L'ACCORDÉON
Accordéon yieutiT accord, harmonie. C'est un instrument de musique ayant la forme d'un livre. Il a été récemment inventé^ quoique reposant sur le principe de V anche libre^ connu et mis en pratique en Chine depuis plus de deux mille ans. La première application de ce principe en Europe, ditFétis, date de 1810; elle fut renouvelée en plusieurs pays sous différents noms.
L'accordéon pritnaissance en Allemagne, vers 1830, où il eut pendant une quinzaine d'années la plus grande vogue ; il se compose de petits soufflets d'orgue superposés ; en les tirant ou en les poussant alternativement on produit les diverses notes. Dans cet instrument, les sons résultent des vibrations de petites lames métalliques fixées par une de leurs extrémités, devant des ouvertures qu'elles recouvrent intérieurement. Ces vibrations sont produites par le passage de l'air à travers ces ouvertures lorsqu'on les découvre au moyen de touches, et que l'on tire ou que l'on pousse le soufflet de façon que Tair entre ou sorte en agitant les lames. En tirant et retirant le soufflet on entend deux sons bien distincts, et en ouvrant deux clefs placées sur le devant, on entend deux accords qui peuvent servir à s'accompagner.
Pour jouer de l'accordéon on le tient du côté du soufflet de la main gauche, tandis que la droite agit sur les touches. On peut tirer de ce petit instrument des sons les plus doux et les plus mélodieux; la facilité avec laquelle
on peut s'y exercer le rend précieux aux débutants et aux personnes qui aiment un instrument de musique aisé à manier.
L'accordéon, fait remarquer Fétis, première application de l'anche libre vibrant sous l'action d'un soufflet, se fabrique encore, mais il n'a pas progressé depuis vingt ans environ, par la raison qu'il est parvenu aux limites de son développement possible. L'anche libre a reçu d'autres applications de fantaisie : l"" dans le mélophone, qui fit une assez grande sensation à l'Exposition de 1834, à cause du talent de l'artiste qui en jouait, mais qui, depuis lors, a été abandonné, parce qu'on n'a pu corriger ses nombreuses imperfections; 2"" dans le concertina ; S*' dans Vharmoni' flûte. Le concertina, préférable à l'accordéon pour le caractère de la sonorité, ainsi que pour la rapidité de l'articulation, est très-populaire en Angleterre.
L'OKGUE DE BARBARIE.
On appelle orgue de Barbarie* un orgue réduit à des proportions portatives , et qui va par le moyen d'un cylindre sur lequel on a noté un certain nombre de morceaux de musique avec des pointes. Ce cylindre tourne au moyen d'une manivelle; pendant sa rotation, ces pointes font
* L'orgue de Barbarie ou de Barbiéri, qni en sérail l'inrenteur, a été considérablement amélioré dans ces derniers temps par M. Gaviol, de Modène, facteur distingué, établi à Paris depu's Tannée 18à2.
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mouvoir les touches d'un clavier qui leur est approprié et qui répondent aux tuyaux. Ces instruments contiennent quatre ou cinq registres ou jeux;'on est libre de les faire parler à la fois ou séparément. Ils peuvent sortir fort justes des mains d*un habile facteur^ mais ils sont bientôt dérangés par mille causes, surtout par les varia-
Fig. IGG. — L'orgue de Barbarie, par Bouchardon (1737-1742}.
lions de température auxquelles ils sont sans cesse exposés sur le dos des musiciens ambulants ; ils deviennent promptement très-faux, et il est probable que c'est pour cela qu'on leur a donné le nom d'orgues de Barbarie. C'est cependant par leur secours que le peuple apprend les airs des chansons que l'on compose pour son usage,
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que les motifs favoris de nos opéras et de nos romances deviennent populaires et reçoivent souvent un brevet de célébrité.
Bien que Ton ne connaisse pas l'origine de cet instrumenty il parait être très-ancien.