le monde musical. Le défaut inévitable de cet instrument est la monotonie du caractère de sa sonorité ; il est surtout choquant dans les sons graves : le frôlement de l'anche est de plus en plus sensible dans les notes les plus basses de l'échelle. En dépit de ses défauts, cet instrument ne jouit pas moins d'une vogue immense ; il trouve son emploi dans de petits orchestres, il remplace les instruments à vent dans les églises des petites communes ; dans les sociétés chorales, il maintient Taccord des voix; etc.

Ajoutons que tous les jours on perfectionne cet instrument. M. Guéroulta adressée l'Académie des sciences une note au sujet d'un harmonium à double clavier construit sur ses indications : a Au point de vue musical, ditil, soit pour l'éducation de Toreille ou de la voix, aujourd'hui dépravées comme à plaisir par l'emploi du iempérament égal, soit pour les effets de contraste entre les consonnances et les dissonnances , pour la gradation des nuances harmoniques, l'harmonium à double clavier permet de réaliser tous les avantages de la gamme naturelle, énumérés par Helmholtz, dans sa Théorie physiologique de la musique *. d

* Comptes rendus de V Académie des sciences, 1872.

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